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 Bite me [flashback/PV C.Wallace]

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MessageSujet: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 27 Déc - 14:04


"-Et vous, toujours à voile et à vapeur ?
-Mon cher Jamie, je ne dédaigne aucun mode de... transport."

(Guns 1748)



Caleb arriva le premier, d'un avion en provenance de Louisiane ; les jurons français qu'il remâchait entre ses dents à chaque désagrément mineur avaient suggéré à ses compagnons de vol qu'il faisait partie des francophones locaux, héritiers des propriétés coloniales ; voyager en seconde classe, même pour brouiller les pistes, il ne s'y était jamais fait. D'ailleurs ses précautions n'allaient que jusqu'à un certain point et la qualité de ses lunettes de soleil, ainsi que de son chapeau, trahissaient le touriste d'un certain standing. Le bagagiste se précipita pour charger ses valises sur son chariot et il accepta tout naturellement, d'un petit signe de tête, comme celui qui n'a jamais soulevé ses propres bagages assez longtemps pour en estimer le poids. Direction le bar de l'aéroport, pour un petit cocktail glacé et un journal local, histoire de se plonger dans l'ambiance au sortir d'un trajet culturellement dépaysant.

Pour une fois, point de glacière mystérieuse contenant un anaconda endormi ; Mojo était resté au bercail, dans la moiteur verdâtre des marécages, à la garde de Jay. Ce dernier les rejoindrait une fois l'installation commencée pour donner un coup de main aux éventuels travaux, officiellement, et officieusement mais au su de tous, parce que Caleb n'envisageait plus de se passer de sa présence davantage que de celle de son serpent. C'étaient pratiquement les mêmes clauses : il n'avait jamais juré fidélité à son serpent, il ne lui disait pas de mots d'amour, il ne lui faisait même pas forcément la conversation ; mais un contact physique quotidien semblait nécessaire à son bien-être, et il perdait pied à la seule idée de devoir un jour y renoncer. Allez comprendre. Peut-être le contrecoup de ce choc à l'amour-propre, quand il l'avait vu débarquer un beau jour devant son hôtel pour lui apprendre qu'il avait failli, le matin même, être mis au rebut d'une balle dans la nuque. On se sent faible dans ces situations-là, lésé, dépossédé. On se promet que ça n'arrivera plus jamais.

Les dernières pages présentaient des articles de vente, quelques jolies propriétés sur lesquelles il haussa un sourcil appréciateur. Une chose à la fois, il allait réceptionner le voyageur en provenance de Floride, prendre des nouvelles de son "petit plus grand fan", comme il appelait la poupée blonde qui viendrait les retrouver elle aussi un peu plus tard, une fois son statut d'immigrant confirmé ; ils iraient se délasser à l'hôtel, peut-être faire quelques brasses à la piscine pour se remettre du décalage horaire, manger au restaurant... Peut-être que le lendemain, on pourrait envisager l'effort de visiter quelques demeures. Les conditions étaient claires : cinq chambres pour loger tout le monde, un atelier pour les artistes, un jardin pour les chiens, une serre pour le serpent, une cave fortifiée en cas de besoin et bien sûr, la cerise sur le gâteau : un voisinage irréprochable.

Avec tout ça, pas mal de baraques convenaient dans le secteur mais Caleb tenait à ce que l'atmosphère lui convienne, et ça, c'était bien plus subtil. L'attrait esthétique, une certaine aura de luxe et de confort qui ferait qu'il pourrait s'y sentir chez lui. Sans toutefois ruiner d'avance les finances de leur petite association, naturellement. Il avait un budget à respecter, et à vrai dire il comptait sur Cristopher pour l'obliger à s'y tenir scrupuleusement. Tiens, ça lui ferait plaisir de le revoir. Il l'avait brièvement croisé au moment de toute cette Apocalypse, ils avaient bavardé dans l'avion tandis que le blondinet épuisé dormait sur l'épaule de son ami et que la petite famille se recroquevillait dans son coin, avec des regards de bêtes traquées ; c'était un homme simple mais civilisé, il tenait la route, et ce serait passionnant de le pousser vers les hauteurs par un appui financier qui libérerait sa créativité. Après tout, peu de mécènes ont eu la chance de voir leurs protégés en pleine scène d'action avant de jeter sur eux leur dévolu.

L'avion de Floride se posa sur le tarmac et la voix douce de l'annonciatrice éveilla les familles qui les attendaient sur leurs bancs ; Caleb, lui, ne se dérangea pas. L'Américain franchirait tranquillement les barrières sans qu'on lui saute au cou, ce n'était pas le genre de la maison. Une main levée, toujours armée d'un cocktail orangé dont ne subsistait que la dernière gorgée conservée jusqu'au bout, et le sourire si particulier qui avait fait craindre à bien des interlocuteurs d'avoir affaire à un grand psychopathe ; puis Caleb descendit de son siège, remit ses manches en place, plia son journal, et fit l'effort d'un pas en avant pour lui serrer la main. Comme les danseurs de ballet classique, il avait de longues enjambées.

"Bienvenue dans l'Oregon, monsieur Wallace. J'espère que vous avez fait bonne route. Vous étiez déjà venu ?"

La première chose qu'il entendit ne fut pas la voix de l'homme, mais la vibration de son portable. Quelqu'un avait visiblement pris le soin de lui envoyer des messages durant le trajet afin qu'il les trouve à son arrivée. Caleb ne pouvait pas les voir mais il s'agissait d'un simple "♥" assorti d'un "PS : fais gaffe à Dracula". On peut être un fan éperdu et rester lucide quant à certains points de détail.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 27 Déc - 19:19

Cuiusvis hominis est errare
Il appartient à tout homme de se tromper.

(Cicéron)

Et voilà un second voyage, près de mille quatre cent kilomètres pour rejoindre la Louisiane, épuisant, à peine le temps de souffler, avec une nouvelle identité, tout ceci pour rejoindre mon blond, traumatisé et tout aussi perdu que moi par les événements. Ils le payeront un jour, sans que nous ayons besoin d'une Vendetta personnelle, nous on est pas comme eux. Ils s'auto-détruiront tous seuls, sans notre concours, j'en suis certain. Pour l'heure, il faut que je m'occupe de "Dustin", ma princesse qui s'est coupé les cheveux, il n'en est pas moins mignon. Pire, plus les mois passent et plus je m'entiche de lui. It's going to cause my loss. Le petit va bien, c'est l'essentiel, j'espère qu'il n'aura pas de traces de cet épisode sordide. Le couple quand à lui, je ne saurais dire : Plus soudé que jamais ? Sur le qui-vive ? Là aussi, j'espère pour eux qu'ils retrouveront une sérénité dans cette nouvelle aventure, qu'ils pourront respirer à nouveau. Un bref moment pour s'organiser tous ensembles, compter ce qu'il nous reste, les pertes subies sont certes là mais il faut passer à autre chose. Now ! Let's go !

Dans ce petit groupe d'exilés, il y a le français: Caleb de son nouveau nom, ancienne vedette d'après ce que je sais. Une lourde responsabilité pour deux hommes nous attendait et un ultime voyage sur une terre d'asile. Encore quatre milles kilomètres à parcourir, si cela ne s'appelle pas de l'amour c'est que je n'y connais plus grand chose. J'ai fais confiance au Français pour ce choix, l’Oregon et sa tranquillité, une petite ville du nom de Town Square et de multiples possibilités de reconstruction. Un autre avenir, une autre dimension et les seuls yeux bleus de ma princesse dans les miens pour que j’accepte tout. I'm a loving idiot. C'est ainsi.

Connaissez-vous la distance entre la Russie qui m'a accueilli et qu'il a fallut que je quitte à cause de "Princesse Raiponse" ? Neuf mille deux cent kilomètres et des brouettes ! Comme quoi, il faut déjà bien être atteint d'une pure folie, être complètement siphonné de la casquette. Pour ma part, c'est surtout parce que je suis un gros crétin qui crève d'amour la bouche ouverte pour un beau blond qui, jusqu'à présent et sans doute encore pour longtemps, n'a rien à faire de ma charmante pomme. Is not it ? Étrangement, depuis cette fuite, pour ne pas dire qu'on nous a clairement viré à coup de pompes dans notre hindquarters pour éviter de nous retrouver au fond d'un fleuve en morceaux, le petit blond de mon cœur n'arrête pas de m'envoyer des textos. Et pour vous donner un ordre d'idée, c'est environ un à deux SMS à la minute et si j'ai le malheur de ne pas y répondre, il m'appelle dès la minute suivante. Charming ! Je ne m'en plains absolument pas bien que la gymnastique avec de gros sacs de voyages soit plus que contraignante, tout comme les passages de douanes et celui des portiques d'embarquement, tout ceci avec un vibro dans la poche arrière.

Après avoir savamment orchestré ma "mort" par noyade dans les rouleaux des vagues de Miami Beach, ce avec la participation de mes anciens potes à la peau bronzée, en pleine compétition de surf pour le fun. J'ai même pu participer à l'enterrement, au loin, ma mère qui pleurait comme une madeleine, mon père aussi frigide que le cimetière, ma sœur qui posait les fleurs sur le cercueil et les quelques copains que je laissais derrière moi. Non, je ne regrettais même pas ma décision, c'est bien cela le pire. C'était même une libération au bout du compte : Plus de pressions, une nouvelle vie, de nouveaux objectifs et ma "Princesse Raiponse" à protéger. Je n'aurais pas pu me regarder dans la glace si je n'avais pas fait quelque chose, même si d'un certain point de vue, ce quelque chose ne soit qu'un grain de sable. Je n'avais que ce léger arrière goût de sel amer en bouche, cette exécution sans appel, sans juges, à la Staline de la part de ces Rotten de mafieux. Le mal était déjà fait, bien avant : Jalousie, proxénétisme, viol, dégradation psychologique ... Un beau cocktail de nombrils et de cerveaux vides.

Et voilà que depuis la Floride, après avoir traversé plus de cinq milles kilomètres de plus pour atteindre cette dernière étape, plus qu'épuisé, je dois l'admettre. Ce n'est rien de physique pourtant, non, juste intellectuel, entre les derniers rapports de cette Russie abjecte que j'ai pu obtenir, l'argent restant du Général éteint et sévèrement secoué. Un warrior ce mec. Je n'ai jamais vu une telle volonté de fer dans un seul homme. Son compagnon est tout aussi admirable, heureusement qu'ils sont deux pour se soutenir. Moi, j'ai les textos de ma princesse ... De mon petit prince Dustin ... Il va falloir que je m'habitue aussi. Je me sens lessivé en arrivant sur le sol, profondément seul malgré ces vibrations dans ma poche, pour sûr qu'il s'inquiète de mon état, enfin je crois. La main levée de Caleb, je souris faiblement, en haussant la visière de ma casquette, les sacs de voyages à l'épaule, trainant ma carcasse jusqu'à ce bar.

- Merci bien, monsieur Griffith. Un bien long, trop long trajet sans encombres ou presque. Je connais guère l'Oregon mais les US restent les US. No ?

J'avance une main pour serrer celle de Caleb, ravi de le revoir certainement plus frais que moi bien que mon bronzage ne soit pas des moindres. Je noircis très vite sous le soleil de mon pays. Que voulez-vous ? The class of the suntanned skins ! Ma barbe est bien plus épaisse, j'ai hâte de me rafraichir un peu, de poser mes valises pour de bon, de rester une bonne heure dans un bain. Mon téléphone vibre encore, je m'installe bien vite pour lui répondre, j'en ris un peu plus en le lisant et regarde Caleb d'un air nigaud.

- Dustin vous souhaite le bonjour.

Gros mensonge ! J'envoie tout de suite à mon blond une réponse courte "♥" suivit d'un  "Ps: Promis baby" avant d'outrager sa conscience d'une probable inquiétude qui n'a plus lieu d'être. Je suis en vie, à bon port, adviendra que pourra.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 27 Déc - 22:57



Comment être dupe ? Même avec la meilleure volonté du monde ? Et Caleb n’était pas le genre d’homme, ni ne l’avait été du temps où on l’appelait Silbermann, à faire preuve de la meilleure volonté du monde, même pour faire plaisir à une sorte d’ami, oui, c’est sans doute comme ça qu’on appelait le type d’associé avec lequel on s’apprête à choisir une maison commune… Non, il se sentait même d’humeur taquine envers ce pauvre Cristopher, aussi plat qu’une serpillère et qui tirait encore sur ses maigres forces pour cajoler à distance son petit poussin d’amour, tsss… ça valait bien la peine de pratiquer le culte exclusif du même sexe si c’était pour se laisser mener par le bout du nez par cette crevette en bas âge, qui n’avait même pas encore de poil au menton.

« Bonjour Dustin », chantonna-t-il presque tant l’idée lui paraissait saugrenue. « Il s’habitue au pays ? J’ai toujours pensé qu’il était davantage fait pour Hollywood que pour ces steppes glaciales, de toute façon. Il espérait que vous l’enlèveriez tôt ou tard, c’est certain. »

Ricanant, l’éternel touriste balaya d’un petit geste de son chapeau les dizaines de vies sacrifiées de part et d’autre, dans le simple amusement face à la réalisation finale de ce rêve d’un inconscient de gosse. Brave petit Dustin, il allait l’avoir son rêve américain ! Bon, le cowboy n’avait pas la carrure de ceux de Brokeback Mountain mais il aurait le bon goût de s’en contenter ! Sans plus se soucier de leurs camarades d’exil, Caleb engloutit la fin de son verre, faucha sur le comptoir une petite flasque à laquelle il n’avait pas touché, et se dirigea vers l’extérieur, le taxi où il avait fait porter ses valises. Il avait assez pesté contre sa femme, du temps où il en avait une, et sa manie de toujours se déplacer avec une quantité astronomique de bagages inutiles, et à présent voilà qu’il faisait la même chose. Mais il avait une excuse tout de même : c’était un déménagement. Le portable vibrait à nouveau, cette fois il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil rapide, sournois comme un reptile qu’il était :

« J’ai rêvé de toi cette nuit ? Ooh, mais c’est qu’il a les hormones en folie le petit jeune, il va falloir qu’il se tienne à carreau quand il vivra dans une belle banlieue résidentielle sans histoires… »

Partant d’un grand rire qui découvrit un instant ses canines, mais presque chaleureux, dépourvu de son venin accoutumé, Caleb ouvrit la portière et fit galamment signe à l’Américain de prendre place à bord. C’était plus fort que lui, son côté séducteur ressurgissait à la première occasion, qu’il le veuille ou non. Mais avec cet homme-là, il ne risquait pas grand-chose, si l’on pouvait toutefois parler de risque pour un danger si appréciable. Installé près de lui sur la confortable banquette de la voiture de luxe qu’il avait pris la liberté de louer, il lui tendit les articles et la flasque. Lui-même ferma les yeux un instant sous ses lunettes de soleil. Leur mission s’annonçait des plus agréables, du shopping à grande échelle, en quelque sorte. La voiture mit le cap sur un hôtel quatre étoiles où l’on s’occuperait de leur bien-être, mais légèrement en-dessous de son niveau de vie habituel. Il n’avait aucune envie qu’on lui rappelle, de quelque manière que ce soit, leur escapade au pays des ours blancs.

« Devinez qui m’a envoyé un gentil texto alors que j’allais prendre mon avion ? »

Toujours rieur, il sortit son propre téléphone et montra le message, qu’il avait conservé : « Rhum, citron vert, soda, menthe et sucre, s’ils n’en ont pas. Le petit m’a donné la recette du mojito, pour que je vous en fasse préparer un en attendant votre arrivée. Il devait penser que vous auriez soif… ou peut-être qu’il tient vraiment à ce que vous vous sentiez chez vous ici, je ne sais pas comment appeler ça, de la culpabilité ? »

Et ce qu'il faisait à l'instant ? De la cruauté ? Non, il n'en avait pas l'impression. Il n'avait jamais été un virtuose dans l'art de témoigner son intérêt, c'était le genre de petit garçon qui se comporte en ennemi juré et malicieux de la gamine de sa classe qui a su capter son intérêt, et qui s'en fait soigneusement détester tout au long de l'année scolaire, pour finalement l'inviter à danser à la fête qui précède les vacances. Non, vraiment, il était content de leur petite aventure en commun, il comptait sincèrement faire son possible pour qu'elle se poursuive dans les meilleures conditions, et il savait qu'il se sentirait peiné si l'un d'eux choisissait de poursuivre la route tout seul de son côté. Mais ça ne le dispensait pas de faire le mariole, et à l'heure actuelle, c'était vraiment trop tentant d'appuyer là où ça faisait mal... au sens figuré, bien sûr, ils n'étaient pas encore assez intimes pour envisager le sens propre. Un jour, peut-être, qui sait. En bon libertin, il n'était pas contre.

Le trajet était l'occasion d'observer les rues de la ville. Tout paraissait si tranquille, si paisible, presque artificiel de perfection. Il n'éprouvait aucune gêne à l'idée de donner son coup de pied personnel dans cette fourmilière laborieuse, au contraire, le politiquement correct était fait pour être bouleversé tôt ou tard. Non, vraiment, ce cocon était charmant et plein de qualités, une vraie petite série américaine où ils endosseraient leurs petits rôles, seraient bien au chaud sous leurs petites couvertures. Il n'y trouvait rien à redire. La promenade fut toutefois de courte durée car il était adepte des grands hôtels de charme en plein centre-ville, à proximité immédiate des lieux de transport. Rapidement, il s'assura que le chauffeur les aiderait à transporter leurs valises si le personnel de l'hôtel n'était pas assez rapide à s'en charger ; aucun problème pour ce brave chauffeur. Il faut dire que ses pare-chocs touchaient presque la route, et que les allers et retours rallongeraient considérablement son temps au compteur, et par là même son paiement. Et allez savoir, quelque chose lui disait que le monsieur de Louisiane donnait de bons pourboires. Caleb rayonnait, il se sentait servi comme un prince, parfaitement dans son élément. Discrètement, sous ses lunettes de soleil, il s'assura que son compagnon de route partageait cette euphorie.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 28 Déc - 21:07

Je me commande un petit irish-coffee histoire de me réveiller un peu. Caleb faillit me faire avaler de travers et un léger rire me prend à ces propos. Je pourrais même en rougir, heureusement que je ne suis pas aussi sensible, cela fait bien trop longtemps que je me berce d'illusions concernant mon blond et je le montre clairement. Je vous l'ai déjà dis : I'm a stupid lover

- Je suppose qu'il s'y fait. Je ne lui ai pas vraiment demandé pour être honnête.

Je souffle un peu avant de reprendre une gorgée salutaire, fataliste et les pieds sur terre.

- Je doute que ce soit moi qu'il espérait mais plus un certain général de notre connaissance. Je ne ferais jamais le poids face à lui, j'en ai crainte.

Et pourtant, je souris. Tasse et verre consommés, je me levais en soulevant les sacs avec empressement en suivant Caleb, toujours aussi affligeant de classe, jusqu'au véhicule. La prédisposition de l'homme au serpent à afficher sa fortune me fait un peu secouer la tête, à croire que nos économies respectives sont sans limites. Bon, d'accord, le général est un ancien mafieux, Dustin un futur mannequin, moi un ancien styliste et Caleb une ancienne star du patin mais quand même. On ne roule pas tant que cela sur l'or, surtout depuis la "fuite". Le chauffeur me soulage largement les épaules en chargeant mes lourds sacs dans le coffre, autant dire que j'en souffle, littéralement. I'm exhausted ! J'en ôte ma casquette en entrant dans le taxi, masse ma nuque sévèrement douloureuse et sens ma fesse droite vibrer. Quand je vous disais que je recevais un texto, voir deux, à la minute : Je ne plaisantais pas. A peine assis, je soulève ma fesse pour sortir ce maudit portable et ouvre mon message que se permet de commenter Caleb de façon très personnelle avec un rire bien contagieux.

- Vous voulez que je réponde ? Pour qu'il nous explique son rêve ? Hum ? Je suis certain qu'il y a un beau général au regard acier dedans, Caleb.

Oui le rire se fait un peu plus joyeux dans l'habitacle du taxi. j'hésite entre l'appeler directement ou juste répondre à son SMS. j'opte pour la seconde solution en envoyant un simple "Je ne suis pas seul mais tu pourras me raconter cela pour m'aider à m'endormir. Caleb veut tout savoir lui ". Un sourire malicieux s'installe sur ma figure, vous savez celui qui fait dire que vous êtes un petit fumier. Je jette un œil au portable de Caleb, riant avec lui, notre petite joute jovial fait plaisir à voir.

- Touchant ! Je suis chez moi, il me manque plus que le toit et un mec à mettre dans mon lit. Une boisson, de la mousse dans un bain chaud ... OH MY GOD ! Qu'il est bon d'être aux USA !

Je dis cela avec une légère touche d'ironie, sachant pertinemment que je vais me retrouver seul, j'en ai l'habitude. Et bien que l'idée d'avoir un atelier dans la maison que l'on cherche, je me demande si je serais capable de voir Dustin avec une brouette de playboy ou de minettes en chaleurs à son bras. Au pire, j'aviserais à ce moment là, je m'écarterais, sans bruit, personne n'en verra rien, je suis insignifiant à ses yeux. Pourtant, je donnerais tout pour lui. Complete moron. Voilà ce que je suis. Un béguin pareil qui ne sera sans doute jamais perçu par le principal intéressé. Let us pass !

Niveau cruauté, même Caleb passait pour un enfant de cœur en comparaison. imaginez-vous, un instant, crever d"amour pour un mec qui ne vous voit même pas. Je pourrais bien faire des altère sur une planche de surf sur le toit d'une voiture à paillettes qui pète des feux d'artifices que la chose reviendrait au même. Dustin n'a d'yeux que pour son sacro saint général d'amour. Et comment vous dire que ce général est un dieu vivant, mesurant près de deux mètres avec des aciers à la place des orbites ? Non, seriously, je ne fais vraiment pas le poids. Alors je fais mine de rester le bon pote pour ne pas souffrir. A l'intérieur, je meurs à petit feu, chaque jours. Me savoir même loin de Dustin me tue, ne pas le tenir dans mes bras, respirer ses cheveux blonds, sentir ses petits doigts dans ma tignasse. Desperately stiff crazy of this blond. Désespérant ? N'est-ce pas ?

L'arrivée à l'hôtel, comme d'habitude Caleb a mis les grand plats dans les grands et comme d'habitude, je n'en dis absolument rien, sifflant sur l'aspect esthétique du complexe. Et là, c'est le service tout compris. Je me demande combien cette frivolité a coûté à mon cher ami ici présent mais à le voir si à l'aise, si joyeux, j'en fais de même. Un plus large sourire encore sur ma figure, la casquette en travers, me grattant la tête de perplexité.


- On mange d'abord ? Cela fait un bail que je n'avais pas emprunter de grandes portes. A croire qu'on se fait à tout, finalement.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 28 Déc - 23:49



Caleb essayait ses ailes toutes neuves. Il n’était jamais entré dans un établissement public en badinant conquêtes masculines avec un camarade, bras dessus bras dessous. L’excitation qui pétillait dans son regard ordinairement tout en contrôle lui donnait, alors qu’il bravait précisément cet interdit de longue date, l’air d’un jeune conducteur étrennant un modèle de voiture largement au-dessus de ses aptitudes naissantes ; voilà au moins un domaine dans lequel Cristopher était son aîné. Mais merci, il s’en tirerait sans prendre exemple sur personne, il trouverait son propre style et la période d’éclosion était aussi joviale et incontrôlable que les premières années de la libération sexuelle.

« Je ne peux rien promettre à long terme, ni à vous, mon cher Wallace, ni à personne. Mais au moins pour ce soir, voici votre toit, votre boisson… et vous n’avez qu’un mot à dire pour le bain chaud et le compagnon de lit. »

Et, miracle : le personnel était complètement indifférent à ce langage cavalier. Il faut dire que le personnel n’avait en principe jamais entendu le nom de Caleb Griffith à la télévision, ni lu sur la couverture des magazines people dans la salle d’attente du dentiste, et que par conséquent, monsieur Caleb Griffith faisait bien ce qu’il voulait de ses fesses et de celles des autres, tant qu’il ne touchait pas aux leurs. A vrai dire, l’un d’entre eux n’aurait peut-être même pas été hostile à la chose, à voir son haussement de sourcil appréciateur des pieds à la tête du touriste francophone, et son léger sourire en coin, complice sans l’être, pour préserver tout professionnalisme, à sa dernière ambiguïté verbale. C’est justement ce monsieur qui les conduisit à leur chambre, et ce fut plus fort que lui, Caleb lui fit discrètement les yeux doux dans l’ascenseur.

« Le repas dans la chambre, merci ; vous nous l’apportez en personne ou il y a un monte-charge ? »
« Un monte-charge, monsieur, hélas. »
« Comme vous dites. Bah, vous ferez marcher votre imagination… Ritchie ? »
lut-il de son plus beau R francophone, en se penchant pour lire l’étiquette sur le revers du veston. L’homme eut un léger rire, mais la présence du tailleur à leurs côtés avait quelque chose de légèrement intimidant ; non qu’il y ait chez Caleb la moindre pudeur à manifester ses tendances les plus insolites, mais il avait une impulsion maladive à réserver certains spectacles à certains publics, et à ne jamais s’écarter de cet assortiment pré-programmé. Il lui restait encore à apprendre ce type d’écarts, et sa raideur naturelle ne s’y assouplirait qu’avec un certain temps et beaucoup de pratique.

La suite qui s’ouvrit devant eux comportait un living central donnant sur deux chambres opposées, dotées de portes et de salles de bain séparées. Jaccuzzi, télévision à écran géant et canapé d’un luxe royal égayaient cet espace qui, sans cela, aurait paru presque menaçant par ses dimensions excessives. Enfin, de lourds rideaux isolaient du froid et du bruit au-dehors ; discrétion avant tout… si l’on peut dire. Pas de couleurs criardes, il s’agissait de prendre du repos, intellectuel autant que physique ; mais, omniprésent, une clarté lumineuse et douce, de celle qui s’assortit, dans les grandes sagas américaines, d’un léger flou sur les visages des actrices chargées de séduire. Au-dessus d’une fausse cheminée, un grand tableau, reproduction de Klimt réalisée à l’huile par un artiste local, qui avait décidé le choix du touriste pour cette suite en particulier, rayonnait de ses feux délicats, laissant tomber sur les trois arrivants son regard noble et paisible.

Sans écouter la rapide présentation des lieux que faisait l’employé avant de leur laisser les clés, Caleb alla s’affaler sur les coussins du canapé pour faire charnellement connaissance avec ce logement très à son goût, bien davantage que le misérable petit avion qui l’avait conduit en ces lieux. Ensuite seulement il se remémora la teneur de leur dernier échange, et se sentit d’humeur magnanime, généreuse même ; il rouvrit une paupière pour chercher du regard son compagnon et, en quelque sorte, invité. Tiens ? ça faisait un moment que le portable n'avait pas vibré. Peut-être qu'il pourrait enfin avoir l'attention de Cristopher pour lui tout seul ? Il n’attendait pas d’applaudissements particuliers, simple curiosité : le spectacle des émotions humaines simples, et de la façon dont elles étaient exprimées par ceux qui n’avaient pas appris à jouer la comédie, était le cours de comédie ultime qu’il ne cesserait jamais de suivre, dans lequel il ne se perfectionnerait jamais assez.

« Une soirée dans une suite comme ça, voire encore plus axée charme, si vous me suivez… et il est dans votre lit, le petit homme blond. Mais vraiment, trouvez-vous quelque chose de mieux, ce n’est qu’un jeune imbécile très intelligent… Il ne saura pas veiller sur quelqu'un d'autre avant très longtemps. Et vous, vous avez le droit de poser les pieds sous la table, mon vieux

Il avait conclu trop vite : et un coup de vibrateur, un... Non seulement le petit asticot n'était pas fichu de voir les sentiments des autres, mais il ne pouvait pas non plus les laisser tranquilles vingt secondes pour faire le point sur leur vie. Il ne pouvait pas voir le message, et, occupé à essayer les chaînes de télé et à repérer celles qui parlaient sa langue, il n'allait certainement pas se lever pour venir y jeter un oeil. Mais ce délai, il savait ce que ça signifiait certainement : le gamin avait eu un aparté avec celui qu'il surnommait toujours "le général". A vrai dire, la teneur exacte en était : "Désolé, je gardais le petit pendant que le général prenait une douche. Et Rambo est... dehors avec les chiens, comment t'as deviné ? Repose-toi bien mon Cris' ♥"
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyDim 29 Déc - 22:18

Il y avait quelque chose d'extraordinaire dans la capacité de Caleb à se "fondre" dans la masse tout en en éprouvant une malice comparable à ses chats qui ne se laissent caresser que lorsqu'ils le désirent et vous toisent sans aucun égard quand bien même vous les nourrissez. Une forme de désinvolture manifeste, quelque peu agréable bien que je sois plus timide que lui quand à m'afficher en société. C'est ce que j'appréciais sans doute le plus chez lui et j'enviais cette liberté naturelle que je ne possédais pas. Non pas que j'avais honte de mon homosexualité, elle était pour moi une évidence depuis de nombreuses années, mais pas de là non plus à la graver sur mon front avec des loupiotes clignotantes. Autant dire que la proposition me fit quelque peu tousser mais je jouais le jeu, après tout : Nous n'étions pas connus, pas encore en tout cas. Might as well take advantage, huh ?

- Ohhh oui un bain ! Pour la compagnie, je vous fais confiance mon cher Griffith pour nous trouver de quoi nous occuper cette nuit. Et m'est d'avis qu'avec ce voyage éprouvant, la votre sera parfaitement me satisfaire.

Le gros sous-entendu passerait presque inaperçu, l'un des employés n'ayant d'yeux que pour le français. Cela aussi, j'en suis habitué : Invisible man. Je l'approuve une fois de plus dans l’ascenseur, à croire que je fais peur à ce pauvre employé, j'en glousse de voir l'art de la séduction made in France offert par mon ami. Heureusement que je reste pusillanime au point de passer pour un puceau outré par une telle scène. Malheureusement pour l'employé, j'en profite à mort pour accentué son mal aise, un coude sur l'épaule de Caleb en surenchérissant.

- Avec un livre par exemple ou un bon Dvd, si possible "gai"... Oh et une rose ...

Notez ici toute la subtilité d'un sourire séducteur, casquette masquant habillement de son ombre les pétillements d'un regard de tigre en pleine chasse ouverte. Autant mettre son comparse dans sa poche, surtout pour malmener une futile tentative à le croire farouche et si en prime il pouvait se venger d'une petite pique verbale finement employée dans des buts inavoués de manhunt in the elevator ! Toujours que je reprends une attitude bien plus euphorique en entrant dans la chambre. Et là encore, Caleb m'emboite le pas pour se mettre à son aise. Pour ma part, la casquette vole sous un rire, agréablement détendu, pour atterrir sur l'un des meubles du hall de la chambre, me dirige vers la fenêtre pour regarder un peu la circulation, quitte mon lourd manteau pour le poser sur le dossier d'une chaise quand l'homme au serpent entreprend une petite fouille de mon intimité relationnelle.

Encore un texto, celui-ci me fait perdre le sourire jadis acquis et je jette le portable sur le lit, en pestiférant. Je me masse l'arrête du nez dans un soupire, blasé et sévèrement fatigué. Fuck ! Encore ce général de malheur dans l'équation !


- Perdu ... Il matte un brun qui prend une bonne douche, pour ta gouverne.

Je ne comptais pas répondre, pas cette fois. Mes doigts passaient dans mon noeud de cravate pour soulager mon cou de cette tension plus que palpable et j'arpentais cette chambre à la recherche d'un frigo. Ce genre de chambre doit bien en disposer d'un ? He tempted me to get drunk me. Chasser cette vision, de le savoir là bas, bavant devant le corps du général alors que je suis ici, loin de lui. Small scraping ! Le sang m'en bout dans les veines. Autant ne plus nier l'évidence : je suis amoureux. Ce n'était pas vraiment prévu au programme. Cet état de fait, une fois assimilé, non sans grand mal, j'en oubli le frigo pour simplement m'asseoir sur le bord du lit comme une lourde charge trop usée. Mon regard terne se lève sur Caleb, une grande inspiration avant d'oser ouvrir la bouche pour avouer.

- Je l'aime comme un fou ... Mon dieu ...

Je m'en passe une main sur le visage, dans ma nuque, lève la tête pour fixer se plafond et m'affaler le dos dans le matelas.

- Comment je vais pouvoir faire maintenant ? Je pensais être blindé, surtout après ... Après la mort de Dimmy ... Et voilà que je replonge comme un gros con. Le pire ... C'est qu'il en a rien à foutre. Il ne le voit même pas. Je pourrais bien faire voler un Zeppelin avec un néon aussi large qu'un building qu'il ne le verrait pas ...

Je me redresse, non sans grogner, lourdement, me frotte la tignasse avec cette envie de hurler ce que mes tripes gardent en elles. Mess ! Je suis foutu. Je soupire à nouveau en chassant la chose d'un geste large de la main.

- Arf ! Laisses tomber. Bon ... J'espère au moins que le repas me permettra de reprendre un peu des forces. Au fait ? Comment tu t'en sors avec ... Enfin, cela ne me regarde pas.


Dernière édition par Cristopher Wallace le Mer 1 Jan - 16:55, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyLun 30 Déc - 0:08

Caleb connaissait la maison, même sans être jamais venu. Le personnel des bons hôtels quatre étoiles ne prendrait aucun risque avec des clients tout nouveaux et complètement inconnus. Leurs moindres désirs vaguement exprimés seraient pris au pied de la lettre, mais avec toute l’élégance et le raffinement possibles. Il y aurait une rose et un dvd dans le monte-charge, ou plutôt un disque blu-ray version director’s cut, couvert d’extraits élogieux issus de divers organismes culturels, et de la liste des récompenses obtenues aux divers festivals de cinéma. Peut-être un truc d’arts et d’essais. Il ne serait pas contre une bonne séance interminable de prise de tête scénaristique, surtout étant donné la carrière qu’il envisageait à présent. Il convenait de se remettre sérieusement dans la mouvance cinéma.

La casquette attira son regard et, comme s’il ne prêtait aucune attention aux plaintes de son interlocuteur en détresse, se contenta d’abord de hocher la tête distraitement en se vissant l’accessoire sur la tête, sans-gêne comme tout aristocrate en goguette dans un lieu aseptisé, presque désarmant soudain tandis qu’il adoptait une posture crâne en face d’un miroir immense. Allons, avait-il l’air d’un bad boy marseillais ainsi ? pas de ceux qui venaient dîner à la maison avec son grand-père, en tout cas. Un petit soupir de déception, une volte de la main, et la casquette retourna s’écraser où bon lui semblerait. Il avait réglé la télévision sur une chaîne de musique pop allemande, pas seulement au hasard ; les sonorités disco d’une légèreté discutable lui rappelaient quelque chose et il se félicitait d’être tombé là-dessus. Sa jubilation restait cependant aussi discrète que son intérêt véritable pour leur conversation. Néanmoins, c’est bel et bien au coude à coude avec le styliste qu’il vint s’asseoir, attentif et dépourvu de toute once de moquerie, ses yeux sombres ouvrant leurs ovales en amande pour le dévisager d’un regard étincelant.

« Vous avez déjà essayé de laisser ce téléphone éteint, cher associé ? Toute une soirée, pour vous détendre et ne penser qu’à vous ? Je fais ça très bien, ne penser qu’à moi, je vous montre si vous voulez. »

Ils étaient d’âge à se vouvoyer, malgré leur fraternité actuelle c’était un jeu amusant et il y reviendrait toujours de temps en temps, quelle que soit l’attitude adverse. Sa main rampa sur le lit en faisant mine de marcher de ses cinq petites pattes, et il rafla vivement l’appareil avant que son lanceur ait le temps de se raviser et de le récupérer. Lui-même possédait naturellement un téléphone neuf, mais n’avait aucune envie d’aller fouiller ses valises maintenant, alors qu’une solution de moindre effort se trouvait juste sous ses yeux.

« Par exemple, vous avez la nuque raide et l’esprit tendu, dans ces cas-là… Nous avons bien une petite heure tranquille d’ici le dîner ? Je te le rends tout de suite, ne t’inquiète pas. Oui, allo ? »

La chanson s’égrénait à côté, entêtante comme le cri d’un oiseau exotique, et il faut reconnaître que les clips de SIN WITH SEBASTIAN… tu parles d’un nom de groupe… évoquaient précisément ce type de volatile. Et dans un recoin de son esprit, Caleb espérait que son ami allait prêter une vague attention à la chose ; comme il se doit, cette bonne vieille pop allemande était formulée dans la langue de Shakespeare. Fuck you ! I am in love with you... Waiting for your calls, I'm human after all. You got me by the balls, don't you dare to let me fall. Alors qu’il passait commande, en employant des noms et des termes qui laissaient à supposer qu’il s’agissait de sushis, le vibreur annonçant un nouveau texto lui résonna dans l’oreille ; sa grimace aurait été à peindre mais il ne se laissa pas désarçonner un instant, se contentant de se lever pour marcher autour du lit, au cas où un certain styliste transi d’amour ait l’intention de lui sauter dessus pour reprendre son bien, et lire son message, ou simplement l’empêcher de le faire. La communication terminée, il hésita puis lui rendit le téléphone sans jouer les indiscrets. Pas vraiment un scrupule, non… plutôt une longue habitude qui lui permettait de deviner sans regarder.

« Il se demande pourquoi tu ne réponds pas, alors il te relance. Sincèrement, à cet âge mental, le sens du mot amour ne doit même pas encore l’effleurer. Si tu as des années à perdre, pourquoi pas... ou s'il apprend vraiment très vite... Mais c’est un pays libre, l'ami, et je ne suis pas ta mère ! »

{Pour plus de précision, le message qui l’avait fait sursauter contenait effectivement un petit mot d’inquiétude formulé en ces termes : « Vous faites quoi ? Tu vas faire une sieste ? Fais de beaux rêves mister Wallace, on te fait plein de bisous ♥ » et assorti d’une petite photo numérique ; la babysitter improvisée posait tête contre tête avec son petit protégé hilare, leurs grands yeux bleus fixant l’objectif comme quatre pierres précieuses, seul point commun qu’ils ne devaient pourtant à aucune parenté par le sang.}

« Personnellement, tout va à merveille. Jay et moi sommes deux adultes décontractés, avec des plaisirs simples, qui savent ce qu’ils veulent. Aucune contrainte, que de bons moments. Et nous avons la même orientation sexuelle, un point commun éminemment appréciable. »

Malgré lui, le Français se passa la langue sur les lèvres, l’air rêveur, ruinant tout l’effet du langage soutenu et des sous-entendus qu’il venait d’aligner. Aucune importance, Cristopher n’était pas de ceux sur lesquels il cherchait à produire un effet ou une influence quelconque, il savait que s’il souhaitait quelque chose, il pouvait simplement le lui demander gentiment et ce dernier se couperait en quatre pour lui rendre ce service. Etrange, mais bien agréable. Si plus de monde avait fonctionné ainsi, la vie aurait été bien plus simple et surtout moins coûteuse. Sans doute existait-il de petits villages du fin fond de l'Ecosse où l'on pouvait encore vivre de cette manière.

« ...mais, oui, ne me fais pas parler de lui, sinon ça va dégénérer ! On a toute la soirée, cher associé. Prenez donc une bonne douche chaude avant que ces dames ne nous rejoignent. »
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 3 Jan - 22:35

Hey! What's he doing ? Que Caleb me "vole" ma casquette me fait hérisser le poil : Si il y a bien un objet que je ne supporte pas que l'on m'emprunte même à courte durée c'est précisément celui-ci et cela se lit clairement dans mon regard foudroyant et ma bouille de joues gonflées digne d'une marmotte que l'on aurait vexé. Vous voyez le tableau ? Je suis même la course de mon couvre-chef sacro-saint jusqu'à ce qu'il atterrisse sur le bord de la chaise pour mieux dégringoler et finir platement sa course comme une vulgaire serpillère, dos contre la moquette. Je me lève d'un bond du lit, va jusqu'à l'épave de mon estimable couvre-tignasse, l'époussette sur ma cuisse, lisse ma visière comme j'aurais à caresser la cuisse d'un homme -avec beaucoup d'amour dedans- N'en déplaise à ce Français de malheur, pour la reposer dignement, avec grâce, à sa place initiale qu'elle n'aurait jamais dut quitter.

- Laisser le téléphone éteint ? Tu n'y penses pas ? Il serait capable de prendre l'avion jusqu'ici rien que pour savoir pourquoi je n'ai pas répondu !

Dis-je en roulant les yeux comme si cet état de fait était plus que probable voir même envisageable au plus haut point. Bien que j'admette que le Français n'a pas tors. La télé s'allume sur de la musique, contestable d'un point de vu étique, je suis resté très rétro dans mes choix musicaux concernant ma patrie, principalement des tubes de surfeurs, quelques country de Yankee, autant dire que cette chanson là ne me fait que hausser un sourcil sur le kidnapping de mon fameux téléphone portable par monsieur le serpent. Il porte bien son nom, croyez-moi, avec sa belle langue fourchue. Dire que Dustin me dit de m'en méfier ... The good joke ! Je tique un peu en sachant déjà ce que la vibration annonce. Oui bon, le Français marque un point, je pourrais effectivement passer ma soirée autrement qu'en répondant à chacun des Sms de Dustin, histoire de voir si il prendrait réellement l'avion. Vous croyez que je tente la chose ? Fucking thing ! Hors de question ! Bien que j'approuve Caleb mais en récupérant vivement mon bien tout aussi précieux que ma casquette à savoir : En lui arrachant des mains dès qu'il a finit et tout ceci pour lire mon message en tirant un bout de langue en coin, rien à foutre visiblement de ce que peu bien comprendre où non Caleb, Dustin ou Tartempion qui chante à la télé.

- Une heure ? Parfait !

Et voilà que je compose ma réponse sur mon petit clavier en espérant que ça rentre tout dans le petit carré avant l'envoie.

{Mon blond ♥ Caleb s'ennuie de son copain punky drogué, je veux prendre ma douche mais il veut venir avec moi dessous. Tu veux pas calmer le vampire ? J'ai peur @@. Je déconne !!! Au fait ? Je t'aime ... I really love you et ça c'est pas une connerie.}

Touche envoie, regard malicieux sur le Français qui ne se doute certainement de rien, sourire ravageur de celui qui vient de commettre une boulette. Vous savez ? Ce genre de visage niais de l’innocent les mains pleines ? Et bien c'est la tête que je fais en ce moment en l'écoutant à moitié. Je tourne le portable face à ces yeux pour lui montrer la photo du petit prince noir avec ses yeux bleus à faire gagatiser même les gros serpents à sonnette -Si si ! Je suis sûr !- y compris comme Caleb. He's too cute this kid.

- Hey ! Regarde tonton ! Il est beau le petit ! Hein ?

Petite pique au passage pour lui rappeler son statut dans le troupeau. Well done ! Il ne l'a pas volé celle là. Et mon sourire s’élargit de plus belle en l'entendant minauder sur le fameux Jay. Ha ! Mais vous ne connaissez pas encore Jay, c'est vrai. Vous avez le temps, je vous rassure. Imaginez simplement un homme de Neandertal tatoué avec une espèce de pagne en poils d'écureuil. Ça y est ? Vous le visualisez ? Et bien c'est Jay. Cela résume assez le gaillard, il faut l'avouer et comme je tiens à ne pas être le seul à discourir de nos surprenants amour, je regarde Caleb d'un air totalement innocent, clignant des cils, presque suppliant.

- Allez quoi ! Sois pas vache ! Racontes moi ? Tu l'as connu comment ? Il est bon au pieu ? Avoues ! De toute façon on entendait presque tout dans ta maison, les cris surtout, le charabias un peu moins mais ça criait ...

Comment cela ? Real bastard ? En prime, je glisse mes doigts dans ma cravate pour la retirer, un petit clin d’œil vers Caleb qui se lèche définitivement la lèvre pour ajouter un peu de piquant à la chose.

- J'ai le temps pour la douche et puis ce serait amusant, même excitant de se raconter nos ... petites sauteries ...

Bon d'accord ! J'admets ! I'm a son of a bitch. J'assume.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 4 Jan - 1:03

Un petit haussement de sourcil gauche : non, ça, Caleb n'avait jamais compris. Qu'on s'attache à une personne, passe encore, la chair est faible. A un animal... il pouvait presque le concevoir, étant donné sa gémellité quasi totémique avec son serpent - c'est bien pourquoi il avait toléré la lubie des molosses de la SPA grouillant dans sa baraque de Louisiane. Mais un objet ? On en avait autant qu'on le voulait, des casquettes ! Il suffisait de s'en acheter un dressing entier, et de s'y balader tous les matins comme dans une caverne d'Ali Baba en faisant le choix qui correspondrait le mieux à son humeur du moment, où était le problème là-dedans ?

« Tu baises en casquette aussi ? So glam. Bah qu’il débarque, je serais curieux de vous voir à l’œuvre. Voir qui mène le tango surtout. Mais honneur aux dames : leur salon n’est qu’à un pâté de maisons, j’insiste pour qu’on se douche avant leur arrivée. »

D’une main leste, Caleb attrappa son interlocuteur par la boucle de sa ceinture, l’entraînant à reculons dans sa propre salle de bain tout en défaisant lentement l’accessoire. Il ne quittait pas de ses yeux insondables le regard trouble et fuyant qu’il s’attendait à rencontrer chez un alcoolique, curieux d’en interroger les profondeurs. Ils jouaient tous les deux la provoc, mais lequel irait le plus loin ? Lequel avait le plus à miser, le plus à perdre ? Décidément, il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas mis les pieds dans un casino. Le jeu de l’adversaire, en tout cas, semblait faible, car il jouait des atouts bien dérisoires, ce n’était certainement pas le poupon bavouillant sur la photo – non, l’autre – qui aurait le pouvoir de lui faire perdre ses moyens. La preuve : il l’avait gardé sur ses genoux pendant toute une émission de télé débilisante, et il avait conservé tout son cynisme intact. La couche pleine y avait bien aidé, il fallait le reconnaître.

« Allez… tata, au bain ! Je te raconterai ce que tu voudras. Tsss, en être réduit à écouter mes ébats et à te les faire raconter, à baiser par procuration, à ton âge… »

Cependant, à l’autre bout de la communication textophonique, une créature blonde et diaphane, quelque peu échevelée par une partie de chatouilles, lisait et relisait un message comme on décrypte la Pierre de Rosette, attelé à lire un code hiéroglyphique auquel sa formation d’espionnage militaire ne l’avait aucunement préparé. Cette fois, il mit un assez long moment à répondre, et comme s’il s’était brûlé à l’usage de certaines armes trop puissantes pour ses mains de bureaucrate, il n’avait pas osé décorer son message de petits dessins et autres signes de connivence.

{Si c’est pas des conneries, tu me le rediras en face. Préviens ton vampire que je vais tout balancer à Jay, ça le calmera peut-être.}

Et il ne bluffait pas. Quelques secondes après, le téléphone se mettait à sonner. Caleb, qui en était à retirer son propre pantalon, dernier vestige de sa respectabilité en chute libre, ricana mesquinement en supposant qu’il s’agissait d’un innocent petit blond en plein trip de domination cybernétique sur sa victime consentante à casquette. Il ne pouvait pas se douter que ledit petit blond, bien plus machiavélique et déterminé qu'il ne l'imaginait, avait proposé à Jay de donner son avis sur la question, de vive voix ; eh oui, un homme de Néanderthal, ça ne sait pas écrire. L’ex-patineur replia son vêtement avant de l’accrocher sur un porte-serviette vide, et s’inclina sur la confortable baignoire où il s’apprêtait à prendre ses aises, laissant à son colocataire le choix de se contenter de la douche voisine ou tout simplement, de le rejoindre. Le provocant mais assez sportif jockstrap à bandes croisées qui couvrait ses parties les plus personnelles s’exhiba sans gêne aucune, tandis qu’il se penchait pour interroger du regard le mitigeur, et commencer à régler la température de l’eau.

« Les enfants ne devraient pas être couchés, à cette heure-ci ? Allez, je commence mon histoire, t’as qu’à mettre le haut-parleur, ça l’aidera peut-être à s’endormir… C’était par une nuit de juillet, juste après mon mariage avec Selma. »

Que de souvenirs... La première fois qu'un ami d'ami lui avait glissé discrètement dans la main la carte de cet établissement choisi... La première fois qu'un taxi l'avait conduit dans cette ville, ce premier cercle des Enfers où il avait d'abord bu un verre de grand prix au bar luxueux et décoré avec élégance... La première bravade, lorsqu'il avait décidé que, pour sauter le pas, il lui fallait non pas le meilleur du meilleur, mais le pire du pire. La façon qu'il avait eue de détailler ses goûts de compagnie pour la soirée, ou son regard peut-être, avaient immédiatement fait comprendre que, pour ce soir au moins, Marko serait son homme idéal. Et ils connaissaient leur rayon, les salauds...

«  Je passais mon voyage de noces en Russie, on visitait tous les hauts lieux culturels et… comment te dire, les musées, ça commençait à me faire chier. Alors je suis parti de mon côté et j'ai atterri sur les genoux de Jay, tu vois ce que je veux dire ? Et comme tu te posais la question, on n'y est pas trop mal assis, vraiment. ♥ »
Envol du jockstrap, fesses à l'air un instant, et disparition dans l'eau chaude. Seigneur que cela faisait du bien !
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 4 Jan - 6:17

It's a once in a lifetime opportunity ! J'éclate de rire à la question du Français. Même pas la peine d'espérer un temps soit peu que je ne dénonce pas quelques pratiques scabreuses coiffé de ma magnifique casquette cependant it's exceptional . Il ne faudrait pas que Caleb en prenne la fâcheuse habitude. Okay ! La jovialité et la joute amicale ayant repris un tournant capital pour ne pas dire vengeresse et ma nature adorant les défis quels qu'ils soient, sans compter mon haut degré d'humour en ce qui concerne de mettre à bas (très bas) ma réputation -A ce niveau, je suis champion number one- Autant dire que je prends un malin plaisir à rétorquer entre mes rires.

- Tu n'as pas idées des effets stimulants que peut avoir un couvre-chef, très cher Caleb et je serais ravi d'en démontrer tous les atouts en situation. Oui oui oui, sentons bons pour les dames à gros lolos.

Je me laisse aisément guidé par le serpent qui s'empresse de retirer ma ceinture après m'avoir trainé à la salle de bain sans aucune résistance de ma part -notez bien cette information- Et j'en défais lentement les boutons de ma chemise que je fais ensuite glisser de mes épaules jusqu'au sol sans une once de honte ni même d’appréhension. I never back down from a fight ! Ce n'est pas des atouts que j'ai dans mes mains mais toute une flopée de Joker face.

- Y a pas d'âge pour se faire du bien quelque soit la façon ... Petit.

You should not play this game with me, I'm unpredictable. Caleb va l'apprendre à ses dépends, surtout lorsque j'accède au petit Sms de Dustin qui me fait doucement glousser. En faite, ce n'est pas vraiment le message qui m'intéresse pour le coup mais bien un pompon blanc comme neige remuant sous mon nez à faire bander un poney. *Tu vas le voir le petit oiseau, tu vas le sentir aussi passer.* Pensais-je alors dans ma caboche qui tournait déjà un film à la limite pornographique du style : Une forêt remplie de petits papillons, un beau lapin blanc remuant son petit pompon tout innocent joue avec un gentil tigre et d'un coup, un gros homme des cavernes en pagne vient écraser un vilain serpent à coup de massue. Cherchez l'erreur ? Le téléphone sonne ce coup-ci me coupant net ma contemplation de cette magistrale lune disparaissant dans l'eau de son bain alors que je dégrafais mon propre pantalon.

- Le haut parleur ? Pourquoi pas !

Not seen, not taken, j'active sans hésitation le kit mains libres en pensant avoir Dustin à l'autre bout du fil.

- Bunny ? Tu devrais écouter ça.

Dans un premier temps, le silence se fait à l'autre bout bien que quelques brouhahas lointains de meuble, de matelas qui grince et autre filtrent pendant que Caleb commence son histoire. Je pose le combiné ouvert dans un coin de la vasque de la salle de bain, à l'abri d'une noyade accidentelle ou de projections humides malencontreuses en restant en caleçon bleu marine à cœurs roses, porte-chaussettes réglementaires au niveau des mollets que je dégrafe. On est So British ou on ne l'est pas. Et puis, soudain, on pouvait entendre ces propos Russes que je vous traduis ici même sans trucages.

Bite me [flashback/PV C.Wallace] 140104054142392787
- C'est pas qu'sur mes g'noux qu'j'vais t'asseoir si j'débarque ! P'tit con ! J'vais t'en mettre tell'ment dans ton trou d'balle qu'tu pourras même plus marcher. Et si tu t'avises d'toucher au cul d'l'aut'naz, j'te défouraille à coups d'batte. J'vais t'faire un Home-Run là d'ans t'vas voir l'travail ! J'vais tell'ment t'fourrer qu'tu pourras t'prendre pour un chou à la crème ♥ *Bruits de bataille derrière* Ta gueule ! Je cause à mon barbu !


Charmant ? N'est-ce pas ? Quand je vous disais que Jay était un Neandertal avec un pagne ... Derrière on pouvait entendre se chamailler Dustin contre le dit homme dans des charmants jurons. Je passe une main derrière la nuque, cette fois-ci à poual, pas de pitié pour Caleb avec un gros sourire équivoque.

- Inutile que tu me dises quel tango tu danses avec celui-là, Caleb.

Et bien entendu je me prends moi aussi un merveilleux et glamour " Ta gueule ! " de la part de Jay. Je fais mine à Caleb que j'allais le laisser en amoureux si il le souhaitait ? Non ! Bien sûr que non ! Je me fais simplement une place dans l'eau du bain en face de mon charmant Français, rien que pour suivre ce débat passionnant. I'm a bitch !
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 4 Jan - 14:23

C’était vraiment une salle de bains magnifique, pas trop de dorures, juste assez de chromes pour piquer légèrement les yeux, un bassin spacieux où leurs jambes entraient à peine en contact et ce, parce qu’il le cherchait un peu ; et surtout, ces gros gants de toilette en mousse alvéolée dont Caleb affectionnait tout particulièrement le contact ; il fit rapidement une débauche de gel douche moussant et commença à se frictionner joyeusement, écoutant la voix mélodieuse de son gigolo domestique manifester toute sa tendresse dans cette langue qui était la leur, malgré ses efforts pour lui apprendre le français autrefois, et l’anglais à présent. C’était toujours aussi coloré, du Tolstoï à l’état pur. De la musique aux oreilles de Caleb, adepte des extrêmes en amour comme en dépenses, qui ferma les yeux pour savourer la disparition de la fatigue du voyage, sous la caresse de la mousse légère et de l’eau chaude, et à l’écoute des deux esseulés qui se battaient au téléphone.

« Jay, ne fais pas de mal à Bunny, il n’y est pour rien. Tu lui feras un gros câlin de ma part, pour la communication. A propos, comment va mon serpent préféré ? »

La proximité du styliste américain, cette nudité bronzée par le soleil de Floride et sans nul doute encore parfumée par son air salé, n’aidait pas à la concentration ; mais il avait initié le jeu, il convenait de le poursuivre en beauté. Il savait pertinemment que la possibilité de câlins entre son brun et le blond de Cris n’était pas à exclure en cette période de disette. Après tout, il avait recueilli le tatoué au sortir d’un établissement de plaisirs libertins dont le jeune militaire avait été client ; ils s’étaient probablement testés mutuellement une fois ou deux, surtout que Caleb avait rapidement compris à l’usure que, sous ses dehors sages voire timides, Dustin cachait un véritable déluré qui se déchaînait parfois avec l’énergie du désespoir, comme si sa vie en dépendait. Un partenaire aussi sauvage que Jay aurait été parfaitement compatible avec cette attitude, et il voyait tout à fait le tableau, sans en éprouver aucune jalousie heureusement – il savait fort bien qu’il était plus intéressant que le gamin, plus élégant, plus expérimenté, plus riche, plus irremplaçable, et surtout que Jay avait développé à son égard une forme particulière de fidélité, celle qui pourrait se tisser entre une tenancière de maison close portuaire et un marin qui revient toujours au port, tôt ou tard, l’air faussement négligent, pour se plaindre de toutes les femmes qu’il a fréquentées au cours du trajet.

Non, s’il soulevait mine de rien cette proposition, c’était surtout pour entendre les beuglements scandalisés du bagarreur à l’horizon, les couinements du petit lapin en émoi, savourer les réactions de ce cœur d’artichaut assis en face de lui dans l’eau rendue opaque par les savons parfumés, surface sous laquelle il s’en donnait à cœur joie ; comme on dit vulgairement, il lui faisait du pied. Abandonnant la langue de Tolstoï, il donna quelques nouvelles en anglais, histoire de faire travailler les deux compères ; l’un plus que l’autre, certainement, mais les quiproquos l’amusaient davantage qu’une compréhension immédiate.

« Nous, ça va, la ville est sympathique à première vue, un petit endroit tranquille juste comme il faut. On prend un bon bain tous les deux, puis on va profiter de quelques massages relaxants… et ensuite, au lit ! »

Le clin d’œil ne pouvait pas être transmis par le biais du téléphone, mais le petit blond se doutait quand même de quelque chose car il reprit brièvement le combiné pour intervenir.

Hé c’est mon téléphone ! Vous êtes ensemble à l’hôtel ? Je veux dire, vous vous douchez ensemble ? J’entends de l’eau ! Et c’est quoi cette histoire de massage, vous n’êtes quand même pas descendus dans un hôtel de charme, on n’a pas de quoi faire ce type de dépenses en ce moment, et puis c’est dangereux, c’est comme le complexe autour du casino où vous alliez toujours, monsieur Silber- pardon, monsieur Griffith. Je veux dire, c’est tenu par la mafia et on est censés se tenir à l’écart de la mafia !
Se... Cris ! Ramène-le à la raison !

Oh, mais c’est qu’il était tout énervé le bunny boy. Il ne lui fallait pas grand-chose à ce petit bonhomme, c'était charmant. A la réflexion, Caleb était ravi de cette petite intrusion dans leur tête-à-tête humide, cela ajoutait une dimension de risque non négligeable : qui sait si ces deux affolés n'allaient pas effectivement sauter dans un avion ? Mais ils n'avaient pas le temps de se prêter à ces petites taquineries trop longtemps ; l'ancien sportif se leva pour se rincer, déployant son corps sculptural pâli par la vie nocturne, sous la peau duquel saillait une musculature fine, entretenue par pure coquetterie. La pudeur ne faisait partie de ses principes que lorsque la galanterie française la commandait, c'est pourquoi il alla passer un peignoir en sortant du bain ; mais Cris n'était pas une dame, et eut donc tout loisir d'apprécier le spectacle, légèrement rehaussé par l'effet incontournable que lui faisait toujours la voix rauque et grincheuse de son homme préhistorique évoquant leurs exploits avec son talent de conteur naturel. Une légère raideur, sans plus, rien qui puisse gêner la séance à suivre, mais il ne pouvait la nier et n'en avait d'ailleurs pas l'intention.

« Termine tranquillement, prends ton temps. J'accueille nos charmantes visiteuses si elles arrivent, compte sur moi. Jay ? Je t'embrasse en te déshabillant très lentement après t'avoir menotté. Fais de beaux rêves ! »
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyMar 7 Jan - 14:13

Pas de gant pour ma part, ma main étant le meilleur moyen d'enlever ma crasse corporelle salée par l'eau de mes mers et légèrement chauffée par les derniers rayons de Floride. On ne peut pas dire que cela ne faisait pas du bien, loin de là. Les courbatures des longues heures de vol s'échappaient avec peine dans cette détente relative bien que la conversation entre le Français et son Bad Boy prenait un tournant douteux. Doute qui fut bien vite levé par Mister Naz' alias Jay dans des rires. Je en savais même pas qu'il était capable de rire d'ailleursr. Je plisse un peu le front et observe Caleb qui semble comme une coq dans une basse cour.

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- T'inquiètes ! J'bande tous les matins en pensant à ta gueule, plus b'soin d'cachet bleu *Gloussements* Mais c'est p't'être de l'aut' serpent qu'tu causes ? Ouai il va bien, il s'emmerde un peu, comme moi quoi. *Grognement primaire* C'est des coups d'queue qu'il mérite le p'tit blond, l'tiens plus en place ... Ouai ouai j'te l'file va .. Hey ? Oph.. Caleb ? ... C'est moi qu'vais t'attacher. Profites des masseuses mon p'tit cul mais tu m'en gardes un peu hein ? Je te r'phonne ce soir ♥

Bien entendu je ne l'entends pas vraiment de cet avis.

- Jay ! Pas toucher !

Et je me reprends un merveilleux et magnifique "j't'emmerde gros naz" Avant d'entendre la magnifique voix de Dustin largement plus bandante -en tout cas pour ma part- Chacun ses goûts n'est-ce pas ? Total panic ! Il fallait que je m'y attende. je me savonne massivement pendant que Monsieur Snake fait son numéro. Je ne peux pas vraiment dire qu'il n'est pas à mon goût à en croire la légère montée d'un pic heureusement camouflé par la mousse et l'eau, une main sur le guidon du manche pour lui intimer l'ordre de redescendre de quelques degrés. Bastard ! Dommage qu'il y ait les masseuses dans l'équation, je me serais bien occupé autrement pour passer les dernières traces de l'avion dans un moment beaucoup trop inavouable. It's a psychological torture. Bon oui, Dustin a eu nombreux amants, ce ne fût pas mon cas et autant dire que ma disette à moi dure depuis quelques temps déraisonnables avec ma veuve poignet pour seule compagnie. Et bien que je ne lâche rien du spectacle offert, je reste décontenancé à savoir que rien ne se passera dans cette chambre. Allez savoir si ce n'est pas la menace de la fameuse massue tenue par Jay qui m'empêche de franchir cet interdit là. Fuck ! Je n'ai même pas envie des masseuses pour le coup, un brin dégoûté.

Une fois cette dure réflexion faite, je me concentre sur la seule voix de Dustin en panique pour tenter de reprendre un minimum les choses en mains -et je ne parle pas là du guidon-


- Calmes toi, Bunny ! Ce n'est qu'un bain, rien de plus. Caleb a fait quelques frais, je ne compte pas me faire masser, je te rassure. Et non, on a chacun notre lit. Tu peux même vérifier la réputation de l'hôtel, Bunny, pas de mafia, pas d'hôtel de charme. Mais si tu préfères que je sorte à cette heure-ci, courir les rues pour trouver un pont pour y dormir, pas de soucis.

Voilà, je suis noué à la nuque, se me masse l'arrête du nez pour vite chasser les images scandaleuses qui me viennent en tête, calmer mon envie foudroyante de me barrer à toute vitesse de ce merdier innommable, sans compter l'envie de vite m'enfermer ailleurs qu'ici. Non, vraiment, ils n'ont aucune pitié pour moi, aussi gamin l'un que l'autre à différents niveaux. Je suis même agacé et cela doit s'entendre.

- Bunny ? Comment veux-tu que j'arrive à le raisonner ? Même Jay n'y arrive pas ! Je ne suis pas son père. De plus les économies : c'est moi qui les ait. It's good ? Calmed ?

Un profond soupire marque mes propos, je sors du bain définitivement stressé et je doute que les masseuses arrivent un temps soit peu à y faire quelque chose. Je choppe une serviette, m'essuie prestement, l'enroule à ma taille, excédé. J'entends encore un peu de brouhaha, des murmures d'une discussion lointaine puis à nouveau Mister Neandertal au téléphone.

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- Okay. Passes le moi. *Tapotement de doigts sur un meuble* Ophy ? Déconnes pô trop, t'sais bien qu'j'te fais confiance mais les zozios là sont sur les nerfs, l'petit y va aller voir l'général et tu connais l'général, si y s'met en pétard t'as son aut' trouffion qui va être encore plus en pétard, ça va finir en baston. T'sais, j'suis pô contre leur mettre une tôlée à ces musclors mais vont m'fracasser la gueule et la tienne avec. Chais pô si t'as vu l'molosse en action et j'tiens pô vraiment à t'retrouver en bouilli dans l'canivau quand j'vais v'nir. Z'ont pô confiance les deux musclors ...

Autant dire que je suis relativement surpris, Jay marque un point mais est-ce suffisant ? Je m’assois sur le bord de la baignoire, j'attire la hanche de Caleb vers moi, histoire de le retenir un peu. Whore ! Ce léger contact arrive à me faire électrifié la colonne vertébrale. Et là, je ne sais pas vraiment ce qu'il m'a pris, un coup de folie sans doute, à moins que je ne cherchais purement à trouver un "moyen" de le rendre raisonnable ? Je n'en sais rien, je ne pourrais pas le dire à l'heure actuelle. Je l'attire encore, des deux mains, sa peau est encore humide, et c'est ma bouche qui rentre en contact avec ses abdos, j'en ferme les yeux, me fait une raison explicable quand il n'y en a pas. Je relève le nez, l'observe tristement. Juste une fois, pour une fois, je prie qu'il n'y voit là qu'une façon tout à fait contestable mais honnête de lui faire écouter autre chose que le doux appel des masseuses ou des élucubrations dont il a l'habitude d'être régit. Juste pour une fois, une toute petite fois, se détendre sans penser à la Russie, sans penser à Dustin ou Jay, juste deux hommes seuls dans un hôtel à la recherche d'une grande baraque pour sécuriser tout ce beau monde dont on a la charge. Mes bras l'enlacent à la taille pour conserver encore cette étrange intimité, mon regard doré dans les azurs du Français.

Is it so difficult ? Finally ?


Dernière édition par Cristopher Wallace le Ven 24 Jan - 13:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyMar 7 Jan - 16:14

Tout était parfait dans cette soirée, le doux cocon de fatigue qui résultait du voyage, et qui dispensait des addictions habituelles liées au trop-plein d'énergie, le démon du jeu notamment ; les environs et leur architecture, les physionomies des habitants croisés en route, la courtoisie de la circulation routière ; et à présent, cet hôtel magnifique au personnel charmant, ce peignoir des plus agréables à la peau et la douce voix mélodieuse d'un certain Jay dans le combiné, si plaisante à retrouver après ces quelques heures de séparation. Caleb était sur un petit nuage, tandis que son reflet dans le miroir lui renvoyait le regard bienveillant d'une appréciation esthétique totale. Mais il semblait bien que tout ne soit pas aussi idéal pour son compagnon de chambrée. Dans sa voix et sur son visage, il lisait la tension, une sorte d'angoisse, un manque, un chagrin mal dissimulé. Seigneur, et lui qui était à mille lieues de pouvoir s'identifier à un état d'esprit pareil. Le langage des gestes seraient certainement plus efficace.

"Allez, ça nous a fait plaisir de vous parler un peu, et j'espère que vous êtes rassurés ! Maintenant il faut qu'on vous laisse, nos invitées sont à la porte. On vous donne des nouvelles dès qu'on a trouvé une jolie maison !"

Le petit blond attaquait une riposte indignée lorsqu'il éteignit purement et simplement l'appareil, rétablissant dans la pièce un silence que ne troublaient que l'eau agitée dans la baignoire de luxe, leurs respirations à tous les deux, et en tout cas, aucune tentative d'invasion par un couple de thaïlandaises en tenue traditionnelle de salon touristique. Pas pour le moment. Mais elles se présenteraient certainement dans les quelques minutes suivantes, et peut-être plus tôt que prévu... Caleb n'avait pas tout à fait menti. Il voulait surtout mettre un terme à ces éclats de voix perçants qui semblaient à chaque fois se planter dans le cœur de son ami comme autant d'épingles empoisonnées. Le baiser sur sa peau l'avait laissé paralysé quelques instants, presque empathique, un effet que les discours n'avaient jamais pu avoir sur lui et que seuls certains contacts avaient une faible chance de déclencher. Leurs yeux se croisèrent et il s'inclina pour passer sa main humide dans les cheveux bruns, pousser d'un baiser ce regard à clore ses paupières sur son infinie mélancolie, qu'il ne pouvait se résoudre à partager. Il ne se posa pas vraiment de questions : un baiser pour l'oeil droit, un pour l'oeil gauche, et tout naturellement un pour les lèvres.

"Je les emmerde tous, la confiance ça se gagne. Cette baraque qu'on va visiter demain, c'est un vrai château-fort, ils pourront jouer aux petits soldats tant qu'ils voudront. C'est une promesse, d'accord ? Vous n'avez plus qu'à vous détendre, cher associé."

Ils avaient l'air malin, agenouillés sur ce sol blanc et lumineux comme deux créatures bizarres en pleine évasion d'un labo gouvernemental, chacun apportant avec lui son unique mélange de dons magiques et de tares autodestructrices, chacun cocktail potentiellement mortel pour qui oserait y plonger ses lèvres. Caleb eut envie de relever Cris, peut-être parce qu'il avait lui-même besoin d'être relevé, et que cela lui en donnait l'impulsion. Un bref instant, le vide qu'il lisait dans les prunelles fauves l'envahit à son tour, mais il le repoussa. C'était un interdit quasi religieux chez lui : il ne se laissait pas aller à ce type de sentiments. Dès qu'ils furent à nouveau debout, comme deux hommes adultes et sobres qu'ils étaient, il enveloppa de ses bras souples et impérieux, retenant encore leurs forces comme les anneaux d'un serpent, la taille de son compagnon de voyage dont il reprit les lèvres avec davantage de hardiesse cette fois. Ils étaient encore délicieusement tièdes du bain qu'ils venaient de prendre, comme deux gâteaux tout juste sortis du four. Son approche sensuelle du monde était comblée par cette douce étreinte, et il appréciait tout particulièrement de se sentir désiré ; mais il n'y avait pas que les corps dans la vie.

"Tu vas te faire masser, je te dis : c'est de ma part, la demoiselle n'est qu'un intermédiaire. Ensuite on va manger ton meilleur repas depuis des mois, à part les frites de maman, bien sûr. Et ensuite on glande devant la télé jusqu'à ce qu'on ait sommeil, et au lit. Moi, ça ne me pose aucun problème de dormir avec toi."

Il ne s'était pas montré si affectueux, gratuitement en tout cas, depuis un moment. A vrai dire, il se sentait étrange, mais bel et bien placé sur le chemin exact où sa relation particulière avec Marko l'avait lancé. Un renversement s'était opéré à son insu et à présent, il était trop tard pour faire marche arrière : après avoir été longtemps le type souriant et fascinant, qui se retournera tôt ou tard pour te planter ses crocs dans le dos, il était devenu le provocateur aux plaisanteries douteuses, qui finira, face à l'adversité, par tendre la main à celui qu'il semblait persécuter. Il devenait quelqu'un de bien. La métamorphose n'était pas achevée, loin de là ; il en était encore à s'extraire de son ancienne peau pour laisser cette mue écailleuse derrière lui, et profiter de sa nouvelle liberté. Mais il sentait que le processus était en cours et il n'avait ni la force, ni l'envie d'y résister. Ce clan qu'il voulait installer à Town Square n'existerait, et il n'y trouverait sa place, qu'à condition de devenir cet homme, et à cette seconde alors qu'il plongeait une main caressante dans les cheveux de Cristopher Wallace, il savait que c'était ce qu'il voulait. Cette vie-là, et aucune autre. On dit que les serpents aiment la chaleur, et il ne se contentait plus de celle du soleil, celle que l'on reçoit passivement. Lui-même offrait une certaine chaleur dans le murmure qui se poursuivait, avec le frôlement de ses lèvres et de son souffle, contre l'oreille et le cou de l'homme qu'il tenait dans ses bras.

"Et tu sais, ton Bunny Boy... je vais t'aider à lui écrire une lettre, tu lui liras ou tu lui enverras, selon ce que tu te sens capable de faire. Tu peux me croire : le bonheur, c'est aussi simple que ça."

Devant l'hôtel, les charmantes employées de Wat Pho Kathoey se firent ouvrir la porte sans difficulté, dans la mesure où leurs services étaient fréquemment requis par les personnes d'un certain budget faisant escale en ville ; c'est d'ailleurs ainsi que Caleb avait pu vérifier leur réputation, leur salon étant référencé sur des sites de notation de services où il avait pu constater qu'elles charmaient, de manière générale, les businessmen et autres voyageurs fortunés qui s'étaient remis entre leurs mains. Elles pratiquaient trois types de massages : antistress, médical et intime, selon les deux méthodes royale et populaire, impliquant différents nombres de doigts et de pieds. Leur taille relativement haute pour des ressortissantes asiatiques et leur port de mannequins firent quelque peu jaser les employés sur leur passage, mais elles n'avaient d'yeux que pour l'ascenseur qui les conduirait à leurs nouveaux clients, curieuses de découvrir ces charmants spécimen qui avaient trouvé moyen de leur adresser un compliment en français - il faudrait d'ailleurs qu'elles demandent ce que signifiait exactement cette formule, à la réflexion c'était peut-être une obscénité déguisée.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyMer 8 Jan - 18:05

Failed mutual agreement. Je dois me rendre à l'évidence que Caleb a clairement décidé de profiter des masseuses. Que cela ne tienne. Je me résous à cet échec cuisant. Les baisers sont agréables, j'ai même faillit m'y perdre un peu dans cet instant de "tendresse" particulière de la part du français. Quel diable de manipulateur sournois. Je me sens comme un pantin dans les enroulages séduisantes d'un serpent hypnotique et ses crocs déversant son venin particulièrement attirant, une petite mort si douce qui galvanise le cerveau et l'outil galbé en tour de Pise entre les serviettes et les peignoirs. Residual fabrics which separate us. J'en maudis mon corps encore contraint des heures de vol interminables de faiblir ainsi pour quelques caresses buccales désinvoltes qu'il ne cesse d'apprécier, de réclamer avec l'ardeur d'un amant séquestré.

Je me redresse, sans peine, l'étreinte d'un tigre et d'un python en seul spectacle pour un portable enfin éteint. Je m'attends à avoir encore nombreux messages, nombreux appels insistants, les pleurs et les crises de Dustin à affronter avant de pouvoir m'endormir du sommeil du juste. Et bien que j'écoute les délices de cette voix susurrant. Nahash conduit Adam à la perte, au doux attraits du fruit défendu. Il me faut une volonté de tout les diables pour y résister. Un soupire d'aisance marque la fin de toute résolution, de toute réflexion, de toute possibilité de fuite.


- D'accord ...  

C'est bien tout ce que j'arrive à prononcer, définitivement Hors Service, un besoin urgent de boire en bouche, de me poser dans un fauteuil, de sombrer dans l'abime de la nuit. Un sourire, léger, sur mes lèvres à l'évocation d'une couche probablement des plus agréables. Je sais à présent que le serpent ne me lâchera pas de si tôt tant qu'il ne sera pas parvenu à ses fins. Le rappel soudain de ces femmes qui allaient faire office sous peu réussit à lui seul à me refaire prendre surface, un court instant.

- Je ne laisserais pas une seule de ces femelles me toucher ... Libre à toi d'apprécier leurs talents mais ne comptes pas sur moi pour laisser une seule d'entre elles poser ses mains sur moi. Est-ce clair ?

Je crois que c'est bien la seule chose que je refuse en ce bas monde. Hors de question que je change d'avis sur ce point. Même ma propre mère n'est jamais arrivé à me faire des câlins, trop sauvage. Selon mes psys d'enfance : Appelez cela gynéco-phobie pour être tout à fait honnête. Une crainte maladive des femmes, de leur approche, de leur contacts physiques, je les considère versatiles, pire encore que ce français à la langue fourchue si appréciable dans ma bouche. Et quand bien même j'échange une dernière valse que ce soit linguistique comme corporelle que cela ne changerait pas la donne pour autant.

Et dans mon regard sévèrement fixé, c'est cette fois ci une étrange lueur de volonté qui en dégage. J'apprécie Caleb, je le respecte, il arrive même à me faire approuver cette foutue confiance qu'il s'évertue à chercher. Je sait qu'il maitrise the art of the séduction, j'aurais encore à en apprendre venant du Français mais en aucun cas il ne pourra me faire enfreindre ce seul interdit que je m'impose : Celui de toucher une femme ou qu'elle me touche. Je peux discuter avec la gente féminine, plaisanter, courtiser aussi, cela ne me pose aucun problème d'ordre moral. En ce qui concerne mon corps, son accession, son effleurement, ma peau entre en totale allergie face à ces créatures. Big milk ban to pass !

Je ne repousse pas pour autant Caleb, il n'y est pour rien. J'écoute soigneusement sa proposition, accepte même de me relever sans même rechigner, y compris de passer la nuit dans le même lit que lui. Cela ne me pose aucun problème de moralité quand bien même Dustin viendrait à me bouder ou même Jay à me "smash the head" avec une batte. Tout cela, j'étais prêt à l’affronter. It's not a problem ! LE soucis résidait surtout à cette improbable détente. Ce n'est pas Caleb qui devra répondre aux incessants appels, ni lui qui devra rassurer Dustin, encore moins qui devra passer la soirée à répondre à un portable. Et ça : C'était le véritable soucis.


- Un lettre ? Ce peut-être une solution.

Je me détourne cette fois, pour prendre l'appareil fautif, pour sûr que je dois déjà en avoir une liste à l'intérieur et sors tout simplement de cette salle de bain. Je fouille mes sacs pour me trouver un boxer propre, un quelconque t-shirt qui fera office de pyjama pour la nuit, juste de quoi ne pas heurter la sensibilité de cette gente féminine -ou même masculine d'ailleurs- J'enfile tout cela avec un certain empressement et ce coup-ci le mini-frigo de la chambre sera ouvert. J'en sors une petite bouteille salvatrice, un whisky en format 30 Cl. Perfect ! Je m'installe alors dans le fauteuil face à la télé allumé, le portable sur le dossier, la bouteille en bouche et la télécommande dans l'autre main. Let's go ! Caleb peut bien profiter de ses massages, quelle que soit la forme qu'ils prendront, ceux-ci ne me regardent plus.


Dernière édition par Cristopher Wallace le Ven 24 Jan - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyMer 8 Jan - 21:18


« Femelles… Vous avez de ces expressions, cowboy ! Si c’est pour dire des choses pareilles devant elles, abstenez-vous, en effet. J'ai dit que c'étaient des dames, rien de plus. »

Caleb avait beau être aussi bisexuel qu’un bonobo dans la force de l’âge, et aussi attiré par la séduction des nouveaux minois qu’un papillon de nuit par la lumière, le spectacle qu’offrait Cris dans le coin de son champ de vision ne pouvait pas le laisser complètement indifférent. Les jeunes femmes venaient de frapper avec une délicatesse admirable, soucieuses de ne pas déranger, et pourtant il mit quelques secondes à répondre, observant en coin la main levée pour incliner l’or liquide du whisky sur une pente descendante, le sommet du crâne encore sombre de l’humidité de la salle de bain, et les pieds croisés sur la table basse. Il y avait dans cette désinvolture négligée quelque chose d’éminemment masculin qui lui rappelait pourquoi, alors qu’il avait suffisamment d’argent pour vêtir son épouse légitime des plus extravagantes tenues érotiques, il était toujours revenu se réfugier dans les bras de Jay, au temps où celui-ci était appelé Nazar.

« Bonsoir mesdames ! Quelle ponctualité, c’est tout à votre honneur ! Donnez-vous la peine d’entrer. »

Deux créatures de rêve, soyeuses et dorées comme les défunts cheveux de ce cher Dustin, divines jusqu’au bout de la manucure, entièrement dévolues à son service, n’était-ce pas exquis ? Mais son côté capricieux ne le laissait pas en paix : il avait arrangé ce petit moment de détente entre amis dans un but de séduction avéré, séduction amicale naturellement, il n’avait aucune vue sentimentale sur son collège de recherche en immobilier ; des vues charnelles, éventuellement, mais c’était de l’ordre de l’amical selon lui, non du sentimental. Et son présent n’était pas apprécié à sa juste mesure, il était même dédaigné. Ce dédain était tout à fait sexy, et le défi appelait la riposte. Une demoiselle au chignon bien plus sage que son regard étincelant s’inclina profondément devant lui, mains jointes. La lueur bleutée de l’écran télévisé fit courir une lueur pâle sur les reflets de sa tunique traditionnelle, et malgré lui, Caleb suivit des yeux cette traînée de lumière jusqu'au bout de sa course, en se demandant avec un léger demi-sourire si elle l’avait fait exprès.

« Je m’appelle Sabai, et voici Waria. Nous serons vos accompagnatrices pour la soirée. Vous avez choisi la formule antistress, c’est bien cela ? »

« Oui, après quelques heures d’avion cela s’impose. Mon ami ne souhaite pas y prendre part pour l’instant, je vous expliquerai. »

Double inclination en rythme, tout à fait excitante dans sa sobriété proche de la chorégraphie dansée, des deux poupées automates à la grâce de félins de cour royale. Tsss… ce Cristopher maudit ne sait pas ce qu’il manque, le bougre. Mais chacun ses caprices après tout, nul mieux que Caleb ne pouvait comprendre le pouvoir d’une exigence personnelle. Il se contenta donc de demander innocemment s’il pouvait recevoir son massage sur le canapé, s’il était autorisé à retirer son peignoir une fois allongé sur le ventre, et si l’une de ces dames pouvait lui faire l’honneur de lui administrer le traitement dans le plus simple appareil. Comme il s’y attendait, elles n’avaient pas la même approche à ce sujet ; la dénommée Waria fit une petite mine et observa ses pieds, choquée sans vouloir le montrer trop vivement, la satisfaction du client avant tout ; mais il était clair que cette perspective ne l’enchantait pas. Sabai de son côté laissa imperceptiblement son sourire s’allonger vers ses oreilles menues, un rien plus loin que ne le permettaient en principe les convenances. Il y en avait toujours une qui professait cette philosophie de vie, et même si ce n’était pas celle que Caleb prenait le plus volontiers comme cavalière, c’était celle dont il se sentait le plus proche, à n’en pas douter.

« Cris ? Je ne te dérange pas ? Alors, si j’étais toi, je commencerais cette lettre par un petit mot gentil. Il risque d’y avoir des reproches par la suite, et tu ne veux pas que ton petit lapin s’enfuie traumatisé avant d’avoir lu la conclusion. Tu sais le prendre mieux que moi, qu’est-ce qui le charmerait ? »

Tout en attaquant cette conversation des plus anodines, de son point de vue de type non concerné, en tout cas, Cris s’était couché près de son interlocuteur sans vraiment lui demander son avis, étalant d’abord son corps affalé de grand hédoniste avant de laisser glisser à terre le peignoir qui le couvrait d’un voile de décence, sa nudité dorsale à présent pleinement exposée. Mais si monsieur préférait se concentrer sur son whisky et sa télé, après tout, c’était un bel exercice de self-control que Caleb - le visage à présent à une dizaine de centimètres de lui, les paupières faussement closes, surveillant l’homme en boxer à travers ses cils noirs - admirait avec une sincérité quelque peu surprise. Waria déposa sur la table basse un coffret d’huiles parfumées, et sans plus de cérémonie, s’installa elle-même à califourchon sur le client étendu, pour entreprendre une remise en place progressive de tous les points de son anatomie bouleversés par la tension du voyage. Il avait craint un instant qu’elle soit trop douce envers lui, mais ce n’était absolument pas le cas, à sa grande satisfaction. Il pouvait même sentir les ongles vernis errer contre sa peau malaxée, non sans y laisser à l’occasion une légère marque en demi-lune. Le bonheur… Quant aux cuisses finement musclées qui reposaient sur ses reins, la soie fine qui les couvrait d’une carapace couleur crème légèrement pailletée se laissait rapidement oublier.

De son côté, la demoiselle qui s’était présentée comme Sabai s’était retranchée à son tour dans la salle de bain. En y entrant, c’était une nymphe ; ce fut un elfe aux attaches déliées, à l’élégant déhanchement, qui en sortit, nu comme un ver, ayant été jusqu’à détacher sa chevelure d’un noir intense qui fouettait délicatement à chaque pas sa chute de reins légèrement cambrée. Caleb songea dans un sourire machiavélique que le moment était très mal venu pour que Cris retourne à la salle de bain : à n’en pas douter, un joli set de faux seins plus vrais que nature, prêts à trembloter au toucher comme deux ravissantes méduses en gelée presque comestible, occupaient une étagère ici ou là, à moins qu’ils ne trônent tout simplement au beau milieu du carrelage, sur une pile de vêtements traditionnels soigneusement repliés. Mais quant à ce qui se présentait maintenant devant ses yeux, contournant d’un pas silencieux le canapé pour venir refermer ses mains d’artiste sur les épaules du buveur de whisky, quant à ce reflet errant comme un fantôme aux cheveux de sirène dans l’écran lorsqu’il se faisait plus sombre, il n’y avait plus rien là qui puisse choquer le styliste le plus pointilleux qui soit. La voix, elle, n’avait pas changé : douce et chaude, teintée du sucre de la courtoisie professionnelle, un miel presque agaçant de bienveillance absolue.

« Vous ne voulez pas juste un petit massage pour détendre votre nuque, monsieur ? »
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 24 Jan - 14:08

Je ne relevais même pas, enfin presque, un léger regard en coin, rien de plus. Par courtoisie, bien que j'ignore royalement les deux présences -Ladies avait dit Caleb- qui ressemblaient bien plus à des courtisanes qu'à des masseuses. En galant homme distingué dans son superbe caleçon et Marcel, je prépare quelques boissons dont du vin pour mon cher collaborateur et traitre, et des jus de fruits pour les "Ladies" qui n'auront pas même un bonsoir de ma part. Le serpent Français s'attarde à quelques détails avec les deux femelles que je qualifierais dignes de désintérêt en ce qui me concerne. Et oui, I'm gay as a three-dollar bill et cela depuis la plus tendre enfance, autant se faire une raison. Toujours que je retourne à mon fauteuil en m'avachissant comme une masse trop lourde pour bouger, la télévision câblée sur les hits du moment, rediffusion d'un concert de Mike Jagger au programme qui ressemble à s'y méprendre à ce cher Jay.

Mon silence est symbolique, reprenant mon portable pour y apercevoir les multiples sms et messages vocaux de Dustin que je ne compte pas tous lire ni écouter pour le moment, préparant déjà dans ma caboche les mots à lui dire, les formulations qu'il serait obligé de comprendre. Le seul texto que je lui envoie après mûres réflexions sera dans ces termes:

"Rappelles-toi mes promesses. Nous seront bientôt ensembles pour très longtemps.
Je te parlerais demain, je vais me coucher tôt, je suis épuisé. Je t'aime."

Et comme mon nez et mes yeux étaient bien plus sollicités par l'écran en cristaux liquides que par la télé ou la honteuse manipulation que Caleb avait pratiqué dans mon dos à mon insu, ce n'est que quand il revient devant moi, en peignoir qu'il se chargeait de vite régler le compte que je dédaigne lever le regard en appuyant sur la touche d'envoi. Je ne peux pas nier que le spectacle est appréciable. Caleb est un très bel homme, cela me fait même sourire. Spectacle divin gâché par des bas nylon soyeux portés par une masseuse. This is a terrible shame. Je m'en délecte le temps que cela dure, il n'y a pas de mal à cela, surtout lorsque le regard est comblé par des courbes masculines déjà amplement appréciées lors du bain, je ne le cache même pas.

C'est bien tout autre chose qui me crispe sur ce fauteuil : les ongles manucurées et vernis de la fausse poupée sur mes épaules, perfide Judas camouflé sous les traits d'une femme. Ce fut un bon, léger mais visible, qui m'avait saisit au point de m'étouffer avec le restant de whisky que je dégustais. Je lève alors la tête sur cette calomnie en paillettes, fronce les sourcils sévèrement, bouche ouverte sans d'un mot ne puisse sortir. What's the fuck ? Un travesti ? Autant dire que la surprise est de taille. Je regarde alors Caleb avec un large soupire de résignation bien marqué puis me frotte le front.


- Well. Je n'ai guère le choix, mon confrère a payé le service.
Juste les épaules et la nuque, cela ira ... Merci.


Tendu comme une trique, je ravale mon égo pour cette fois. On ne peut pas dire que je sois vraiment ravi de cette fourberie honteuse et baisse les yeux sur la table basse en essayant simplement de ne plus faire cas de l'entourage proche. Je ne suis pas en colère pourtant. Je sais que le Français essaye de "bien faire", je ne lui en veux même pas. Toujours assis, je laisse simplement ces mains là s'occuper de mes épaules. Je ne pense pas que cela me tue. J'en tombe les bras de chaque côté des accoudoirs de mon fauteuil, comme si l'épuisement avait finit de m'abattre sur place, en un seul bloc d'être mou.

Je sers poliment un verre de vin à mon manipulateur habile qui semble apprécier son massage, je ne tiens pas à lui gâcher ce plaisir. Pour ma part, je me concentre un peu plus encore sur la télé et finis tranquillement cette petite bouteille salutaire qui me permettra sans aucun doute de dormir plus confortablement, d’apaiser mon esprit ne serait-ce qu'un court moment. Et si cela n'est pas suffisant, je me ferais monter une bouteille bien plus généreuse avant la fin de la soirée. Je me permets enfin cette détente que semble absolument désirer Caleb en le fixant, résolument évincé pour ne plus omettre de protestation, du moment que la chose dans mon dos se contente de masser mes épaules.


- Demain ce sera une rude journée. Ils annoncent de la neige, il faudra se couvrir chaudement. Vous avez soif ? Mesdames ? Servez-vous, c'est monsieur Griffith qui offre.

A nouveau calme et la surprise passée, je savais qu'il fallait m'attendre à pire encore dans les minutes à venir. J'attendais simplement que ce calvaire là ne dure pas trop longtemps, en secret le plus absolu, au fond de mon ambre salutaire.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyVen 24 Jan - 23:38

Très loin de là, une conversation animée, de celles qu'en ont les jeunes gens qui se font des moindres points de détail des croisades personnelles, à savoir en l'occurrence une tentative pour apprendre les bonnes manières à Jay, fut interrompue en pleine tirade sur le sens de la propriété privée dans la société occidentale. "Bunny" allait copieusement se faire charrier ce soir. Mais c'est une autre histoire, à des centaines de kilomètres plus au Sud, là où l'hiver se résumait à quelques nuages lourds de pluie, vite emportés par le vent du large. Ici, la nuit noire semait ses flocons blancs aux fenêtres de la chambre, baignée d'une lumière chaude comme l'or d'un verre de whisky.

Le froid extérieur était un ingrédient indispensable au confort de Caleb, dans une chambre d'hôtel bien chauffée ; c'était une des choses qui lui plaisaient tellement en Russie. S'ils n'avaient pas choisi cette région pour y habiter, peut-être aurait-il été tenté d'y retourner, malgré la promesse solennelle faite aux anciens mafieux de ne jamais mettre leur couverture en péril par un quelconque caprice. Il se sentait comme un prince, tout était parfait... sauf Christopher. Ce pauvre diable n'y mettait vraiment pas du sien, à croire qu'il avait oublié comment être heureux.

"Ne soyez pas si nerveux, mon cher associé, ces ladies sont des professionnelles. Elles sont recommandées par les voyageurs de la haute, et leur discrétion est assurée ; nous pouvons parler affaires sans crainte."

Discrètement, il poussa du doigt le magazine sur la table basse, pour le rapprocher du champ de vision de son interlocuteur. Il ne prêtait déjà plus guère d'attention aux animatrices de la soirée, pas davantage qu'à l'eau de leur bain précédent. En revanche, même si la discrétion de Christopher était absolue, il ne perdait pas une miette de ses regards, de ses réactions, et ne comptait certainement pas le laisser s'abrutir dans la boisson et la solitude même si c'était certainement sa manière habituelle de vivre une soirée tranquille, et surtout de se retrancher en lui-même quand une situation ne lui convenait pas. Caleb avait largement eu l'occasion de constater, au cours d'une vie matrimoniale longue et pesante, que ce n'était pas une stratégie suffisante lorsqu'on vivait en famille.

"Je ne veux pas t'imposer mes goûts qui sont un peu... branchés, je le crains. A part les fonctions matérielles de type murs solides et nombre de chambres, tu as des préférences ?"

Couché comme il l'était, il ne voyait pas vraiment les images, mais tourna une page du bout des doigts en frôlant presque sensuellement la surface glacée qui luisait d'une lueur bleutée, reflétant les images mouvantes de la télévision. Contrairement à son interlocuteur, il était ouvert aux moindres sensations de la pièce, curieux de chaque lueur, chaque contact, et le moindre bruissement attirait sa curiosité en éveil. Il admirait principalement les bruits légers de la soie autour du corps de son hôtesse, et le poids de son corps qui le maintenait aimablement en place, chaud et lisse comme une pierre polie, malgré toutes ces distractions. Une véritable symphonie de sensations harmonieuses. La fatigue et le stress de la cavale s'étaient déjà envolées. Il fit signe à la paire exotique que l'offre du monsieur boudeur était bien réelle, et regarda les mains magiques se servir à boire, laissant quelques minutes son corps exposé à l'air ambiant et aux regards. C'était le moment idéal pour attirer l'attention du jeune styliste.

"Christopher ?" chuchota-t-il en tournant son visage vers lui, tendant cette fois la main pour l'effleurer. "Vous ne m'en voulez pas, j'espère ? Il faut apprendre à vous faire du bien... ça, je vous le dis comme je le dirais à Jay, ça ne vous fait aucun bien, malgré les apparences. Il y a forcément mieux à faire dans cette pièce, j'y ai mis le prix dans ce but."

Il désignait la bouteille. Oh non, Caleb Griffith n'était pas le mieux placé pour faire la morale à qui que ce soit, il le savait et il s'en gardait bien. Mais étrangement, à présent que son argent servait à faire des cadeaux, ils lui étaient précieux, et la réaction d'autrui l'était également ; alors que par le passé, les orgies de substances luxueuses qu'il s'autorisait par simple ennui, n'étant dirigées vers personne, s'évanouissaient dans le néant en n'éveillant que son indifférence. Il renaissait, il se redécouvrait, et pour être franc, il se plaisait assez.

"Monsieur ? Si vous souhaitez changer de formule à présent, c'est toujours possible."

"Une autre fois, peut-être. Mon ami et moi sommes très fatigués. Je crois qu'il va se mettre au lit très tôt ce soir, et je ne tarderai sans doute pas à le rejoindre."


Son sourire de charme adoucit un peu ce refus qui manquait tristement de galanterie. La lady vêtue et l'elfe nu répliquèrent d'un petit salut tout aussi souriant, dissimulant une légère déception ; mais ce n'était en effet que partie remise. Cris eut même droit à un souhait de "doux repos et jolis rêves", selon les termes employés. Dans le même temps, un tintement caractéristique indiquait l'arrivée d'un plateau-repas dans le monte-charge ; un plateau, une table basse et un bon film, c'était la dernière et modeste tentative de Caleb pour séduire, au sens amical bien sûr, celui de ses cinq nouveaux compagnons de vie qu'il avait sous la main - il ne comptait pas le bébé, qui n'était pas une personne, et dans un sens la séduction de Jay ou de Dustin, son fan de la grande époque, n'était pas vraiment nécessaire non plus.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyLun 27 Jan - 23:10

C'est vrai, il neige déjà. Je ne m'en apercevais que maintenant, perdu dans mes pensées avec un verre à moitié vide dans la main. On ne peut pas dire que je boive vraiment, ni même que je me prive. Les mains sur mes épaules sont celles d'un androgyne qu'il m'est difficile d'ignorer la plastique traitresse entre homme et femme, distinction restreinte entre les deux. J'en avais pleinement détourné le regard par simple mécanisme entre complexes propre à ma seule personnalité et interrogations sur ce que pouvait bien signifier toute cette mise en scène. J'étais loin d'être devin et l'esprit de Caleb m'était hermétique, il m’intriguait au plus haut point. Je cherche dans un dernier espoir à le sonder, chercher ce qu'il cherche de moi sans vraiment y parvenir. It's a big mystery. Je ne pouvais pas non plus nier que ce choix de région était approprié, une neige fine qui rappelait la douce patrie que nous avons quitté, la tranquillité d'un lieu où nous passions clairement inaperçus voir même trop. Par chance, notre projet nous prendrait certainement beaucoup de temps, de labeur et porterait sans nul doute ses fruits à un moment ou un autre. Tout cela, j'en avais pleinement conscience.  Ma crainte était que l'on vienne à s'y ennuyer sur le long terme bien que Caleb redoublait de fantaisie, y compris ce soir, pour égailler nos soirées et il est fort à parier que nous serions ensembles, cette étrange famille recomposée. J'espérais seulement qu'elle ne s'étouffe pas dans une monotonie quelconque.

J'avais déjà accepté beaucoup de choses, peut-être même un peu trop. Ce refus là de ce minois qui masse mes épaules n'est pas une simple crise égocentrique d'adolescent boutonneux, j'étais bien au delà de ça. C'est l'acceptation d'une contrainte qui n'est pas forcément agréable d'avoir des mains aussi fines sur mon corps, une sorte de révulsion à être touché par une femme -et l’elfe avait beau avoir les parties génitales masculines en l'air que cela ne changerait pas ma vision sur l'être en question- Et je continuais encore, même maintenant, à le considéré comme tel surtout quand Caleb insistait sur le terme "Ladies" en les nommant. Bien qu'il avait réussit à reconquérir mon attention, c'est avec toute la perplexité du monde que je le regardais, posant mon verre sur la table. Plus il m'informait sur les deux personnes présentes dans notre chambre et plus l'appellation en question se transformait en un sous entendu que les "demoiselles" en question n'étaient autre que des prostitués comme l'on en voyait dans certaines maisons closes.


- Je ne suis nullement nerveux par rapport à notre négociation.

So much clear things up. il n'y avait rien dans notre discours qui méritait que l'on soit sur nos gardes pour le moment. Deux hommes en recherche d'une maison n'était certainement pas de l'ordre du "Secret Of State" jusqu'à preuve du contraire. Je le regarde feuilleter son bouquin comme l'on pourrait dévêtir un corps avec un simple regard de manière totalement troublé. Voilà qu'il cherchait à connaître mes goûts ? Je m'avance un peu, les mains de l'artiste efféminé s'autorisant une descente dans mon dos sans que je vienne à protester ou à l'arrêter, soupirant même d'une certaine aisance au passage comme s'il venait de toucher un nœud résolument douloureux par les longues heures de vol.

- Et bien ... Il est utile de prendre compte de chacun. J'aimerais un atelier personnel, assez vaste, je suis légèrement désordonné dans mon rangement, pour être honnête. Il nous faut de grands espaces, autant dedans que dehors ...

Cet effleurement me fit frissonner. Je pensais pourtant être rodé à ce niveau, plus hermétique, moins sensible. C'est bien tout l'inverse. Serait-ce déjà l'alcool qui fait son effet ? Certainement pas, je n'ai bu que quelques gorgées, rien qui puisse me mettre à ce point hors de tout contrôle. Ce serait donc simplement ce contact. Damn him ! Et voilà que mon regard se perd dans le sien comme un jeune puceau à la peau trop délicat pour retenir ses pulsions les plus sommaires d'hormones en éveil. Je secoue simplement négativement la tête à sa question, balbutiant comme un gamin.

- Pardon ... Non ... Enfin ... Je ne sais pas ...

Il va me croire déjà ivre, ce n'est pourtant pas le cas. Et là, c'est moi que je maudis, de rougir légèrement et de baisser simplement les yeux sur ce verre à moitié vide posé sur la table puis sur la bouteille censée le remplir. Non, je ne toucherais plus à cela, pas pour le moment.

La suite me surprit encore plus. Il les congédiait à ma plus grande surprise et je ne cachais nullement mon étonnement. Je reculais à nouveau dans le fauteuil, plus par perplexité grandissante qu'autre chose, une fois de plus le Français me laissait complètement désemparé. Je ferme les yeux sur ce doux susurrement de la femelle déguisée en le remerciant avec une politesse en filet de voix et regarde Caleb en haussant un sourcil, essayant de comprendre. Il faut que je sache. Cette énigme a assez duré à mon goût. J'attends d'être enfin seul avec lui pour lui poser les questions qui me brûlent les lèvres.


- Tu peux m'expliquer pourquoi tu as payé des ... Je réfléchis au terme approprié quelques secondes ... Whores pour nous masser ? Pourquoi tu n'en profites pas ? Toi ?

Le pire c'est que je parle à voix basse, sans nervosité, cherchant dans ses yeux des réponses que je n'obtiens pas et continue aussi calmement que possible, comme si l'on pouvait être entendu quelque part par une assistance invisible.

- Qu'est-ce que tu attends de moi au juste ? Caleb ? C'était quoi ce cinéma ? Expliques moi.

Je sors de mon fauteuil pour me mettre près de lui, abaissé. Sans y prendre garde, ma main caressait déjà son dos qui a été visité par les ongles d'une femme, puis la retire comme si ce geste aurait put le brûler ou même lui être déplaisant en comparaison de la professionnelle. Je plisse les yeux, déboussolé. je ne suis pas devin, je ne lis pas dans les pensées, j'ai besoin de savoir.


Dernière édition par Cristopher Wallace le Lun 10 Fév - 14:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptySam 1 Fév - 23:12

Le baisemain, le sourire de charme et la voix suave avaient fait beaucoup de bien à Caleb, presque autant que le massage ; son système nerveux était aussi décontracté que sa musculature. Il importait de passer une nuit de repos optimal afin d'avoir les idées claires et positives le lendemain, et de faire le meilleur choix face aux maisons disponibles. Mais en bonus, il aurait apprécié de sentir qu'on appréciait sa compagnie, qu'il inspirait confiance ; il se mordait les doigts d'avoir laissé au bercail son Jay bien-aimé, avec qui tout, et notamment les rapports humains, était toujours si simple, si évident, si... animal, oui, parfois, il fallait bien l'avouer ; mais quoi, Caleb aimait les animaux, surtout ceux qui avaient une forme phallique.

« J’imagine que tu traînes trop dans les boîtes gays, sans vouloir critiquer. On peut avoir envie de te faire des cadeaux sans aucune intention malsaine. Personnellement, j’ai toujours adoré couvrir mes amis de cadeaux originaux, c’est une manière de témoigner mon affection tout en affichant ma fortune, je suppose. Mais si ça te gêne, je peux me retenir. »

L’accentuation de la phrase restait en suspens, évoquant bien d’autres pulsions à retenir elles aussi, et la petite étincelle qui brillait dans le regard oblique et sombre ne laissait aucun doute sur la présence de ce sous-entendu. Il s’inclina sur le plateau pour le soulever avec une prudence qui dénotait sa totale absence d’habitude ; mais au final, il ne s’en sortait pas si mal, c’en était même à se demander pourquoi ils avaient toujours eu des domestiques chez lui pour tenir les plateaux ; ça n’avait rien de franchement compliqué ! Il alla jusqu’à lever le couvercle d’argent pour découvrir le dîner soigné qui attendait que l’on dérange à grands coups de couteau son artistique disposition.

Un gombo au crabe sur son riz créole, pourquoi pas ; un petit coup d’œil à son voisin de table, au cas où celui-ci veuille l’arrêter juste à temps, lui signaler une quelconque allergie ; et il entreprit de servir des parts généreuses, accoutumé, de toute façon, à laisser une partie du plat dans son assiette, compliment tacite au chef pratiqué dans les restaurants bardés d’étoiles. Quant au vin, il laissait l’Américain s’en charger. En tant que français, il avait du mal à ne pas faire de remarques désobligeantes en contemplant les étiquettes de ce côté-ci de l’Atlantique. Il ne voulait pas gâcher le dîner par une manifestation impromptue de son mauvais esprit. Tout en se réinstallant sur le canapé devant son assiette, il poursuivit avec davantage de gravité, pesant soigneusement ses mots dans cette langue étrangère, qu’il avait surtout employée pour les affaires, et rarement pour les sentiments :

« Je ne te connais pas très bien, j’apprécie ton sourire mais j’ignore encore comment le provoquer. Je ne sais pas comment te faire plaisir sans être maladroit. Alors je tape dans le classique : une petite soirée détente tous frais payés après un voyage fatigant. Je conçois que ça ait l’air d’une manœuvre de séduction de grand luxe, mais dans mon monde… c’est vraiment classique. »

Le repas était naturellement délicieux, il fallait s’y attendre. Affamé, Caleb lui fit un sort en abandonnant pour quelques secondes sa distinction naturelle. Puis il reprit son observation du magazine et entreprit de rayer certaines annonces : pas de terrain, pas d’étages privatifs, pas assez de pièces… Ils ne pouvaient pas se permettre d’entreprendre des travaux, leur installation devait se faire dans les plus brefs délais. Tant qu’ils avaient leur quartier général dans sa demeure de Louisiane, n’importe quel ennemi intelligent pouvait remonter leur trace. Elle se perdait au fond d’une jungle marécageuse où personne ne leur viendrait en aide. La force brute avait échoué à les détruire : une deuxième tentative serait infiniment plus sournoise. Les chalets faits du bois spécifique de l’Oregon avaient un charme rustique qu’il trouvait rafraîchissant, aussi se tourna-t-il vers ces bâtisses en priorité, admirant leurs teintes chaudes sans perdre son attitude empreinte d'une sensualité tacite.

Une peau de bête devant une cheminée retint son attention ; il sourit en coin, songeant au général. Son visage s'inclina vers celui du styliste pour voir s'il parvenait à établir, autour de cette image, un semblant de complicité ; mais - peut-être parce qu'il était nu comme un ver, allez savoir - chaque fois qu'il croisait son regard, il n'y lisait qu'un trouble diffus, étrange et qui le laissait lui-même légèrement troublé. Une sorte de frisson électrique lui fit dresser les cheveux sur la nuque, et il se contenta d'un bref soupir avant de revenir à son assiette, satisfaisant un appétit à défaut d'un autre, comme on dort au lieu de dîner.
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MessageSujet: Re: Bite me [flashback/PV C.Wallace]   Bite me [flashback/PV C.Wallace] EmptyLun 10 Fév - 17:05

Je devenais invisible. Comme je m'y attendais, le Français évitait de répondre clairement à mes interrogations en me snobant avec la classe d'un Adam désinvolte, une prédominance qu'il ne m'a pas été rare de remarquer chez lui, sans doute dut à ses années de marié par obligations, riche, aux crochets de sa femme, sans véritable amour. Il est très difficile d'ôter cette veste quand celle-ci a été portée comme une croix bien lourde, à se faire une raison jusqu'à ce que l'esprit et l'âge l'acceptent tels les barreaux d'une prison sous le regard d'un condamné. It's enough to open eyes. Sa première réflexion me fait rouler des yeux stupidement, nous ne nous comprenons pas et c'est une évidence. Assis à terre sur la moquette, le dos collé au canapé où Caleb était allongé, je cherche mes mots pour être le plus clair possible, mes yeux encore fixés sur mon propre verre ambré.

- Non, je ne traîne pas dans ce genre de boîte. Je ne te demande pas de te retenir, loin de là. Je trouve même que tu es très ... Reflexion en Russe et en Anglais pour bien déterminer le terme exact. ... Prude avec moi. Oui c'est cela : prude. J'apprécie que tu veuilles me faire des cadeaux mais tu n'avais pas besoin de putes pour ça ...

J'en viens à avancer quand même la main vers ma boisson, pour la finir, tant pis pour le "raisonnable". Je reprends tout aussi calmement après une bonne gorgée salutaire.

- Ce que j'essaye de t'expliquer c'est que "faire des cadeaux" c'est très bien. C'est juste que ... Les putes ... Je suis navré mais ça ne passe pas.
Ça me rappelle la Russie.
Quand Dustin travaillait au casino en sachant ce qui se tramait à l'intérieur entre les escortes et le clan du Général, ça me mettait mal à l'aise mais je ne disais rien, je faisais mine que cela ne me regardait pas. Dustin n'a jamais rien sut, je ne lui ai jamais dit ...
J'ai failli finir comme eux, à devoir écarter les cuisses ... Je ne peux pas accepter ça comme "cadeau". Alors ... si tu dois me faire des cadeaux, évites juste de me payer une pute la prochaine fois.


Je pose enfin mon verre vide devant moi, regarde ce corps toujours aussi nu et magnifiquement à son aise servir le repas en ramenant mes genoux vers mon torse, les enlacer d'un bras et mes doigts jouant avec les fibres de la moquette. Je ne proteste pas, n'indiquais aucune manifestation quelconque sur le plat, je me contente de servir le vin, par respect, maintenant mes genoux contre moi : une sorte de timidité bien mal venue, surtout lorsque l'on a échangé un baiser. Mais là, plus rien, à nouveau cette distance et je ne savais pas comment la briser. Elle en devenait désagréable. La seconde interlocution me fit rosir au niveau des joues, je passe l'indexe sous mon nez, par réflexe et me mets à nouveau à balbutier.

- Ça ... me fait plaisir ... C'est pas le soucis .. Je te l'ai dit ... J'avale ma salive pour reprendre de la contenance et le regarde en coin, intimidé. Je ne te connais pas non plus, enfin sauf de ce qu'on m'a dit de toi et ... Enfin ... Tu aurais pu faire plus simple sans les fameuses ...

And shit! Too bad! I take the plunge ! Je me redresse un peu, juste de quoi pouvoir enlacer sa nuque et je l'embrasse, comme ça, sur un coup de tête, déterminé à mettre un terme à cette fichue manie qu'il a de m'ignorer, de me snober, de lui couper net sa concentration. Adviendra ce qu'il adviendra !
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