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 i wanna stay home w/ andrestaaan

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MessageSujet: i wanna stay home w/ andrestaaan   Mer 31 Oct - 14:39

Je claque la porte de la maison et abandonne les clés sur le meuble de l’entrée. Grace est à l’école et j’ai quelques heures devant moi avant de devoir aller la récupérer. Quelques heures, je crois que c’est ce dont, précisément, j’ai besoin pour m’en remettre. Les mots du psychiatre me reviennent à l’esprit et je m’avance vers le canapé pour m’asseoir, tremblant de tout mon chef. Je ne peux pas revivre ce cauchemar, pas comme ça. Comment je vais faire ? Les sentiments qui s’affrontent sont terribles, et imprévisibles. D’un côté, cette folle envie de sortir la tête de l’eau pour retrouver une stabilité émotionnelle et relationnelle égarée de puis longtemps, de l’autre, la frayeur qui me bouffe les entrailles et m’empêche de penser. Je ne sais pas comment faire pour oublier la dernière et retourner dans ce qui était nos beaux jours. Grace s’inquiète, je le vois à la façon qu’elle a de regarder son père. Tristan, n’en parlons pas, mes crises d’angoisse et de psychose le mettent dans tous ses états. Le doute que je lui inflige et que je subis à son égard augmente considérablement la douleur qui martèle mon cœur. Je déteste l’idée même de penser qu’il pourrait avoir fait quoi que ce soit pour nuire à notre relation, pour nous foutre en l’air. Je l’aime tellement que ça me dévore, mais je sais aussi de manière rationnelle qu’il éprouve les mêmes choses, alors pourquoi est-ce que je me permets de douter quand je sais moi-même que mon amour ne souffrira d’ébranlement ? Je secoue la tête, regarde les quelques photos qui ornent un salon encore bien impersonnel. Le piano dort, comme la maison. Je me sens étranger à cette vie là, étranger à la vie depuis que j’ai avalé ces pilules qui auraient du m’apporter l’apaisement.

Le cabinet du psychiatre est comme tous les autres cabinets que j’ai fréquentés avant. Blanc, immaculé, comme porteur de pureté. Si seulement j’avais pu ressortir aussi blanc de tous les cabinets similaires que j’ai déjà vu, le problème alors serait réglé depuis longtemps. Mais la réalité est toute autre. Les solutions prétendument offertes ont fini par me conduire à espérer en mourir. Mourir de pilules censées me guérir, l’ironie est forte. J’essaye de supprimer la pensée insistante dans mon cerveau qui me souffle que mourir est peut être effectivement la seule façon de guérir pour retrouver des pensées moins sordides. Mais je manque d’inspiration, et m’accroche donc de nouveau à la promesse faite à Tristan à plusieurs reprises de ne pas recommencer. Elle me maintiendra en vie, à défaut d’une volonté qui m’a récemment clairement manqué. Un médecin sort d’une petite pièce et m’invite à le suivre. Son sourire est jovial, accueillant, comme tous les autres. Je m’installe sur une chaise et lui tend mon dossier, qui à priori m’évitera de devoir lui expliquer tout ce qu’il doit savoir. Bipolarité, mariage gay, parents stricts, pilules magiques, fille adoptée et tentative de suicide, tout y est, précieusement répertorié juste pour zapper la pénible phase de confidences et d’explications. Il y a tellement de raisons à ma venue ici que je pourrais consulter un médecin différent pour chacune des parties de ma personnalité qui dérive. Il lit, attentivement, relève les yeux, déglutis, prend sur lui. « Depuis combien de temps n’avez-vous plus pris votre traitement ? » J’inspire et lève les yeux au ciel. « Depuis que je suis sorti de l’hôpital ». Il hoche la tête et fronce le nez. Evidemment, quelle est la solution, maintenant ? Je ne peux pas prendre le traitement, ils ont trop peur que je recommence ; mais en même temps sans ça, je ne pourrais jamais guérir. J’ai fichu en l’air le système et maintenant… Il me pose quelques questions, m’interroge, accueille mes silences avec sérénité puis écarte le dossier, ouvrant un tiroir d’où il sort une brochure. Je cligne des yeux et regarde ce qu’il me tend. Je suis parcouru d’un horrible frisson qui me pousse à me lever d’un coup sec. « Non ». Je secoue la tête et recule jusqu’à la porte, lui me fixe comme si j’étais devenu un monstre et se lève pour essayer de me retenir en adoptant une voix plus calme. Mais je fais volte face et quitte la pièce, abandonnant médecin et dossier derrière moi. Il a gardé les informations, le numéro de Tristan qui est à contacter en cas d’urgence, il va le faire, lui conseiller, et moi je vais…

M’enfermer. Ils veulent m’enfermer, encore. Comme mon père à l’époque à la différence près qu’il faudrait, en plus, que j’y consentisse avant. Ce qui n’est évidemment pas possible, je ne peux pas les laisser m’enfermer. Tristan, Tristan ne me fera jamais ça. Je m’enfonce dans le canapé et secoue la tête, non, il ne me fera jamais ça. Je préfère encore qu’on me prescrive les pilules de nouveau, je ferai attention, mais non, on ne peut pas m’enfermer. Je suis déprimé, pas fou, ils ne peuvent pas me faire ça, pas encore, pas ici. Je me balance, installer dans le canapé, fixant la table basse et sentant mon cœur battre à une vitesse folle. Il faut que j’aille bien sinon, j’y aurais droit.

Je sursaute tout à coup en entendant la porte claquer. Il est trop tôt, je n’attends personne, est-ce ? Je me mets à trembler et me lève, reculant contre le mur du salon pour prévenir toute tentative de m’emmener, déjà. Je secoue la tête, guettant la personne que je vais voir entrer.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Jeu 1 Nov - 1:26

Nous avons parlé. Et comme à chaque fois qu’on parle, ça ne change pas grand chose, mais j’ai au moins la sensation d’avoir pu me rapprocher un tant soi peu de l’homme que j’aime. Nous avons fait l’amour, tout en tendresse, rien de follement sauvage, mais quelque chose de doux et nécessaire qui voudrait me donner foi en l’avenir. Même si je devrai garder la tête froide, l’espoir revient souvent comme une mauvaise habitude. Je veux y croire, peut être parce que tout dépend de son unique guérison. Je ne tiendrais pas longtemps comme ça, malgré tout l’amour que je lui porte et Grace non plus sans aucun doute. Mais l’initiative est là, il va consulter, mettre en œuvre tous les moyens humainement imaginables pour s’en sortir et c’est à cette décision que je me raccroche, entamant ma journée de boulot avec moins d’inquiétude que la veille. C’était malheureusement sans compter sur l’appel du psychiatre qui déblatère déjà à propos de l’état d’Andrea qui aurait fui le cabinet dans l’après midi sans demander son reste à l’évocation d’une possible convalescence qui a des airs d’internement. « Son père, l’a fait hospitaliser contre son gré dans sa jeunesse, il en est ressorti particulièrement traumatisé, il ne faut pas vous en formaliser, il est sans doute rentré à la maison. » Le psy tient cependant à insister sur son état de santé misérable, ce qui a le don de me foutre le bourdon de manière assez rapide. « Votre compagnon a de gros soucis psychologiques, je pense qu’un séjour dans notre hôpital, lui ferait le plus grand bien, qu’il se repose...pensez y. » Je hoche la tête, vois assez bien ou il veut en venir, mais préfère régler nos affaires sans l’aide d’aucun médecin. Aucun d’eux n’a réussi à le soigner de toute évidence. « Sa famille a besoin de lui, et il a besoin de famille, je prends soin de lui c’est mon rôle. » Je tranche finalement pour ensuite raccrocher après un vague échange de politesses. Je soupire et reste quelques minutes face à mon bureau avant de cogner le verre de mon poing.

Je reprends tant bien que mal mes esprits et me lève, après avoir donné quelques indications à ma collaboratrice. Elle terminera la journée sans moi, affaire familiale. Motif sans cesse répété qui pourrait bien me faire perdre mon job si je n’étais pas mon propre patron. L’addition n’en reste pas moins salée, je perds des jours et des jours de tournage et nous ne finirons jamais pour la date prévue. Mais je dois honorer ma promesse, même si les siennes ne valent plus rien. Je prends la voiture et rentre donc, non sans stress. Je constate assez vite en arrivant, que sa berline est bien dans l’allée, et soupire de soulagement, ayant clairement envisagé le pire sur le chemin. Je passe la porte et le trouve alors dans le salon comme s’il attendait quelqu’un. « C’est moi. » Je lance pas vraiment enthousiaste, la discussion qui va suivre n’a rien d’agréable de toute façon autant donner le ton. « Faut vraiment que t’arrêtes de faire ça. » Je commence en envoyant valser ma veste sur le canapé. Je m’approche et pose mes mains sur ses épaules pour le secouer comme un prunier. « Je ne suis pas superman, je peux pas quitter mon boulot toutes les deux minutes parce que tu réponds pas au téléphone et parce que tu plantes ton psy en pleine consult. Ce genre de comportement n’est pas normal Andrea, t’étonnes pas qu’ils veuillent t’enfermer après ça. » Mes mots sont durs, comme à chaque fois que je suis excédé. Je voudrais me calmer, mais n’y parviens pas. Si Andrea a des idées noires, je commence à m’interroger sur le sens de ma vie merdique moi aussi. En fin de compte qu’est-ce qu’on a vraiment tous les deux ? Je relève les yeux vers lui, et le lâche, comme pour laisser tomber l’idée de lui faire comprendre quoi que ce soit. « Je suis désolé. » désolé, d’un tas de trucs d’ailleurs. Je me retourne vivement pour lui faire face de nouveau peu enclin à avaler la pilule et à la fois coupable pour les mots que j’emploie. « J’aurais pas du dire ça mais, Andrea ça me met dans tous mes états, j’commence à me dire que je reste avec toi juste pour pas que tu te foutes en l’air, qu’en réalité on a pas d’avenir ensemble. » Les larmes me montent mais je les réprime d’un revers de manche, fuyant son regard pour ne pas afficher ma faiblesse. « Et pourtant dieu sait que je t’aime tellement, mais...j’suis malheureux avec toi , t’es malheureux avec moi, qu’est ce qu’on doit faire ? » Je m’arrête avale ma salive et prends une inspiration plus que délicate. « Oublie tout ce que j’ai dis, je vais nous faire un café. » Je fuis dans la cuisine pour m’appuyer contre le mur. Je me mords la lèvre inférieure et craque dans le silence le plus total. Mon cœur se déchire et l’air vient à me manquer. Pourquoi ? Pourquoi je n’ai pas la force de rester digne et de l’aider ? J’appuie sur le bouton de la cafetière et tente de calmer ma respiration.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Jeu 1 Nov - 15:14

Mais c’est Tristan qui pénètre le salon avec sa tête évidente des mauvais jours. Je connais la teneur de la conversation qui va suivre et ne suis pas sûr de pouvoir la supporter en toute franchise. Je le fixe tandis que lui s’avance, les réprimandes commencent et je sens mon cœur se déchirer un peu plus quand il s’approche pour me secouer, dans l’espoir sans doute de me réveiller ou de me sortir de ma torpeur. Je me braque presque instantanément en entendant ses mots, incapable de réagir ou de répondre quoi que ce soit, obsédé par l’envie de savoir s’il pense ce qu’il dit ou pas. Est-il persuadé que je dois aller me laisser enfermer dans ce centre pour guérir ? Le même centre que celui qui à l’époque voulait me guérir de lui ? Mon visage se décompose et je déglutis, incapable de protester contre la douleur qui s’insuffle de nouveau. J’ai peur, mal, je suis fatiguée de lui infliger le désespoir qui lui fait courber le dos mais ne voit tout bonnement pas comment le soulager, à part en me foutant en l’air ce qui est apparemment devenu clairement exclu. J’erre sans force dans une vie que je ne comprends plus, et je n’ai même pas suffisamment de mots dans mon vocabulaire pour exprimer tout ce que je ressens, tout ce qui me traverse l’esprit. Je voudrais pouvoir le projeter, le mettre à ma place pour qu’il sache, qu’il sache que je lutte et que je ne reste pas statique dans un état proche du mutisme. Mais je ne peux pas faire ça, et je ne peux pas lui faire comprendre, alors je dois me contenter d’attendre en espérant égoïstement qu’il ne finisse pas par partir avec ses affaires et notre fille pour laquelle j’ai, depuis longtemps déjà, cessé d’être un bon père.

Il s’excuse, je secoue la tête. Je ne mérite plus d’excuses, pourtant dieu sait que les mots qui viennent de sortir de sa bouche me font mal. Ils accentuent vicieusement la peur panique qui m’habite presque constamment et qui me pousse à penser qu’un jour je serai devenu trop insupportable pour lui. Il est à bout, je le vois, le sens, et je tremble un peu, qu’est-ce que je dois faire ? J’esquisse un geste mais me ravise quand il détourne les yeux pour fuir mon regard. Je me renferme, regarde mes pieds avec une attention délibérée et inspire. Mais le poison continue, se déverse en même temps que sa détresse qu’il est impossible d’ignorer à défaut de mauvaise foi. Je plaque ma main contre ma bouche et secoue la tête, je suis heureux avec lui, ce n’est pas lui le problème, c’est moi seul sans doute. Il me somme d’oublier ce qu’il vient de dire et disparaît de ma vue pour aller faire du café dans la cuisine. Je reste un moment contre le mur comme un enfant qu’on puni, ne sachant pas même si je mérite toujours son amour. Je suis évidemment fautif mais comment réparer l’erreur quand je n’arrive même pas à arrêter de la commettre ? L’entreprise semble à priori impossible et je commence à me dire que mon mariage ne survivra effectivement pas à cette période que je traverse. Et alors quoi ? Que me restera-t-il au juste quand Tristan sera parti de la maison avec Grace ? Moi tout seul, parano confirmée, que me restera-t-il qu’une promesse faite ne me permettant pas de me libérer d’une existence odieuse ?

Prétendre m’a semblé être une solution enviable. M’armer de courage et faire comme si ça allait mieux quand il est à la maison, craquer discrètement, et peut être que là est la cure d’ailleurs. A force de prétendre, peut être que j’irai mieux. Mais le courage nécessaire me donne envie de vomir, j’ai l’impression d’avoir devant moi une montagne à escalader sans flancher. Je me détache du mur et avance vers la cuisine, je ne peux de toute évidence pas clore là la conversation. J’entre et le trouve face à la cafetière, la pièce est emplie de tristesse, je le sens et le devine comme si c’était la mienne. Est-ce qu’il pleure, est-ce qu’il me déteste ou me déplore simplement ? Je pose mes mains sur ses épaules sans le forcer à me faire face et tente de stabiliser l’émotion dans ma voix avant de parler. « Dis moi ce que tu veux que je fasse, et je le ferai ». Je soupire un peu, puis inspire un grand coup. « Je veux aller mieux, je veux vraiment aller mieux ». Mes yeux se gorgent de larmes mais je secoue la tête, ça n’est pas le moment, s’il te plait. « Si tu crois que cet hôpital est une solution, j’irai même ». Je frissonne, la peur se fraye un chemin de choix jusqu’à mes entrailles. « Je ne suis pas malheureux avec toi, je t’en prie, ne le pense pas ». Cette fois une larme m’échappe, et j’embrasse la base de sa nuque doucement. « Je suis désolé que tu le sois, mais dis moi ce que tu veux que je fasse, je veux arranger ça, je t’aime tellement… » Je me perds dans mes requêtes et ferme les yeux pour retrouver mes esprits.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Jeu 1 Nov - 18:19

Je reste un moment calme, le dos contre le mur et les idées se bousculent dans ma tête. De solutions, il n’ y en a pas vraiment, mais il faut que je tienne, pour Grace avant tout mais aussi pour moi. Mon cœur saigne, mais résiste avec une volonté de fer. Je prends une inspiration, puis une autre, serre le poing. J’en suis capable, comme il est capable de s’en sortir. Si je dois devenir fou, peut être que je saurais finalement trouver une raison à tout ça, l’amour peut être il n’y a que cela pour expliquer mon comportement dépendant et stupide. J’aime Andrea depuis tellement longtemps que je ne saurais pas même donner une date à tout ça, mais notre vie ressemble à un long chemin toujours parsemé d’embûches diverses. Je me suis condamné le jour ou j’ai embrassé ses lèvres mais lorsque je songe à tout ça, ce ne sont pourtant pas des regrets qui me viennent. Tout s’emmêle et je me noie dans des réflexions trop intenses, vides de sens, chassant du mieux que je peux l’idée d’un divorce qui m’effraie sans doute autant que lui. Ce que je lui ai dit n’est pas totalement honnête, je ne reste pas par peur qu’il se foute en l’air, je reste parce qu’une force invisible m’a toujours empêché de faire un pas de plus vers la fin de cette relation qui pourrait très certainement aller beaucoup plus loin encore sans que je ne sois capable de réagir et prendre les devants pour m’en aller. L’amour, mais aussi la dépendance, le besoin maladif d’être toujours plus proche de ce type que j’ai détesté de longues années auparavant pourtant ; pour ses incohérences, pour sa fragilité qui me fait moi même vaciller, pour son arrogance, pour toutes les raisons qui m’ont également poussé à franchir la limite du raisonnable avec lui, voilà toutes les raisons qui nous maintiennent. Je me relève et pose les mains à plat sur la table de la cuisine.

Mais je n’ai pas le temps de revenir dans la pièce de vie qu’il me rejoint dans la cuisine. Je prends quelques secondes de répit avant d’oser un regard, mais il s’approche bien vite pour me forcer à lui faire face. Je vois dans ses yeux, dans son expression qu’il essaye de réagir bien qu’englué dans sa propre dépression. Il me demande ce qu’il doit faire et la vérité, c’est que je n’en sais rien du tout. Si c’était simple pour lui d’aller mieux, nous n’aurions pas cette conversation. Je reste donc silencieux alors qu’il se croit obligé de justifier le fait qu’il veuille véritablement s’en sortir. Si les paroles que j’ai pu lui cracher prétendent le contraire, il ne s’agit que d’une prétention dictée par le désespoir et l’impuissance que je ressens à l’idée d’être incapable de le rendre parfaitement heureux. Des larmes perlent alors de ses yeux, et je ferme les yeux pour ne pas sombrer moi aussi, quelqu’un doit rester fort ici, ou l’alliance me semble alors inutile. Il aborde l’idée de l’hôpital comme s’il s’agissait d’un souhait non formulé implicite de notre dispute, alors que je l’ai moi même objecté. Une nouvelle fois, je ne réagis pas, et il continue à parler tentant vainement de me rassurer sur le fait qu’il n’est pas malheureux avec moi, mais les larmes n’aident pas à la crédibilité. J’ai l’impression d’avoir foutu en l’air par mes excentricités la base saine de sa vie. Il aurait pu avoir une femme des enfants, toujours parler à ses parents, faire de brillantes études, et nous voilà pseudos célébrités sur papier glacé, harcelées et pères incestueux à peine légitimés d’une gamine de dix petites années et complètement seuls. Il n’y a rien pour l’aider dans ce mode de vie. Il embrasse ma nuque et je l’attire à moi pour l’enlacer, triste. Je ne crois plus à ce qu’il me dit, seul son amour ne ment pas. « Je t’aime moi aussi Andrea. »

Je m’écarte de lui, et appuie sur le bouton de la cafetière, glissant un sucre dans ma tasse, puis dans la sienne. Je tourne méthodiquement avec ma cuiller et lui présente sa tasse. Je bois une gorgée et jette un coup d’œil à ma montre. « Il est temps d’aller chercher Grace à l’école. On devrait y aller. » Je prends le temps de terminer mon café et enfile ma veste, pour lui tendre ensuite ma main. Je ne sais pas quoi lui dire et je sais bien malheureusement que ce mutisme n’aide pas vraiment, mais je ne sais pas comment réagir, faire en sorte de donner l’impression de croire chaque jour à une amélioration qui ne vient pas. L’espoir c’est ce qui m’a bousillé, retomber là dedans serait une mauvaise chose.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Jeu 1 Nov - 18:46

Mais la solution ne sort pas de sa bouche. Je voudrais qu’il me dise, qu’il m’explique ce que je dois faire pour soulager son cœur, et le mien, pour que tout s’arrête, la douleur, la crise, notre amour qui souffre et ses épaules qui supportent trop. Il ferme les yeux, regarde ailleurs, puis m’attire dans ses bras pour éviter sans doute des mots qu’il ne peut pas ou ne sait pas trouver. Je reste un instant contre lui pendant qu’il réaffirme qu’il m’aime et ferme les yeux. Il a toujours été le plus fort de nous deux, a toujours supporté mes crises de faiblesse quelques soient les domaines où elles sont intervenues. Quand on a décidé, de manière officielle, de former un couple et que l’angoisse parentale était au rendez vous, quand sa sœur lui a posé un ultimatum à mon sujet, quand mon père a découvert ou quand il m’a fait enfermer, plus tard encore et au fur et à mesure que les obstacles se sont dressés en travers de notre route, Tristan n’a jamais eu de cesse d’être celui qui fait, celui qui sait, celui qui soignait mes blessures et mon égo parfois malmené pour me donner l’amour que je réclamais à corps et à cris. La maladie, l’échec, la remise en question, rien n’a jamais ébranlé notre relation comme ce que je suis en train de traverser, je le sais. Rien ne l’a jamais fait douter avant du fait qu’on ait eu raison de se mettre ensemble. J’y crois toujours, je ne veux pas cesser d’y croire. Je l’aime désespérément, il me maintient en vie, m’aide à ne pas sombrer complètement dans la folie qui m’appelle pourtant. Je pourrais faire n’importe quoi pour lui, sauf apparemment ce que je veux le plus au monde : aller mieux. Il se détache de moi et retourne à la cafetière qui lui occupe sans doute l’esprit. Il me prépare un café et me le tend, l’air las. Je prends la tasse et me brule presque les lèvres dans le liquide brulant. Je continue à boire et ferme les yeux, poussant un soupir discret que je ne sais pas interpréter moi-même. La violence de mes émotions est trop difficile à supporter pour un seul homme, c’est sans doute là que se pose le fond du problème. Si je savais comment faire face au torrent d’émotions, de craintes, et les rationnaliser comme je suis tout à fait capable de le faire quand la bipolarité ne prend pas le dessus complet de ma personnalité, je pourrais me relever et l’aimer, le rendre heureux et pour une fois, supporter ce qu’il fait plutôt que l’inverse. Mais ça n’est pas le cas, je ne peux pas, et cette vérité là achève de me rendre dingue.

Je sursaute en l’entendant parler de Grace qui va attendre à l’école et hoche un peu la tête. « Oui, allons-y ». Je le suis, enfile ma veste en essuyant mes yeux qui coulent définitivement trop souvent ces derniers temps. Il me tend sa main et je l’attrape sans une once d’hésitation, emmêlant nos doigts et accentuant la pression pour essayer de lui faire comprendre que malgré tout, je suis toujours là. Les gestes parlent parfois plus que les mots, j’espère qu’il comprend au moins un peu ce que j’essaye de lui dire. Nous nous mettons en chemin, l’école est à quelques minutes d’ici à pieds. « Je ne te ferai plus quitter le bureau en avance, c’est promis ». J’acquiesce, il va falloir que j’arrête d’activer la sonnette d’alarme à chaque fois que je fais quelque chose, ne serait-ce que pour lui. « Je veux que tu réussisses à mener ton projet ». Je baisse les yeux vers la route et continue à marcher, en silence ou presque. J’aimerai lui dire que je vais vraiment faire l’effort, tenir bon, mais à quoi cela servirait-il ? De toute façon, mes paroles sont presque vides de sens. « Grace était vraiment très heureuse quand elle m’a raconté votre séance de cuisine ». Parler de notre fille m’insuffle, au moins, un peu d’espoir. « Elle a dit qu’il fallait recommencer toutes les semaines ». Je lui jette un regard épars et tente un léger sourire. « Tu es un très bon père pour elle, Megan serait vraiment heureuse de savoir que tu t’occupes aussi bien d’elle ».

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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Sam 3 Nov - 0:16

Il prends ma main et entrelace nos doigts, comme pour me montrer qu’il tient vraiment à mettre en œuvre tous les moyens possibles pour nous sortir de ce trou noir, cette impasse qui fait de notre vie un enfer presque permanent. Nous quittons l’appartement sur une promesse de ne plus me faire quitter mon travail en avance. Comme à chaque fois qu’il parle de promesse, je prends garde de ne pas trop accorder d’importance à ses dires, mais embrasse tout de même sa tempe avec une certaine tendresse. J’ai besoin d’une pause, d’un moment ou aucune interrogation ne viendra se tailler la part du lion dans mon esprit déjà fort encombré. Il parle de Grace, et j’imagine que ça lui fait du bien, curieusement moi aussi. Moi qui ne pensait pas réussir à tenir le rôle de père, je me fais finalement bien à l’idée d’avoir cette gamine dans ma vie, gamine qu’on ne pourrait me reprendre maintenant, tant elle a fini par représenter l’achèvement de ma vie finalement. Nous marchons donc en direction de l’école sur les mots de mon mari dont la bonne volonté est touchante.  « Elle aimait plutôt faire ça avec toi. J’espère que tu seras un jour en état de pouvoir faire toutes ces choses de nouveau. » Je soupire et continue. « Elle a cessé de m’appeler Tristan d’ailleurs. » Le plus triste dans tout cela c’est bien que nous ayons cette conversation que maintenant. J’ai l’impression d’avoir à lui raconter une partie de ma vie dont il ne se souviendrait pas.

Le sujet Megan est ensuite abordé, et je prends une inspiration. Je lui en ai beaucoup voulu au point de me fermer complètement à sa mort, sans être capable de soutenir Andrea comme il le fallait. Peut être que mon attitude a pesé dans la balance. J’ignore quelles sont les répercussions exactes de mes actes sur le moral d’Andrea, mais je suis conscient de ne pas avoir agi comme il le fallait, ne serait-ce qu’avec Megan. Si on dresse le bilan, j’ai finalement perdu ma cousine sans avoir été en mesure de lui promettre de prendre soin de sa fille, sans lui témoigner autre chose qu’un manque d’indulgence clair que je n’ai pas avec les autres, et avec Andrea plus spécifiquement. « Elle aurait été heureuse de le savoir oui. Mais je ne me suis pas montré suffisamment compréhensif. Elle est morte en croyant foutre en l’air notre vie de couple. » Et je sais qu’elle n’a jamais été la seule à le penser. Andrea dans sa déprime croit sans doute que je lui en veux d’avoir pris cette importante décision sans moi. Et ça a du être vrai quelques temps, même si je me suis en définitive très bien fait à l’idée. Grace est l’unique enfant que je n’aurais jamais, mais j’espère tout au moins faire les choses correctement, lui offrir une vie qui vaut la peine d’être vécue et un avenir stable, loin du modèle qu’Andrea et moi pourrions représenter. Je ne me fais pas d’illusions sur le peu de valeurs qu’incarne notre famille, mais une devrait au moins subsister. L’amour. Personne ne peut vraiment douter du fait qu’on aime suffisamment ici. La base de nos névroses, la base de notre souffrance. On s’aime trop, c’est ce qui nous déchire.

La petite sort de classe la première courant vers nous avec un sourire radieux qui donne envie de croire à l’avenir. Je souris bien malgré moi lorsque nos bras se referment sur son corps frêle. « Papa tu es venuuuu. » s’enthousiasme la petite qui n’a pas vraiment eu la chance de pouvoir profiter de son père à la sortie de l’école depuis bien longtemps. Je la laisse rejoindre les bras d’Andrea et les observe d’un peu plus loin, un sourire tranquille collé aux lèvres. Tout ira bien. Tout doit aller bien.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 5 Nov - 18:42

Je me tourne vers mon mari et un sourire s'installe sur mes lèvres. Je suis touché, touché par la complicité qui les unit maintenant quand j'ai longtemps pensé qu'il ne s'y ferait jamais. Je crois que nous avons toujours particulièrement bien prétendu le contraire auprès de notre fille, feintant le bonheur et la facilité, mais force est d'admettre que j'ai eu peur, à une certaine époque, pour nous, pour Grace, pour notre mariage et notre stabilité. Parce que j'ai signé ces papiers à l'époque alors même que je ne lui avais pas demandé l'autorisation d'inclure une petite fille dans notre vie commune et que le sujet est resté longtemps délicat. Je ne suis pas sur qu'il m'en ait voulu longtemps, je pense simplement qu'il n'a jamais être préparé à l'idée. En nous mariant, nous avions de toute façon accepté l'option qui nous conduirait à vivre une vie sans enfants, mais maintenant tout est différent. Je regarde mes pieds et serre sa main en entendant que Grace ne l'appelle plus Tristan, ému par la nouvelle et tout ce qu'elle représente, vraiment ému. J'aurais préféré m'en rendre compte par moi même et participé à l'évènement, mais c'est presque un soulagement de réaliser que quoi qu'il arrive, il s'en sortira toujours sans moi, avec elle. C'est souvent que me revient à l'esprit la question de savoir si je suis digne de la promesse faite à ma cousine, et ces derniers temps, la réponse à systématiquement été négatives. Mais si jamais il se passait quelque chose de grave pour mon mariage, je vis au moins avec la certitude que Tristan remplira ma promesse à ma place, et que rien que pour avoir trouvé substitution à mon incompétence, je mérite au moins la paix.

La suite dérive forcément sur Megan et ses appréhensions à lui, ses regrets aussi sans doute. Je secoue délicatement la tête mais ne trouve pas les mots pour le rassurer. Le souvenir de Megan me ramène instantanément vers des eaux plus sombres, comme si sa mort avait finalement signé le début de tout ça. Je ne sais plus exactement à partir de quand j'ai commencé à être aussi défaillant, non, je ne sais même pas quand mon état a commencé à s'empirer. Mais la mort de Megan, le début de la célébrité, l'adoption de Grace, les médias qui s'en mêlent et Tris qui s'éloigne, je suppose que tout ça a joué un rôle plus ou moins accordé sur mon cerveau. J'aurais aimé ne pas devenir fou, mais la peur de perdre toutes les choses qui me sont chères est proportionnelle à l'amour que je leur porte ; ma folie serait presque flatteuse finalement si elle ne nous emmenait pas aussi bas dans les décombres de ma vie. Je soupire et hausse une épaule. « Megan préférait savoir sa fille en sécurité que nos consciences tranquilles... » Je soupire un peu, nous arrivons à l'école ou du monde attend.

Le monde m'oppresse. Je n'y peux rien, à ça non plus. Les flash qui me reviennent quand je suis en contact avec une foule sont terribles, baignés de journalistes et de photographes agressifs qui veulent s'en prendre à ma fille. C'est à ça que je pense en revoyant le monde, aux premières semaines agréables de succès, de plénitude et de bonheur, puis la chute des gens qui s'intéressent, de ceux qui ne comprennent pas pourquoi je vis, comment j'aime, ce qui me motive. Un homosexuel incestueux qui adopte la fille de sa cousine ? Les journaux se sont rapidement désintéressés de ma musique pour se focaliser sur le scandaleux en lui même, enchaînant les gros titres, harcelant mon agent pour que je donne des interviews, traquant Tristan dehors, Grace à l'école. Jusqu'au jour où c'est devenu trop insupportable, où il a fallu que je libère la frustration accumulée. Ce journaliste sur mon chemin, ses propos déplacées, mon poing dans sa figure, un procès de plus. Et le monde qui s'effondre. Voilà ce que je me rappelle quand je suis baigné dans la foule. Ma mère se resserre automatiquement sur celle de Tris et ma respiration se fait irrégulière mais je ne dis rien. Je n'ai pas le droit, pas là.

Grace sort finalement de classe et je parviens à me détendre un peu. Je peux le faire. Elle accourt vers nous et je la prends dans mes bras, sa joie à l'idée de me voir ici semble réelle, je ne peux pas gâcher cet instant. J'embrasses ses cheveux et la serre contre moi en fermant les yeux, respirant pour ne pas céder à la panique. « Oui, je suis là... » Je souris et la dépose par terre en me mettant à genoux à son niveau. « Comment s'est passée la journée ? » Je boutonne son manteau d'un air distrait et me relève, récupérant la main de Tris sans ajouter un mot.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 5 Nov - 19:18

La foule s’intensifie devient plus globale. Les parents viennent chercher leur enfants et ceux-ci finissent par prendre possession du trottoir en chantonnant et en rendant l’atmosphère tout de suite plus bruyante. Je sens la main d’Andrea écraser la mienne aussi bien que je sens son cœur à travers sa paume battre beaucoup plus fort. Une vague de stress parcourt mon échine à l’idée qu’il puisse sombrer au milieu de tous ces gens, mais sa volonté semble être plus forte que le reste. Je le sens résister à mesure que je me demande si il était tout simplement prêt pour ça. Grace se glissant dans ses bras il lâche ma main et occupe ses pensées sur la petite fille on ne peut plus ravie de le voir. Je prends une inspiration tout de même mal à l’aise. Les gens nous regardent. Certains nous connaissent d’autres pas, mais l’homoparentalité n’a rien d’anodin, même ici. Andrea s’affère avec le manteau de Grace et je prie pour qu’il ne prête pas attention aux gens qui nous observent avec une mine juge et parfois même dégoûtée. La maîtresse de Grace, qui jusque là m’avait accordé toujours beaucoup d’attention et très certainement pas pour les bonnes raisons, me regarde d’ailleurs avec curiosité. Il y a quelques secondes encore, je tenais la main de mon mari qu’elle n’avait jamais encore eu l’occasion de rencontrer. Des chuchotements s’ensuivent bientôt et certains ne semblent même plus se parer de discrétion. « Cela devrait être interdit. Vous vous rendez compte ? Quel avenir pour une petite fille avec deux homosexuel ? » Je leur lance un regard condescendant mais le groupe de jeunes mères ne s’arrête pas là. « Ca ne serait pas Andrea Leroy-Duchesne d’ailleurs ? Ce chanteur qui a tenté de se suicider il y a quelque semaines, j’en ai entendu parler la semaine dernière. » Je me tourne vers Grace et lui ébouriffe les cheveux alors qu’elle résume sa journée à Andrea.

« Je crois qu’on devrait s’en aller. » Je soupire et prends l’autre de main de Grace dans la mienne en hâtant assez brusquement mon pas. Je n’ai pour habitude de fuir devant ce genre de remarques que j’ai pu partager dans le passé d’ailleurs, mais il faut en priorité protéger ma famille déjà fort diminuée. Pas de scandale devant Grace, comment pourrait elle comprendre ? Mais pas de scandale non plus devant Andrea que j’ai convaincu de m’accompagner dans l’idée sans doute stupide que tout se passerait bien. Alors que je tente de m’enfuir, la maîtresse d’école m’interpelle. « Monsieur Faure ? » Je me retourne pour lui faire face à elle et son sourire blanc éclatant. « Et Mr ? » Je hoche la tête agacé et me pare cette fois d’une mine un peu plus ironique. « Leroy-Duchesne, mon conjoint, le père de Grace. » Elle perd presque instantanément son sourire mais tente au moins de sauver les apparences, ce dont on peut presque la remercier. « Ah vous êtes mariés... Peut importe. » se reprend elle finalement. « Je voulais juste vous dire que votre fille est d’une grande vivacité, elle apprends très vite. » Voilà qui n’est pas une nouvelle pour nous. Je hoche cependant la tête conciliant, et lui offre un sourire. Grace sautille un peu et agite une feuille qu’elle tient encore dans sa main. « Même que j’ai eu un A, papa!  Regarde ! » Je souris et reprends. « Nous sommes très occupés, on en reparlera plus tard. » Je coupe court à la conversation et tente de nous diriger un peu plus loin, craignant que la tension hautement perceptible que je ressens ne finisse pas atteindre Andrea. Tout le monde nous regarde.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 5 Nov - 20:04

Je reste concentré sur ma fille pour lui porter, au moins un peu, l'attention qu'elle mérite et que je ne lui ai pas donné ces derniers temps. J'ai des remords, plein de remords à cette idée et j'aimerais vraiment pouvoir m'y prendre autrement. Mais c'est sans compter la maladie et tout le reste, toutes les choses qui ne vont pas s'arranger pour l'instant et que je suis donc obligé de subir en essayant de sauver mon mariage autant que faire se peut. Me concentrer sur Grace m'aide à oublier la foule au milieu de laquelle nous sommes perdus, et je me concentre sur ses traits fins pour ne pas voir le monde. Grace est bien plus intéressante que la plupart de ces gens, et je peux me focaliser sur ce qu'elle me raconte. Pourtant, je perds le fil déjà, en entendant des murmures que je ne parviens pas à interpréter. Qu'est-ce qu'ils disent ? Non, Andrea, concentre-toi, le plus important c'est Grace, sans conteste possible. Je soupire, mes mains se rejoignent dans un tic nerveux puis je me redresse en prenant la main de ma fille. J'ai perdu mon sourire, je me sens observé, traqué. Tristan dit qu'on devrait s'en aller et j'acquiesce pour appuyer ses propos, je veux rentrer, je veux rentrer tout de suite. Ne pas céder à la panique cependant, ne pas crier, pleurer, ne rien dire. J'inspire et me met en marche, serrant la main de Grace en modérant ma force pour ne pas la blesser, l'angoisse prend souvent le contrôle de mes muscles sans que je n'y sois préparé. Mais nous sommes rapidement coupés dans notre élan par la maitresse de Grace que je n'ai jamais rencontrée.

Elle s'adresse exclusivement à Tristan et un léger sourire ironique m'échappe ; on pourrait presque deviner le désir dans ses yeux tant il est évident. Elle semble s'offusquer de l'alliance entre nous et je sens mon coeur se ratatiner dans ma cage thoracique. Encore une qui voudrait me le prendre, et elle est jeune, fraiche, institutrice. Elle pourrait tout m'arracher en quelques secondes, devenir la ménagère puis la mère parfaite et m'éclipser d'un battement de cils. Les regards se tournent vers nous, eux échangent quelques formalités que Grace appuie en me montrant une copie qu'elle a reçu. Je la félicite d'un vague sourire mais me sens soudainement pris de vertiges, emprisonné dans une torpeur insupportable qui mord mon âme et congèle mes muscles. Tristan nous congédie et m'entraine avec Grace pour que nous quittions l'endroit. Tous les regards sont tournés vers nous et je m'étouffe de l'atroce sensation qui m'envahit progressivement. J'ai chaud, très chaud, et j'ai la tête qui tourne. Ces gens parlent de moi, commentent mon passage, le critiquent aussi sans doute et moi je suis planté là au milieu de la foule, incapable d'esquisser un pas supplémentaire, de trouver une solution. Je lâche la main de Grace et porte la mienne sur mon coeur en secouant la tête. « Je ne me sens pas bien du tout... » J'essaye de lutter, d'être fort, esquisse un pas, puis un autre, mais m'arrête tout de suite après. « Tris... » Je secoue la tête et m'appuie contre le mur, portant ma main sur mon front finalement, rouvrant les yeux. Le monde est toujours là et moi, je ne sais pas quoi faire, mué dans une paralysie dont je ne parviens pas à me défaire. Je songe à la déception qu'il va ressentir et aux moqueries dont il sera la victime et je me plie en deux sous la douleur qui me torpille le ventre. « Je suis désolé... » Encore, toujours, je ne sais plus que ça.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 24 Déc - 0:42

La foule concentre son regard sur Andrea et je devine déjà que l’effort s’arrêtera là. Il porte la main à son cœur et je ferme les yeux, mordant ma lèvre inférieure pour ne pas me laisser submerger par l’envie de crier moi aussi. Nous n’aurons sans doute jamais de vie normale, peut importe les efforts que je pourrais fournir pour que tout se passe bien. Je lutte, je lutte chaque jour, mais peut être faudrait il envisager l’idée que je me sois tout simplement fourvoyé sur le sens que devait prendre ma vie. Je l’aime sans aucun doute, mais nous n’irons nulle part de cette manière. Je veux m’enfuir, quitter ces foutus états unis qui ne changent rien. Aller où ? L’irlande ou peut être la nouvelle Zelande, suffisamment loin pour fuir l’odeur du désespoir collé à ma peau, collé à mon cœur. Je voudrais pouvoir changer de nom, changer de vie, une ablation du cœur pour cesser de ressentir, mais l’amour que je lui porte me monte même à la tête, me détruit complètement. Mais je dois me calmer, prendre mes affaires, partir quelques jours, réfléchir aux questions que je n’ai pas voulu me poser quand j’ai décidé de l’épouser. Est-ce qu’on est vraiment fait l’un pour l’autre ? Est-ce qu’on a un avenir ? Est-ce qu’on ne va pas tout foutre en l’air ? Je passe une main dans mes cheveux, les tire en arrière et soupire. La fatigue, la dépression, les insomnies, je suis complètement vide.  « Je ne me sens pas bien du tout... » Le regard des autres se fait plus insistant, et j’aperçois même l’ombre de sourires se dessiner sur trop de lèvres. J’ai envie de tout casser, de réagir, mais comme Andrea je suis pétrifié. Des sourires moqueurs on passe alors à la pitié. Cette pauvre enfant, prisonnière de l’éducation défectueuse de ses deux pères gays mentalement déviants et tristement célèbres, si seulement on pouvait lui offrir la chaleur d’un foyer stable, avec un père chef d’entreprise et une mère médecin, sans flash de photographes sans le tourbillon médiatiques qui aura un jour raison de sa pauvre petite existence. « Tris... » Je ne répond pas à ses suppliques, me contente de bouger brusquement, les mains se saisissant fermement de mes clés de voiture. « Je suis désolé... » Autant que je le suis sans doute.

Je ne répond rien, jette un regard à Grace puis aux spectateurs qui se délectent du spectacle avant de prendre le chemin de ma voiture en bousculant sur mon passage, le cercle trop bien pensant qui voudrait me juger. Je démarre, incapable d’être rationnel et les abandonne tous les deux là, faisant crisser les pneus. Mon départ sonore ne me fait pas ralentir ma conduite, fenêtres ouvertes, le vent balaye mon visage en même temps que les quelques larmes que je m’autorise et qui sèchent aussitôt. Ma vie est un véritable fiasco. Je file droit, prend des virages trop courts, comme si la vitesse pouvait m’offrir la liberté que je me suis moi même confisqué délibérément. Je pète les plombs, prend la direction de notre quartier et percute fatalement une voiture qui vient de face. Le choc me broie littéralement et la douleur qui me saisit ensuite est tellement violente, qu’elle m’en déchire l’échine et me fait alors perdre connaissance, un filet de sang glissant soigneusement le long de ma tempe.

Cousins trop incestueux, vie trop merdique, garçons qui n’ont finalement fait que se complaire dans la belle instabilité qu’ils ont seulement été capable de s’offrir, voilà tout ce qu’on est. Lorsque je me réveille, je ne sens plus rien, seul mon cœur semble encore en mesure de me faire souffrir. Mes jambes elles, ne répondent plus, tandis que son visage se dessine à travers le flou artistique qui m’entoure. Sous l’effet probable de divers médicaments, je parle faisant preuve d’une clairvoyance terrible. « Je vais te quitter Andrea. Je vais demander le divorce, je ne supporte plus d’être avec toi. » Je voudrais me redresser mais les signaux que mon cerveau désirent envoyer à mon corps ne semblent pas en mesure de le faire réagir. « Toi et moi ça ne marche pas, et je préfère te quitter avant d’avoir à te mettre sur le dos l’échec qu’est ma vie depuis qu’on a décidé d’être ce qu’on est l’un pour l’autre. Je veux que tu partes, maintenant.»
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 24 Déc - 1:13

Mais mes phrases se perdent dans un océan d'inutilité parfaite, achevée. Il s'éloigne brusquement, me laissant là planté au milieu des murmures, la main de Grace difficilement accrochée dans la mienne, mon coeur qui cogne contre ma cage thoracique et mon souffle saccadé. Il s'éloigne sans rien, ne me lance pas d'invitation, presse le pas et saute dans sa voiture qui démarre, au loin. Je serre la main de Grace, je veux m'évanouir, mourir, et ne pas rester planté là comme l'idiot abandonné. Je ne comprends pas, ma fille le fait pour moi et tire ma main pour me demander de passer la première. Je baisse les yeux vers elle, abasourdi, est-ce qu'il m'a quitté? Est-ce qu'il me déteste? Et cette nana avec ses lunettes rondes, qu'est-ce qu'elle dit ? Je l'assassine du regard, secoue la tête et titube derrière ma fille qui est visiblement la seule à garder encore le nord. Je pose ma main libre devant ma bouche et regarde une dernière fois là où la voiture de mon mari était garée, il y a encore de ça quelques minutes. Mais c'est vide, comme moi, comme mon coeur, tout est vide. « Qu’est-ce que vous regardez ? HEIN ? » Je secoue la tête et soulève Grace pour la prendre dans mes bras, l’entraînant jusqu'à notre maison, presque en courant. « Tout va bien se passer ma chérie, ça va... » Je n'y crois absolument pas, je veux m'enfermer, pleurer, mourir, l'appeler, le supplier de venir, de me prendre dans ses bras et de m'aimer encore, mais force est de constater que la supplique que j'exerce sur lui depuis toutes ces années de m'aimer sans contrepartie ne vaut plus. Son départ me laisse un goût amèrement définitif et quand je pose Grace par terre, je sors mon téléphone, harcelant sa messagerie, en vain.

C'est un cauchemar. Ca ne peut pas être autrement. J'ai appelé la baby sitter et me suis trainé à l'hôpital tant bien que mal, mû par une motivation nouvelle et surtout, par une vive terreur qui me lamine les entrailles. Le médecin essaye de m'expliquer quelque chose mes les larmes m'empêchent de l'entendre, ou même de l'écouter. Je veux juste qu'on m'emmène jusqu'à sa chambre, où il est installé, que j'entende son coeur battre et que je le vois, même endormi, peu importe. Les pulsations de son coeur me suffisent, sa main dans la mienne, l'idée qu'il va me revenir, se réveiller, ouvrir les yeux, n'importe quoi mais pas l'état inerte et froid qui constitue ma pire phobie au monde. Tout mais pas ça. Heureusement, il ne m'embarrasse pas très longtemps, me conduit rapidement là où je veux être. Il m'ouvre la porte et je grimace en voyant Tristan allongé, dans un état minable. Je suis responsable, c'est ma faute s'il est là, dans cet état, dans ce lit. Je coupe court au discours éventuel de l'équipe médicale en refermant la porte derrière moi. J'appelle Grace, pour savoir si tout va bien, et pour la rassurer un peu, lui faire une conversation absolument inutile qui me rassure presque moi même. Quand je raccroche, il n'a toujours pas bougé. La machine qui est installée à côté de lui bat régulièrement et je m'en trouve presque rassuré. Je prends sa main et m'effondre sur le bord du lit, faible, mort de peur, seul, abattu.

Je ne sais pas combien d'heures ont passé quand il ouvre enfin les yeux. Il met quelques instants à revenir parmi nous et j'essaye de sourire, cherchant son regard en tentant de maîtriser les pulsations dans ma cage thoracique. Mais j'essaye à peine de dire quelque chose qu'il me devance très largement, et la phrase qu'il lance me glace le sang. J'écarquille les yeux, lâche sa main et recule dans mon siège. Si près de l'avoir perdu, tellement rassuré de le penser près de moi, je dois maintenant accepter que le moment est venu où je suis devenu trop difficile à supporter. « Non...S'il te plait... » Les larmes embuent déjà mes yeux et je secoue la tête, posant mon front sur ma main. « Fais pas ça... » Ma voix supplie, je relève la tête et pose ma main sur la sienne en inspirant pour lutter contre la détresse qu'il ne veut sans doute pas voir. « Le médecin, il a dit que ton état était sérieux, tu as besoin de moi... » J'essaye de capter son regard, de faire montre de force, mais les larmes me brouillent la vue. « Tristan... » Je secoue la tête et baisse les bras, laissant tomber ma tête contre le bord du lit et portant ma main à mon coeur. « Je t'aime... »
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 24 Déc - 1:45

Sa main quitte la mienne lorsque je déverse toutes ces paroles finalement trop claires. Ses yeux s’embuent de larmes et je soupire pour ne pas me laisser atteindre. Ce sera difficile, très difficile, mais vient cette fois le moment de prendre les bonnes décisions, et ce, sans réfléchir. Je crois que j’ai trop réfléchi, trop attendu. Je souffre sans doute autant qu’il souffre lui même, mais si il y a une putain de chance pour que l’un de nous deux s’en sorte, peut être qu’il faut la saisir. Mon père m’a toujours dit que dans un couple il y en a toujours un qui aime plus que l’autre, j’ignore qui désigner dans ma relation, mais peut être qu’il y a une chance, une seule petite chance pour que Grace ait droit à une autre vie que celle-là. Il tiendra pour elle, parce qu’il l’aime plus que tout, que l’engagement qu’il a pris avec elle a même plus de sens que le notre. Je veux juste que tout s’arrête, arrêter de me bercer d’illusion, croire le temps d’une seconde qu’on trouvera un moyen avant de fatalement retourner toujours au point de départ et avec cette sinistre désillusion. En voulant s’aimer, on a tout foutu en l’air. Andrea éduqué comme il l’état, aurait pu jouir du destin tout tracé mais stable que ses parents lui offraient alors, quant à moi, j’aurais pu voguer sans attaches comme je l’ai toujours fait que cela n’aurait rien changé. L’alliance faisait elle, beaucoup d’étincelles, pour beaucoup de tragédies, trop à mon goût. Nous avons eu de bons moments, et c’est ceux que je ne veux pas oublier. Si je reste encore une fois, il s’agira peut être de la fois de trop, celle qui fera de notre vie entière une bonne illustration du mal qu’on a pu se faire.

Peut être que tout ce dont on a besoin c’est d’un peu de temps, peut être que quelques années suffiront, peut être pas, peut être qu’on en a suffisamment perdu, mais si la situation doit changer, ce n’est pas en restant ici à réitérer les erreurs du passé. Retourner en France me semble alors une bonne alternative, puisqu’il ne pourra pas m’y suivre en voulant préserver Grace. Ma gorge se serre et mon regard vitreux rencontre alors le sien. Comment en est-on arrivé là ? Mes yeux descendent sur sa bague et je les clos pour prendre une lente inspiration. Si seulement je pouvais effacer de ma mémoire tout ce que je ressens, cela simplifierait considérablement les choses. Les relations destructrices laissent des marques. Nous aurions pu avoir tellement mieux que ça. « Non...S'il te plait... » Je secoue la tête. Ne pas se laisser atteindre, rester calme, assumer ce choix difficile pour le première fois de ma foutue existence. Changer les choses.  «Fais pas ça... »  Mais il me supplie me confrontant tragiquement à mon propre amour, incompréhensible et tenace. « Le médecin, il a dit que ton état était sérieux, tu as besoin de moi... »  Etat sérieux ? Cela ne fait aucun doute, mais pour une fois mon état physique n’est alors plus que la transposition de tout ce qui est fatalement cassé ou irréparable chez moi. Je dois me séparer d’Andrea si je veux aller mieux, si je veux qu’il aille mieux. Si je suis incapable de supporter tout ça, je met alors la barre trop haut, une barre qu’il ne peut pas atteindre aussi vite que je l’aimerai. Mon cœur se surprend à sombrer une nouvelle fois dans l’espoir dont il semble incapable de se défaire, mais je dois lui donner le courage de renoncer cette fois. Le temps cicatrisera les plaies, le mal, et si notre amour survit au temps, alors il vaudra qu’on s’y replonge de nouveau, mais j’ai besoin de temps, et lui aussi. « Tristan... »  J’ouvre les yeux et secoue la tête à mon tour. « Je t'aime... » Je prends une nouvelle inspiration et prends sa main dans la mienne. « Moi aussi Andrea. Mais je souhaite que tu partes. Mon état va s’améliorer et ton cœur, il cessera un jour de te faire mal. Je crois pas assez en toi, pour que tu puisses aller vraiment mieux, tu as besoin de temps. » Je détourne le regard, il faut vraiment qu’il s’en aille maintenant.
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MessageSujet: Re: i wanna stay home w/ andrestaaan   Lun 24 Déc - 2:07

Mais il ne va pas céder, pas cette fois. Il me dit qu'il m'aime mais me somme de partir et mon coeur éclate dans ma cage thoracique, ma respiration se saccade et le poison se répand, la panique vive, agressive, l'angoisse, l'horreur. Je secoue la tête et renifle, sombre déjà dans un trou noir insupportable dont je ne vois pas l'issue. Il va me laisser là, avec notre fille pour laquelle je dois me battre, avec une vie minable et son amour en moins, dans un état pathétique. Avec tous ces gens qui parlent de moi comme d'un monstre, d'un père incapable d'aimer. Je le regarde et les larmes dévalent mes joues tandis que je récupère ma main. « Tu m'avais promis... » Je secoue la tête, il est allongé dans son lit incapable de bouger mais je ne parviens à penser à rien d'autre qu'à la douleur qui traverse mon coeur, mon corps. « Tu m'as dit que tu m'aimerais jusqu'à ce que la mort nous sépare, et quand j'ai voulu te libérer, tu l'as répété » Je secoue la tête et recule la chaise, laissant tomber ma tête sur mes mains. « Pourquoi tu m'as pas laissé partir ? Pourquoi tu fais ça, je vais pas y arriver ici, j'ai une fille et je t'aime tellement... » La panique m'empêche de bouger, je suis à peine conscient de mon propre coeur, de moi même. « T'as pas le droit » Je secoue la tête de nouveau et me redresse, le fixe en essuyant mes joues. « Grace, c'est ta fille aussi, elle t'aime, et elle est morte de peur...» Je ne sais plus de quoi je parle.

Ma main rejoint ma bague dans un geste empressé et protecteur et j'inspire, le regarde comme si c'était la dernière fois. Je ne veux pas qu'il m'abandonne, ni qu'il me rejette. Si même l'amour qu'il ne porte ne parvient pas à le faire rester, alors qu'est-ce qu'il nous faut ? Je traverse une passe difficile mais je sais, au fond de moi, dans mes entrailles, dans le moindre recoin de mon cerveau, je sais pertinemment que je ne serai jamais heureux sans lui. S'il est loin de moi, si nos vies se séparent, je vivrais pour Grace parce que je l'ai promis à Megan. Mais je ne guérirai jamais de lui, l'amour que je lui porte ne diminuera jamais, je n'aimerai jamais personne comme je l'aime. « Si tu me quittes c'est que tu ne m'aimes plus, parce que si tu m'aimes toujours alors, tu sais toi aussi, que l'amour s'en ira jamais, et que la séparation n'ajoutera qu'à la souffrance qu'on ressent déjà » Je secoue la tête, renifle, mon corps entier proteste contre l'injustice qui est en train de lui être imposé sans qu'il ne comprenne. Je me redresse sans arrêter de pleurer et m'approche du lit, évitant tout contact avec lui mais déposant mes mains sur la barrière de sécurité. « Je t'aime. Je vais te laisser tranquille mais ne compte pas sur moi pour éviter l'hôpital tant que tu t'y trouveras. Je n'ai que toi, peut être que ça te fait peur, mais je ne vais pas te laisser tout seul ici chaque jour qui passe » J'ai mal, tellement mal au coeur, et pourtant, je suis plus sûr de moi sans doute que je ne l'ai été depuis des semaines. Je ne vais pas attendre qu'il parte sans rien faire, je l'aime trop pour ça, bien trop.

Je m'essuie le visage et dépose un baiser sur son front, tournant les talons pour sortir de la chambre. Le geste est désespéré, sans doute me quittera-t-il vraiment dès qu'il en aura l'occasion, quand il pourra fuir, marcher loin de moi. En attendant, une dose supplémentaire de sa présence ne fera que retarder le jour où la souffrance ultime pointera son nez de nouveau, ce jour où il me repoussera pour de bon. Je ne sais pas à quel point je suis capable de me battre, est-ce que j'irai jusqu'à refuser de lui signer le divorce ? Une part de moi sans doute, parce que je l'aime tellement que je préfère le savoir attaché à moi par un lien quelconque même sans valeur. Mais une autre part se refuse à le forcer à me donner de l'amour, cette même part qui a essayé de lui échapper il y a quelques semaines, quelques mois, je ne sais plus. Je ferme la porte de sa chambre derrière moi et file rejoindre ma voiture. J'attends d'avoir fermé la porte et verrouillé les portières pour m'effondrer de plus belle, rejetant toute la force que j'ai essayé de montrer un peu plus tôt et qui me quitte petit à petit. J'ai envie d'annihiler la douleur, la souffrance par vague, ne plus rien ressentir, ne plus savoir. Je démarre, empressé, la baby sitter peut bien rester deux heures de plus. Quelques secondes à peine après mon départ, je me gare devant un bar et m'abandonne sur une chaise, un verre de whisky devant les yeux qui se remplit étrangement vite.
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