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 kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

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MessageSujet: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Ven 18 Avr - 0:56


dans le feu de l’étreinte
de nos corps qui s’esquintent


Je ne sais pas ce que je fais là. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris de revenir à Town Square après tant d’années à vouloir fuir tout ça. Je n’aurais pas dû. Je n’aurais pas dû revenir. À quoi ça rime, tout ça ? Ça n’a pas de sens. Maintenant que je suis devant cette porte, la main prête à toquer, je me rends compte que ce voyage n’a été qu’une véritable et énorme erreur. J’aurais dû rester à Paris, avec ma mère. J’aurais dû rester enfermée dans cette petite vie bien tranquille, bien ordonnée. Quelle idée j’ai eue de m’envoler pour ma ville natale alors qu’elle regorge de si mauvais souvenirs. À chaque minute, mon passé me hante de nouveau. Je dois lui faire face et je prends conscience que je n’étais pas prête pour ça. Pas prête à affronter tout ce que j’ai fui il y a déjà des années de cela. Tout le courage et le travail que j’avais fait sur moi avant de prendre l’avion semblent comme s’être soudainement envolés. Évaporés. Ils ont disparu en même temps que ma joie de retrouver ce pays qui m’a tant manqué. Je pensais que revenir sur cette terre du passé allait m’aider à avancer. Il n’en est rien. J’ai toujours aussi peur, j’ai toujours aussi mal. Jamais je n’aurais dû prendre cette décision. Jamais je n’aurais même dû penser à un tel acte. J’ai été stupide.
J’ai réussi à retrouver la trace de mon amie d’enfance, Lana-Joy. Cette amie devenue amante qui a bouleversé ma vie et mon adolescence. Cette jeune femme au regard plein d’innocence qui faisait battre mon cœur comme un fou contre mes côtes. Le seul souvenir de ses lèvres contre les miennes ramène cette chaleur douce au creux de mes reins, comme si c’était hier. Comme si le temps n’avait rien changé de ce que je ressentais alors que je n’avais que quinze ans. Je me souviens de tout, dans les moindres détails. Son image est restée gravée dans ma mémoire et je la vois encore me sourire avec tendresse, ses longues mèches blondes virevoltant sous le soleil d’été. J’entends encore son rire clair raisonnant comme une mélodie harmonieuse à mes oreilles, mon être tout entier charmé. C’est si apaisant de me rappeler de sa douceur. Et je me rends compte combien elle m’a manqué. Combien ma vie a été vide et terne sans elle à mes côtés. C’est comme si j’avais laissé une partie de moi avec elle, le jour où j’ai quitté la ville. Le jour où j’ai fui un père alcoolique et violent. Le jour où nous avons été séparées. Elle est sûrement la raison de mon retour ici, aujourd’hui. La seule raison de ma survie.
Mais maintenant que je suis juste à quelques secondes de la revoir, mes bonnes résolutions s’envolent. Ma raison flanche. J’ai peur. Je redoute ce moment où mon regard croisera à nouveau le sien. Où sa voix enchantera à nouveau mes oreilles, tel le chant d’une sirène. Et si elle m’avait oubliée ? Et si elle ne me reconnaissait pas ? Tant de questions sans réponse qui me nouent l’estomac. J’ai ce goût acide de bile qui remonte à ma gorge. J’ai le cœur au bord des lèvres. Je ne peux pas. Je ne veux pas me rendre compte que je n’existe plus à ses yeux, que je ne suis plus rien dans sa vie alors qu’elle m’a accompagnée chaque jour depuis. Je ne veux pas ressentir cette humiliation. Ce serait trop. Trop douloureux, trop difficile. Trop horrible. Ça gâcherait un à un chacun de nos souvenirs communs, ruinant le peu d’espoir qu’il reste dans ma vie. Le peu de lumière qui subsiste dans ce tunnel long et froid qu’est devenu mon quotidien. Ce serait alors comme plonger dans les ténèbres, m’enfoncer dans un gouffre sans fond. Ce serait sentir à nouveau la tristesse m’étouffer avec lenteur, m’arrachant à la vie petit à petit. Je voudrais juste garder le seul souvenir de ce bonheur fugace intact.
Je frappe pourtant à la porte, trois petits coups discrets, le corps tremblant et la gorge serrée, avec cette envie de vomir mes tripes sur le palier. Mais ce n’est rien comparé au vide abyssal qui se creuse dans ma poitrine lorsqu’un homme se présente à moi. « Bonjour, je peux vous aider ? » Clignant des paupières comme une sombre idiote, je reste un instant sans pouvoir parler. Sans pouvoir articuler. Je dévisage l’inconnu sans même penser à le cacher. Tétanisée, je me tiens immobile devant un homme que je n’ai jamais vu. Je me suis peut-être trompé de numéro ? « Euh… Excusez-moi, je… je bafouille peu élégamment tout en détournant pudiquement le regard. Est-ce… Est-ce que Lana-Joy Fitzgerald habite ici ? » C’est presque un couinement désespéré. Je prie pour que la réponse soit négative, pour qu’il me dise qu’elle habite juste à côté. « Oui, oui, elle habite ici. Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? Elle n’est pas là pour l’instant mais je peux peut-être… » Ma tête tourne, j’ai la sensation que le sol s’ouvre sous mes pieds. J’ai juste l’envie de m’enfuir en courant mais mon corps est comme tétanisé. Cependant que mon cœur se fracasse lourdement contre mes côtes, je retiens cette forte envie de m’effondrer. « Je… Je suis une de ses amies d’enfance et… En fait je suis revenue en ville après plusieurs années alors… j’ai trouvé son adresse dans l’annuaire… » Je trouve cette phrase pathétique. Je me trouve pathétique.
Le sourire tout en dents blanches de l’inconnu me met mal à l’aise et me donne envie de lui sauter dessus pour les lui arracher. Ainsi donc, j’ai été remplacée. À quoi je m’attendais ? Elle ne pouvait pas m’attendre toute sa vie. Je ne lui ai plus donné de nouvelles. J’ai coupé les ponts. Elle n’allait tout de même pas attendre après un fantôme. « Oh je suis sûr qu’elle sera très heureuse de vous revoir, s’extasie l’homme en face de moi à qui je souris faussement, les mâchoires trop serrées. Écoutez, elle ne devrait pas tarder alors… Que diriez-vous d’entrer et de l’attendre ici ? Ça lui fera sûrement une belle surprise en revenant des courses ! » Je ne suis pas certaine que le mot ‘belle’ soit appropriée mais je finis par acquiescer après une seconde d’hésitation. Je rentre presque à reculons dans son habitation et, les yeux rivés au sol, je refoule quelques larmes amères venant me brûler les paupières. « Asseyez-vous, je vais préparer du café. À moins que vous ne préfériez le thé ? » J’avale ma salive, désemparée. Je ne sais même plus si je préfère le thé ou le café. « Un café… un café ira très bien, merci, je réponds alors d’une voix tremblante avant de m’échouer sur le premier fauteuil qui vient. » J’ai les jambes molles et le corps lourd. J’ai la tête qui va exploser. « Et vous revenez d’où comme ça ? je l’entends crier de la cuisine cependant que le tintement des tasses et des cuillères semblent rythmer sa phrase. » « Paris, je réponds sobrement, les yeux dans le vague. » Pendant une seconde, je me dis qu’il serait temps de m’enfuir en courant.
Ses pas reviennent jusqu’au salon et son sourire joyeux m’hérisse le poil, m’égratigne le cœur. « C’est un bien long voyage, comment-t-il et je ne fais qu’acquiescer en retour. Oh mais je manque à tous mes devoirs, je ne me suis pas présenter, je m’appelle… » Un tour de clefs donné dans la serrure de la porte d’entrée le coupe dans sa phrase et je suis presque rassurée de ne rien avoir appris sur cet inconnu. En vérité, je ne veux pas en savoir davantage. Seulement, le monde semble s’arrêter au moment même où les mèches blondes percutent ma rétine. Mon souffle se coupe. J’ai le cœur qui vient battre jusque dans mes tempes et le sang qui rugit dans mes veines. Elle est là. Aussi belle que dans mes souvenirs. Elle n’a pas changé, juste un peu grandi et muri. Je retrouve la Lana-Joy que j’ai connue des années auparavant. Mon regard se fixe sur elle. Je crois que l’inconnu dit quelque chose mais je n’y prête pas attention. La terre a arrêté de tourner. « Bonjour, Joy, je lâche d’une voix tremblante, le sourire incertain. »


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Dernière édition par E. Kenzi Malone le Mar 22 Avr - 8:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Ven 18 Avr - 8:53




Dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

J’ai du mal à sortir de mon lit ce matin. J’entends que Mathéo est déjà levé et l’odeur du café commence à me chatouiller les narines. Je sens qu’il a quelque chose à me demander. Je me décide alors à mettre un pied à terre. Je ne sais pas pourquoi mais en me levant ce matin, j’ai le coeur lourd. Mon regard se pose sur mon radio réveil et je remarque la date. Nous sommes le 18 avril. Une date bien ancrée dans ma mémoire. Kenzi est née le 1er avril, et il y a exactement 9 ans jour pour jour, nous fêtions l’anniversaire de ma meilleure amie. J’avais 15 ans bien entamés, elle fêtait ses 16 ans. A cette simple pensée, je sens mon coeur qui s’emballe, et qui rate un battement, puis deux. Ma tête se met à tourner et mon souffle devient court. Les yeux fermés, je repense à cette soirée, ce monde, tous nos amis, ses amis, les regards qu’on s’échangeait toutes les deux. Et puis, une fois tout le monde parti, ce baiser. Je crois que jamais cette sensation s’effacera de ma mémoire. Cela fait aujourd’hui 9 ans et il est encore présent comme s’il datait d’hier.

Ma tête tourne, sûrement à cause de ma respiration devenue courte depuis quelques secondes, un coup d’hyper ventilation. J’essaie de me concentrer pour chasser ces images de ma tête. Kenzi est partie il y a plus de 8 ans et demi maintenant, je dois me forcer à oublier tout ça. On s’est écrit pendant plusieurs mois après son départ, mais les lettres se sont espacées, et un jour, plus rien, plus de réponse. J’ai même été jusqu’à appeler chez elle, elle avait déménagé, sans même me donner sa nouvelle adresse, ou un numéro de téléphone où la joindre.

C’est le coeur lourd que je sors de ma chambre ce matin, trainant les pieds jusqu’à la cuisine où j’y rejoins mon coloc. «Oulà. C’est quoi ce zombie ce matin, ça va pas ?». Je hausse les épaules et me laisse tomber mollement sur la chaise du bar. «Quoi t’as pas réussi à chopper la serveuse hier soir c’est ça ?» «Matt ta gueule s’te plait !». Je crois qu’il ne m’a jamais vue comme ça. Moi qui suis d’un naturel toujours joyeuse, toujours à faire la folle, répondre à tous les pics qu’il me lance, le sourire aux lèvres. Je ne me lève jamais de mauvaise humeur comme ça. Mon frère me dit toujours que je porte bien mon 2ème prénom. D’ailleurs, personne à part Kenzi l’utilisait. Elle était la seule à m’appeler Joy. Avec elle, il n’y avait aucun moment où j’étais malheureuse. Je crois qu’elle est partie avec un bout de mon coeur.

Matt s’assied près de moi et pose une main sur mon épaule. «J’aime pas te voir comme ça Lana. J’peux faire quelque chose ?». Je crois que je ne l’ai jamais vu attentionné comme ça avec moi. C’est une tête de con celui là, je l’aime énormément, mais j’ai plutôt l’habitude d’avoir envie de lui foutre des baffes plutôt que de lui demander de me faire un câlin. Pourtant ce matin, je n’ai pas besoin de lui demander, il me prend dans ses bras naturellement. «Tu veux qu’on en parle ? Je sais pas ce qui t’arrive mais tu as sûrement besoin d’en parler.». Je secoue la tête. Je n’ai pas envie d’en parler. Besoin sans doute, mais pas envie. «Merci. Mais ça va aller t’inquiètes. Je vais me donner un coup de pied au cul et aller courir un peu ça va me vider la tête !»

Et c’est ce qui se passe. En courant, j’oublie tout. D’ailleurs ce matin, j’ai décidé de partir avec Armstrong, le chien de Matt. On s’adore tous les deux, et puis je me sens moins seule dans les bois quand je suis avec lui. A mon retour à la maison, ça va déjà un peu mieux même si mon coeur est encore lourd, et j’évite soigneusement de regarder la date sur tout ce qui pourrait me la donner. Question de survie. «Ça va mieux ?» «Ouep !» «Bon alors tu vas pouvoir aller faire les courses !» Je lui donne une tape sur l’épaule. «Enfoiré va !». Je lâche un petit rire et file à la douche. Sur le chemin, je lui crie : «Fais moi une liste et donnes moi du fric, c’est moi qui ai tout payé la dernière fois !». Et je m’enferme dans la salle de bain. L’eau qui coule sur mon visage me fait beaucoup de bien, c’est comme évacuer un peu tout ce que j’ai à évacuer. Un peu moins d’une heure plus tard, un legging sur les fesses et une tunique un peu ample (comme souvent, sans soutien gorge) , je file faire les courses. Pas grand chose heureusement, je n’aime pas me coltiner les grosses courses et les packs d’eau à ramener, surtout que je n’ai pas de voiture. Le temps est clément, un beau soleil brille et me tape sur les épaules. Lunettes de soleil sur le bout du nez, la journée continue son cours, même si j’ai vraiment hâte d’être demain pour un peu moins penser à ces démons qui me hantent.

Courses finies, 2 sacs en plastique dans chaque main, je galère un peu à ouvrir la porte de l’appartement. Je pousse la porte avec mon pied et lâche naturellement. «Tu pourrais venir m’aider couillon au lieu de...». Je viens de relever le regard. Mon regard qui se pose sur le canapé, où se trouve Kenzi. Mon coeur est en train d’exploser. Mes jambes tremblent et j’ai l’impression que je vais tomber. Au lieu de ça, ce sont les courses qui tombent. Mes mains lâchent les sacs qui s’éclatent sur le sol dans un bruit sourd. La bouche entre-ouverte, mes yeux posés sur la raison de mon mal-être d’aujourd’hui, et de ces 9 dernières années. Elle est là, et je n’arrive pas à y croire. C’est bien elle, ses cheveux ébène dégringolant sur ses épaules dénudées. Son regard planté dans le mien, comme avant. Elle sourit. Je n’y arrive pas, pas encore. «Bonjour, Joy.» J’ai le coeur au bord des lèvres, je crois que tous mes membres sont en train de me lâcher un par un, et je reste plantée là, sans rien dire, sans bouger.

Matt arrive près de moi et récupère les courses qui sont par terre. Il me pousse un peu. «Tu veux pas bouger de là et aller t’asseoir à côté de ton amie?». Mon amie. Mon dieu. Qu’elle est belle. J’ai des flashs de nos baisers, nos mains entrelacées, nos regards si longtemps plongés l’un dans l’autre. Je peine à faire les quelques pas qui me séparent du canapé où elle est assise. Je me laisse tomber dans celui-ci. «Qu... qu’est-ce que tu fais à Town Square ?». Faille spatio temporelle. Je me rends pourtant compte que je viens de lui parler comme si elle n’avait jamais compté sur moi et que je retrouvais une fille vaguement connue il y a des années. J’essaie de me rattraper, en essayant surtout de ne pas trop bagayer. Je ne la connais plus, je ne connais pas sa vie de maintenant, elle a peut être quelqu’un dans sa vie, peut être même un enfant, des enfants. Je ne sais pas. J’aimerai baisser les yeux pour regarder sa main, voir si elle a une alliance, mais je n’arrive pas à détacher mon regard du sien. «Je... j’veux dire... c’est... ça fait plaisir de te voir là, surtout aujourd’hui.» J’en viens à me demander si elle est consciente de la date à laquelle elle vient ici foutre le bordel dans ma vie. Bien que ma vie soit déjà un joyeux bordel. J’ai tellement peur de souffrir encore. Qu’elle revienne me montrer sa belle gueule, et qu’elle reparte comme elle est arrivée, piétinant mon coeur une nouvelle fois. C’est là que je me rends compte que la cicatrice n’est pas encore tout à fait réparée...


Dernière édition par Lana-Joy Fitzgerald le Jeu 22 Mai - 9:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Mar 22 Avr - 22:02


dans le feu de l’étreinte
de nos corps qui s’esquintent


Mon corps tremble et mon cœur chavire. La revoir après toutes ces années est comme sentir un véritable ouragan tout dévaster en moi. Elle est si près et semble pourtant si loin. Comme à des années lumière de moi. Je crois que j’ai envie de vomir. Je crois que j’ai envie de pleurer. Tout se mélange dans ma tête et je n’arrive plus à penser. Je reste simplement à la regarder. À admirer la beauté de son visage d’ange blond, celui-là même qui me hante chaque nuit depuis neuf ans. Elle n’a pas tellement changé. Elle est devenue plus mature, plus belle encore que dans mes souvenirs. Comme si son image s’était peu à peu fanée avec le temps qui est passé. Je déglutis avec difficulté, observant le moindre des ses traits crispés. Est-ce qu’elle est au moins heureuse de me revoir ? Est-ce qu’elle sent, elle aussi, cette boule d’excitation et d’angoisse mêlées au creux de son estomac noué ? Est-ce que son cœur bat si fort qu’il pulse à ses tempes comme fait le mien ? Je ne sais pas. Je n’oserais pas le lui demander, ce serait stupide. J’ai peur qu’elle soit en colère, qu’elle m’en veuille. Elle aurait tous les droits de me haïr. Je l’ai abandonnée. Je l’ai laissée tomber et j’ai joué la morte pendant neuf longues années. Et même si j’en ai moi-même souffert, elle a dû avoir le cœur complètement brisé.
Ses sacs de courses s’échouent au sol. Le bruit mat ne me fait même pas sursauter. Je reste juste comme une idiote à la regarder. Comme si je voulais rattraper tout ce temps où son image n’apparaissait qu’à travers le voile opaque des mes paupières closes. Ses pupilles claires me brûlent la peau comme un acide. C’est une sensation que j’avais presque oubliée. Si douce et si dérangeante à la fois. Une sensation qui me fait frissonner jusqu’aux tréfonds de mon âme. Nos souvenirs me reviennent en mémoire. J’ai presque la sensation de sa bouche caressant la mienne, de sa main qui se lie à la mienne. C’est comme si je revenais des années en arrière et que rien n’avait changé. Je redeviens cette jeune adolescente découvrant l’amour pur dans les bras de sa meilleure amie du bac à sable. Je n’aurais jamais cru pouvoir être aimée ainsi, voir tant de sentiments si puissants à travers ses iris. Avoir un père violent et une mère soumise m’avait menée à penser que j’étais indigne d’amour, de tout sentiment positif et heureux. Et voilà qu’elle avait fait naître cette chaleur au creux de mn ventre, cette douceur dans ma poitrine. Quelque chose d’intense et de tendre à la fois qui m’avait fait renaître. Dans son regard, j’étais devenue femme. J’étais devenue moi.
« Je… je suis revenue, je lâche d’une voix tremblante sans vraiment savoir si elle va comprendre le sens réel de ma phrase. » Je suis revenue. Pour de bon. Je ne veux plus devoir la quitter, ni devoir fuir mon passé et ses horreurs. Je veux pouvoir affronter mes démons, mes rancœurs. Je veux guérir de cette souffrance, refermer la cicatrice entre mes côtes. Cette plaie béante en moi ne m’a que trop fait souffrir. Et je ne peux plus supporter de survivre à moitié, d’avoir toujours peur encore et encore de la douleur. On aurait pu penser que j’y étais habituée avec mon enfance déchaînée mais il n’en est rien. Je suis toujours aussi effrayée à la simple idée de sentir à nouveau mon cœur se briser. « Je vais me réinstaller à Town Square, je précise alors dans un murmure, toujours mon regard accroché au sien. » Comme si elle était ma bouée de sauvetage et moi une naufragée. Comme si elle m’empêchait de me noyer. De sombrer. Je me raccroche à cette lueur dans ses yeux, cette lueur qui me redonne espoir. Espoir d’un futur plus beau, espoir d’une vie meilleure. Espoir d’un nouveau bonheur. Je ne sais pas exactement ce que j’attends de ce retour dans ma ville natale mais je suis emplie d’espoirs et d’angoisses. De craintes et de rêves. C’est comme un renouveau pour moi. Le commencement d’un nouveau chapitre de mon histoire. Comme si je tournais la page de mon passé et me dirigeais enfin vers mon avenir.
Ses yeux ne lâchent pas les miens, comme s’il leur était impossible de se détacher maintenant qu’ils venaient de se retrouver. De doux frissons parcourent mon échine, j’ai comme une moiteur aux mains. Je la fixe lorsqu’elle s’assoit sur le même canapé que moi. Près, tout près. Trop près. Son parfum arrive comme une vague à mes narines et me frappe de plein fouet. Son odeur sucrée m’envahit et me ramène une dizaine d’années en arrière quand nos rires se mêlaient encore et que la joie et l’insouciance brillaient dans notre regard. Est-ce qu’on pourra un jour retrouver tout ça, elle et moi ? « Oui, je suis contente de te revoir moi aussi, je souffle dans un sourire un peu tremblant. » Je n’avais pas eu conscience en frappant à sa porte aujourd’hui que cette date marquait exactement nos neuf années de séparation. J’avale ma salive, un peu mal à l’aise. Est-ce un signe du destin ? Ou un simple hasard que je n’ai pas voulu ? « Je… je suis désolée de débarquer comme ça, je… je bégaye cependant que je me triture nerveusement les doigts. Ça fait si longtemps… J’ai souvent eu envie de t’appeler mais je me dégonflais à chaque fois en me disant que tu ne voudrais sûrement plus entendre parler de moi et… Enfin, je… J’ai beaucoup pensé à toi. » Mon discours est décousu. Incomplet. Il y’a tant de choses à dire et je ne sais pas par où commencer. Tant de questions à poser, de souvenirs à se remémorer. De réponses à apporter. Je lui dois bien une certaine vérité.
Toujours immobile sur le canapé, je ne sais pas quoi faire de mon corps. L’envie de retrouver sa chaleur rassurante me triture l’estomac et je me retiens difficilement de ne pas venir la serrer dans mes bras comme pour m’assurer que cette scène est bien réelle. Que je ne suis pas en train de rêver. Qu’elle est bien là, juste à côté. J’ai tellement peur que tout ça ne soit qu’un mirage, qu’un effet vicieux de mon esprit dérangé juste pour me torturer un peu plus encore. J’aimerais pouvoir la toucher, retrouver le grain de sa peau sous la pulpe de mes doigts. J’aimerais pouvoir l’embrasser comme autrefois. Mais le simple souvenir de ce jeune homme qui m’a ouvert la porte de son appartement me jette à nouveau en pleine figure une réalité que je voudrais pourtant oublier. Elle semble avoir refait sa vie, elle semble avoir avancé. Quand moi je suis restée bloquée dans ce passé, embourbée dans mes souvenirs et mes regrets, elle m’a oubliée. Elle a oublié ce qu’elle ressentait. Cette seule pensée amène un goût amer à ma bouche et je serre les lèvres pour ne pas me laisser envahir par la morosité, la tristesse. Je ne dois pas me laisser aller. « Alors… je lance doucement avant de me racler la gorge. Qu’est-ce que tu deviens ? Comment est-ce que tu vas… depuis tout ce temps ? » La question me paraît stupide, dérisoire. Comme si c’était idiot de ma part de lui demander ça. Peut-être que je n’ai pas envie de la savoir heureuse sans moi.


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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Jeu 24 Avr - 10:30




Dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

Je n’arrive pas à y croire, ça parait tellement irréel de la voir là. Toutes ces années où j’ai pensé à elle, rêvé de la revoir, qu’elle revienne dans le coin, ou simplement qu’elle m’appelle pour me donner des nouvelles. Mon coeur est à deux doigts de lâcher et je suis tiraillée entre l’envie de lui sauter dessus pour l’embrasser, et l’envie de l’engueuler comme du poisson pourri pour ce qu’elle m’a fait, son abandon. J’ai eu si mal de son absence, j’en souffre encore, même si elle est là, assise sur mon canapé. Un noeud se forme dans mon estomac, je ne saurai pas dire à quoi il correspond vraiment. De l’angoisse, de l’appréhension, un mal être, c’est certain. Je n’arrive pas à détacher mes yeux d’elle, j’ai imaginé tant de fois cette scène. Je l’ai rêvée sous toutes ses formes, mais je ne m’attendais pas à ce que ça arrive, juste aujourd’hui, 9 ans après notre premier baiser.

Je finis par aller m’asseoir près d’elle dans le canapé, silencieuse, j’ai du mal à trouver mes mots, à formuler mes phrases, je begaye, je me perds dans tout ce que j’aurai à lui dire, à lui demande. Toutes ces choses que j’aimerai qu’elle me raconte, toutes ces excuses que j’aimerai qu’elle me fasse. Tout ça me parait à la fois si absurde. Pourquoi je ne me contente pas de lui sauter dans les bras ? Je ne sais pas, je me sens comme bloquée dans un corps que ne m’appartient plus qu’à moitié. J’ai du mal. Pourtant, à l’intérieur de moi, je peux sentir la joie, l’excitation. Mais je ne dois pas me réjouir trop vite. Il faut que je me calme. Elle est peut être simplement là de passage. Et sans aucun tact, je finis d’ailleurs par lui demander. « Je… je suis revenue... Je vais me réinstaller à Town Square». Cet avoeu sonne comme une bombe. J’ai du mal à y croire. Son regard plongé dans le mien a le pouvoir de me faire frissonner, sans même qu’elle n’ait eu à me toucher. La toucher, j’en crève, sentir à nouveau sa peau, sentir son odeur, plonger mon nez dans son cou, y laisser traîner mes lèvres, comme avant. Je laisse mon esprit divaguer et me rends compte que je n’ai même pas répondu à ce qu’elle vient de m’avouer. J’esquisse un sourire, un peu perplexe, un peu fêlé, comme s’il voulait s’installer sur mes lèvres, mais qu’il peinait à trouver sa place.

La voilà qui reprend la parole, elle aussi visiblement un peu perturbée par ces retrouvailles. Je la connaissais si bien avant, j’ai tellement peur de ne plus la connaître, qu’elle ait changé. J’espère pour elle qu’elle a changé, muri, évolué, mais j’ai comme l’impression de ne connaître plus qu’à moitié cette jeune femme qui se trouve en face de moi. « Je… je suis désolée de débarquer comme ça, je… Ça fait si longtemps… J’ai souvent eu envie de t’appeler mais je me dégonflais à chaque fois en me disant que tu ne voudrais sûrement plus entendre parler de moi et… Enfin, je… J’ai beaucoup pensé à toi. » Une boule se forme cette fois dans ma gorge. Elle est grosse, j’ai l’impression qu’elle pourrait même se voir de l’extérieur. Mes yeux commencent doucement à devenir humides. Je meurs d’envie de fondre dans ses bras et pleurer pendant de longues minutes. Au lieu de ça, je reste stoïque, ne lâchant pas pour autant son regard, ses yeux bruns si pétillants. Un silence s’installe de nouveau. Je détourne le regard pour la première fois depuis que je l’ai plongé dans le sien en arrivant. Mes yeux rivés sur mes mains qui triturent nerveusement le tissus de mon t-shirt. Mon coeur bat à une vitesse affolante, ça faisait longtemps que je n’avais pas ressenti ça, c’est dingue. Mes dents sont serrées, je suis nerveuse, n’importe qui pourrait le sentir.

Kenzi reprend la parole, sa voix légèrement tremblante, et je relève finalement les yeux vers elle pour l’écouter. « Alors…Qu’est-ce que tu deviens ? Comment est-ce que tu vas… depuis tout ce temps ? » Tant de banalités. Nous aurions tellement de choses plus profondes que ça à nous dire. Mais je sais que Mathéo est là et nous écoute d’une oreille plus ou moins discrète. Je ne lui ai jamais parlé de Kenzi, il sait que j’aime les femmes, mais il ne sait pas que tout ça vient d’elle, de ma relation avec cette femme qui se trouve devant moi, plus magnifique que jamais. Je prends mon inspiration pour lui répondre, et voilà mon coloc qui sort de la cuisine, un peu hésitant, et sentant bien qu’il se trame quelque chose de bizarre. Je le connais par coeur, je sens qu’il va sortir une grosse connerie. «Matt s’il te plait je...» «Non c’est bon, t’inquiètes. Je vais sortir Armstrong, je vous laisse toutes les deux, vous avez sûrement beaucoup de choses à vous raconter...». Je reste bouche bée devant le discours de mon coloc, hallucinée par sa maturité soudaine. Je le regarde partir, et une fois la porte claquée, je repose mon attention sur mon amoureuse d’enfance. «Je vais bien. Enfin... je le pensais jusqu’à tout à l’heure.» Il faut dire que tous ces souvenirs qu’elle ramène avec elle ont tendance à me remémorer une période difficile de ma vie, bien qu’avant ça, il y ait aussi les souvenirs les plus merveilleux de mon existence. «Tu sais je...». Je soupire. Maintenant qu’on est seules, autant mettre cartes sur table. «J’ai beaucoup souffert de ton départ, et encore plus de ton absence, quand tu as arrêté de m’écrire, de m’appeler. J’ai mis du temps à m’en remettre. Et maintenant que ça commençait à aller mieux, te revoilà. Je sais pas trop bien comment prendre ton retour, j’ai... j’ai toujours cette peur que tu repartes, sans rien dire, comme un mirage.» Je sens que mes mots sont difficiles à entendre, mais il fallait absolument que ça sorte. «Ma vie a beaucoup changé depuis que tu es partie, on a grandi, on a changé, maintenant j’ai un boulot et je vis avec Matt... enfin tu vois c’est...». Au moment où je dis tout ça, je ne pense pas une seconde à ce qu’elle s’imagine que je suis en couple avec un mec, et encore moins avec Mathéo. Il est beau, il est gentil, il est con aussi, mais je l’aime plus comme un frère que comme autre chose.

A cet instant je viens de perdre la lueur dans les yeux de Kenzi, et je viens de perdre aussi son regard, qu’elle laisse trainer au niveau de ses genoux. Je serre les dents, je m’en veux de lui dire tout ça, mais c’était important. Un nouveau silence s’installe, j’ai le coeur lourd. «J’ai...» J’ai du mal à former une phrase correctement sans m’arrêter, sans chercher mes mots pour qu’ils soient les plus justes possibles. «Je suis tiraillée entre l’envie de te prendre dans mes bras et celle de te demander de partir de chez moi.». Elle se lève et je me rends compte que j’ai été trop loin. Je me lève à mon tour, plus rapidement qu’elle, et la prend par le bras pour la retenir. Une décharge électrique s’empare de mon corps tout entier. «Attends Kenz’, c’est pas c’que j’voulais dire je suis désolée.» Sans réfléchir plus longtemps, je l’attire vers moi et entoure mes bras autour d’elle dans une étreinte presque vitale. 9 ans que je rêve de pouvoir faire ça, et que ça n’arrive que la nuit quand mon inconscient prend le relais. A cet instant, mon corps contre le sien, c’est mon coeur qui a pris le relais, mon cerveau a complètement cessé de fonctionner. «Tu m’as tellement manquée...».
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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Sam 10 Mai - 13:09


dans le feu de l’étreinte
de nos corps qui s’esquintent


Je ne sais pas vraiment quoi dire, pas vraiment quoi faire. Je m’étais presque attendu à ce qu’elle me hurle dessus, à ce qu’elle me dise qu’elle me déteste de tout son être. Mais il n’en est rien. Nous restons toutes les deux presque murées dans un silence de plomb qui m’étouffe et me donne envie de prendre les jambes à mon cou. Peut-être que revenir après toutes ces années n’était pas une bonne idée. Je vois bien que tout ça la perturbe, la chamboule. Je suis chamboulée aussi. Je crois que je n’ai jamais tremblé aussi fort de toute ma vie. L’émotion me submerge, je n’entends plus rien que mon cœur qui bat à mes tempes. C’est comme une symphonie assourdissante qui court jusque dans mes veines. Avalant ma salive, j’essaye de trouver quoi dire. De trouver les mots pour lui expliquer que je ne voulais pas la blesser, que je l’aimais vraiment mais que la vie ne m’a pas laissé le choix. Je devais partir. Sauf que rien ne vient, tout reste coincé dans ma gorge serrée et je n’arrive à articuler que quelques excuses et autres banalités. Rien de plus. Un discours entrecoupé de silences et d’hésitations, la voix tremblante. Je suis partagée entre le bonheur de la retrouver et l’angoisse de la voir me rejeter, d’apprendre qu’elle m’a oubliée. Paralysée, je reste droite comme un i sur ce foutu canapé. Je ne sais même plus pourquoi j’ai décidé de rentrer. Quelles étaient mes raisons ? Aucune idée. Tout ce que je sais, c’est que je commence à sérieusement regretter.
Silencieuse, j’observe le jeune homme qui m’a ouvert voilà quelques minutes. Qui est-il pour elle ? Ils ont l’air proches. Elle n’a pas l’air d’avoir besoin de parler avec lui pour qu’il la comprenne. Serrant les dents, j’essaye de contenir cette pointe de jalousie qui vient m’égratigner le cœur. Après tout, ça fait bientôt dix ans que je n’étais plus dans sa vie. Il a dû s’en passer, des choses, depuis que je suis partie. Je ne pouvais décemment pas espérer qu’elle m’ait attendue ou qu’elle ait espéré que je revienne après toutes ces années. Elle est passée à autre chose, je dois me faire à cette idée. Et si ce Matt la rend heureuse alors je dois m’en contenter. Je dois être heureuse pour elle et son petit bonheur parfait. C’est un peu avec surprise que je le vois quitter l’appartement, nous laissant seules toutes les deux. L’atmosphère dans le salon semble s’alourdir un peu plus alors que Lana tourne vers moi son regard d’azur. Je lui adresse un fin sourire tremblant, qui ne doit paraître qu’une une grimace disgracieuse tellement je me sens nerveuse. Et qu’est-on censées faire maintenant ? Parler de la pluie et du beau temps ? Tout un tas de questions de pressent à mes lèvres mais je n’ose pas les formuler. J’ai bien trop peur des réponses que la blonde pourrait me donner. Cela m’effraie. Une part de moi ne veut pas connaître la vérité cependant que l’autre se languit de tout connaître de ce qu’il s’est passé durant tout ce temps où je me suis absentée. Tiraillée entre ces deux envies opposées, je garde seulement le silence par sécurité. Je la fixe, détaillant ses traits qui n’ont pas tellement changé avec le temps. Elle reste d’une beauté incomparable, comme dans mon souvenir. Il n’y a que son regard qui a semble-t-il perdu de sa luminosité. À croire que je l’ai blessée plus qu’il n’y paraît.
Je l’écoute attentivement me raconter un peu comment était sa vie sans moi. Je comprends qu’elle a été meurtrie par mon départ, que mon absence a été aussi difficile pour elle que moi. Peut-être même plus pour elle parce qu’elle n’a jamais su pourquoi. Elle n’a jamais su pourquoi j’étais partie du jour au lendemain. Elle n’a jamais su pourquoi mon départ a été si soudain. Trop honteuse du comportement de mon père, j’ai gardé ce secret pendant des années, je le lui ai caché. Je ne voulais pas l’effrayer, l’inquiéter ou même la mettre en danger. Si mon père avait su que Lana était au courant de ce qu’il nous faisait subir à ma mère et moi, il aurait été capable de s’en prendre à elle je crois. Mais maintenant que tout ça était du passé, je ne sais pas comment exactement expliquer mon attitude à cette époque-là. Dois-je lui dire la vérité ? Elle mérite au moins une explication, pour qu’elle comprenne. Qu’elle puisse tourner définitivement une page de son histoire qu’elle aimerait probablement oublier. « Je suis tellement désolée d’être partie sans rien te dire, je… je marmonne doucement, la voix encore un peu tremblante. Je ne pouvais pas… » Mais je ne pouvais pas quoi ? Lui expliquer, lui dire au revoir ? Certainement les deux. Parce que l’un comme l’autre m’étaient tout aussi difficile. Impossible. Comment dire au revoir à la personne qui faisait que vous étiez vous-même ? Lana me fait pourtant comprendre que sa vie a changé depuis, que ce Matt est là désormais. Et que je ne dois plus avoir ma place dans sa vie – ou tout du moins, plus comme avant à ce que j’ai compris. « Oui, je… je comprends, je souffle de bonne grâce avec un sourire faux sur les lèvres. Il a l’air gentil. » Même si au fond, je m’en fiche un peu de savoir s’il est gentil ou pas. J’aurais juste envie qu’il dégage. La seule pensée qu’il est désormais celui dans le cœur de ma Lana me donne envie de vomir. J’ai ce goût acide de bile qui remonte à mon œsophage et je dois faire un effort monstre pour ne pas rendre mon petit-déjeuner sur la moquette.
J’ai de plus en plus de mal à rester de marbre face à elle. J’ai de plus en plus de mal à ne pas fondre en larmes, ne pas m’enfuir en courant. J’ai bien compris que je n’avais pas ma place ici, que je n’étais pas la bienvenue. C’était une erreur de me présenter chez elle, comme une fleur avec le sourire aux lèvres, après toutes ces années. Après ce silence. Je n’aurais jamais dû. « D’accord, je… je vais m’en aller, j’halète à toute vitesse tout en me levant du canapé. » Je fais fi de mes jambes flageolantes et n’ai pas le temps d’amorcer un pas vers sa porte d’entrée que je la sens qui me retient par le bras. Le contact de la main de Lana sur ma peau nue est comme une décharge électrique. Il me paralyse instantanément. Incapable de faire le moindre mouvement, je reste sans bouger et me laisse attirer à elle avant de me retrouver prisonnière d’une étreinte que je n’aurais jamais imaginée même dans mes rêves les plus fous. Je ferme les yeux au contact de son corps contre le mien, passe doucement mes bras autour de sa taille. Mon cœur tambourine si fort que j’ai peur qu’elle le sente à travers ma poitrine. Peut-être l’entend-elle ? « Tu m’as tant manqué aussi, Joy… je souffle doucement d’une voix étranglée d’émotion. » C’est comme revenir dix ans en arrière. C’est comme retrouver un nouveau souffle à ma vie. C’est comme si mon univers tournait à nouveau rond. « Je suis là, je ne repartirai plus je te promets, je lâche cependant que je resserre mon étreinte autour d’elle. Je ne repartirai plus. » Mais je ne sais pas exactement ce que je n’avais pouvoir faire ici maintenant que je n’ai plus ma place dans sa vie. Je suis revenue pour elle, pour la retrouver. Qu’est-ce que je suis censée faire maintenant que j’ai compris qu’elle m’avait oubliée ?


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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Lun 12 Mai - 11:42




Dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

« Oui, je… je comprends, Il a l’air gentil. » Sa phrase résonne dans ma tête. C’est à cet instant que je me rends compte que Kenzi a dû croire que Matt et moi étions en couple. Mathéo. Mathéo et moi, en couple. Intérieurement, je crois que je souris. Extérieurement, j’ai envie de crier que non il n’est pas mon petit ami, que je suis libre comme l’air, et que je rêve que d’une chose, c’est d’être avec elle. Mais au moment où elle dit qu’elle va s’en aller, mon cerveau ne fait qu’un tour et je me lève à toute vitesse pour la rattraper. Je ne peux pas la laisser partir, pas une nouvelle fois. A cet instant, mon corps tout contre le sien, j’ai l’impression de sentir son coeur battre, comme quand je m’endormais le nez dans son cou et que je pouvais sentir son pouls. Je me sens vivante, plus vivante que jamais.

« Tu m’as tant manqué aussi, Joy…» sa voix est serrée, je sens ma gorge se serrer en entendant la sienne, et comme pour la rassurer, je serre un peu plus mes bras autour d’elle. Pourquoi mon coeur s’emballe-t-il aussi rapidement ? Pourquoi c’est elle et pas une autre ? Pourquoi j’ai peur que j’en crève ? Pourquoi j’ai si peur qu’elle m’abandonne une nouvelle fois, sans se retourner, pour piétiner mon coeur comme elle l’a fait la première fois ? A cette pensée, c’est comme si Kenzi m’avait entendu, pourtant dans ce silence de plomb ou seules nos respirations se font entendre. « Je suis là, je ne repartirai plus je te promets» Elle me serre un peu plus fort, je sens que mes larmes commencent à monter doucement, et elle répète cette phrase que j’ai rêvé pendant toutes ces années. «Je ne repartirai plus. » Cette fois, les larmes coulent sur mes joues et s’écrasent sur l’épaule de Kenzi. Un sanglot, puis un nouveau. C’est comme si j’avais retenu pendant presque 10 ans toutes ces larmes, et qu’elles pouvaient couler, maintenant qu’elles avaient retrouvé cette épaule sur laquelle pleurer.

Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer, ce ne sont pas des larmes de tristesse au contraire, comme un soulagement, mais j’ai encore l’impression que je rêve. Combien de fois j’ai imaginé cette scène, combien de vois je l’ai rêvée, des nuits entières à me réveiller en sueur, seule dans mon lit. Mais là, tout contre elle, ça parait plus irréel encore que tous ces rêves. Pourtant elle est bien là. Je peux la toucher, sentir son odeur, son parfum, la douceur de ses cheveux bruns. Une multitude de sentiments se bousculent dans ma tête et dans mon coeur. Je meurs d’envie de prendre son visage entre mes mains pour l’embrasser, mais en même temps j’ai peur, tellement peur qu’elle s’en aille de nouveau. Comment être sûre ? Comment lui faire confiance et m’abandonner à elle sans craindre une nouvelle fois de la perdre. Je ne le supporterai pas, ce serait bien trop dur à vivre.

A cet instant, Mathéo rentre de sa ballade avec Armstong et nous défaisons notre étreinte. Pourtant, consciemment ou non, ma main a glissé le long de son bras, attrapant dans sa chute la main de Kenzi. Je crois que je ne veux plus perdre le contact, aussi mince soit-il. De mon autre main, j’essuie mes larmes avant de me retrouver face à Matt. «Lana ? Ça va ?» Je sais que même si on se chamaille tous les deux, il m’aime comme si j’étais sa petite soeur, et il déteste me voir triste. «Oui oui, ça va, c’est juste... beaucoup d’émotions.» J’adresse un mince sourire à Kenzi avant de me tourner vraiment face à Mathéo. «Matt, j’te présente Kenzi, ma meilleure amie d’enfance, que j’avais pas vu depuis 9 ans.» Avec ce simple regard adressé à mon coloc, je lui demande de ne pas poser de questions. On discutera tous les deux plus tard. Je sais qu’il me comprend. Il se contente alors de hocher la tête vers Kenzi comme pour la saluer. «Attention hein, je veux pas voir ma Lana pleurer !». Il se rapproche de moi et vient déposer un baiser sur mon front avant de repartir en direction de la cuisine. Je n’ai pas lâché la main de Kenzi. Je tourne la tête pour la regarder. «Tu veux qu’on aille se promener juste nous deux ? Je pense qu’on a beaucoup de choses à se raconter...» J’esquisse un sourire, elle se contente de faire un signe de tête à l’affirmative, sûrement les mots encore coincés dans sa gorge.

Le lâche finalement sa main pour aller récupérer un gilet dans ma chambre, je passe par la cuisine pour faire un bisou à Matt et je lui dis simplement : «On va se balader, je sais pas trop quand je rentrerai...». Il me regarde avec ce regard tendre et à la fois inquiet, le même qu’à mon frère quand je suis un peu triste. Je lui souris et quitte la cuisine pour rejoindre Kenzi. «Je sais où on va aller !».

L’endroit où je nous amène n’est pas très loin, et pendant le chemin, nous restons plutôt silencieuses. Une fois près de la plage, nous nous dirigeons vers notre petite crique, celle qui nous accueillait les bras ouverts quand nous étions adolescentes. Je n’y ai pas remis les pieds une seule fois en 9 ans, pourtant, presque rien n’a changé. Le paysage est à couper le souffle. Kenzi s’avance près de l’eau, et je la rejoins rapidement, glissant ma main dans la sienne. C’est ici que nous venions pour nous cacher quand nous avions besoin de nous retrouver seules. «Je suis pas revenue ici depuis que t’es partie.»
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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Sam 17 Mai - 10:11


dans le feu de l’étreinte
de nos corps qui s’esquintent


Là, serrée contre Lana, c’est comme si le monde s’arrêtait. Comme si la Terre cessait de tourner pendant un instant et que le monde tout autour de nous disparaissait. Plus rien ne semble compter sinon cette douce chaleur qui s’empare de moi et qui ramène la vie à l’intérieur de ma poitrine. Mon cœur bat si fort que ma cage thoracique va exploser. C’est si intense, si familier et pourtant si nouveau en même temps. C’est pareil à retrouver le goût sucré des bonbons d’antan ; comme découvrir un nouveau parfum, tout doux, presque enivrant. Comment ai-je pu passer toutes ces années sans elle, sans cette sensation d’être en vie ? Je me rends compte combien mon être tout entier a été comme mort pendant tout ce temps. Comme si j’avais laissé une part de moi ici et que je venais enfin de la retrouver. Comme si ma vie s’était arrêtée depuis que j’étais partie. J’ai pourtant essayé de me reconstruire, de faire face à mon passé qui me bousillait, qui me retenait engluée dans des sensations que je voulais oublier. Je me rappelle toutes ces séances chez la psychologue, à parler. Parler encore, parler toujours. Comme si j’avais tellement de choses enfouies en moi que je ne pouvais plus les contenir. Plus les retenir. C’était obligé de sortir, sortir comme je viendrais de vomir mon déjeuner. J’ai passé des heures, assise sur ce canapé à étaler mes sentiments, ma vie. Ma misérable vie. Petit bout par petit bout, j’ai essayé de tout rebâtir. De lentement reconstruire tout ce que mon père avait détruit. Mais je ne m’étais pas rendue compte que la part la plus importante de moi était restée ici, auprès de Lana.
Lorsque je sens son corps tressauter, des larmes la secouant légèrement, je resserre ma prise sur elle dans un geste instinctif. Comme pour lui assurer ma présence, comme pour lui dire : je suis là, ne t’inquiète pas. Même si ses sanglots me déchirent le cœur, je ne pense pas à ce que je ressens pour le moment. Tout ce qui compte, c’est elle. Cette douce fée blonde qui a embelli ma jeunesse, qui a hanté mon adolescence et qui donnerait un sens à mon avenir. « Ne pleure pas, tout va bien, je souffle doucement à son oreille tout en la berçant avec lenteur. Tout ira bien maintenant. » C’est un peu comme un serment, une promesse. C’est un peu comme si je désirais tout effacer de mon absence et recommencer. Recommencer à nouveau, éviter ces erreurs qui nous ont coûté à toutes les deux. Je sais bien que ce sera difficile, je sais bien que ce ne sera pas simple. Il y a tellement de silences, de non-dits entre nous, de mensonges et de temps qui a passé. C’est comme si un fossé nous séparait désormais. Mais je n’en suis pas effrayée. Ça ne me fait pas peur. Je sais que si elle nous laisse une chance, on pourra y parvenir. On pourra retrouver tout ce qui a été gâché par ma faute, on pourra retrouver tout ce que nous avons perdu voilà des années. Il faudra seulement du temps, il faudra seulement du courage. Il faudra seulement que nous le désirions aussi fort l’une que l’autre.
Mais je semble oublier une donnée à cette équation mathématiques – son colocataire. Mathéo. Celui qui m’a ouvert à mon arrivée, celui qui semble toujours garder un œil sur elle-même de loin. Celui qui partage sa vie, désormais. Celui qui m’a remplacée. Et son souvenir me revient en mémoire tel une gifle puissante lorsque la porte de l’appartement claque doucement. Notre étreinte brisée, je suis envahie par une sorte de malaise mêlé à un grand froid vide et me glaçant de l’intérieur. Je l’avais presque oublié, celui-là. Le regard baissé à admirer le sol en moquette de leur salon, je frissonne malgré moi lorsque la main de Lana se glisse dans la mienne. Un sourire naît sur mes lèvres et je me dis alors que, quoi qu’ils aient pu vivre tous les deux, ça ne pourra jamais égaler ce que nous avons partagé elle et moi durant notre jeunesse. Il pourra déployer tous les efforts du monde, jamais il ne rendra leur relation aussi parfaitement imparfaite que celle que nous avons vécue, Lana et moi. Parce que c’était pur, empli d’une telle innocence et nos sentiments ont été si forts que c’est impossible qu’il puisse faire naître ce même genre de sensations qu’entre la blonde et moi. Peut-être qu’il est là aujourd’hui, peut-être qu’il est dans sa vie, mais je resterai son premier amour. Quoi qu’il puisse arriver. Et rien n’efface un premier amour. Pas même les caresses d’un autre, pas même ces nouveaux souvenirs. Pas même le temps. Dans un geste instinctif, je resserre mes doigts autour des siens. On restera Joy et Kenzi. Peu importe qu’il soit dans le tableau ou pas.
Je réponds au hochement de tête poli du garçon et le regarde s’approcher pour embrasser le front de Lana. Malgré moi, un pincement dans ma poitrine me fait grimacer. Je n’avais pas imaginé que ce serait si douloureux de le voir avec elle. Mais peut-être que je devrais m’y habituer. Pourtant, nos mains sont toujours liées. « Oui, je veux bien, j’acquiesce avec un sourire reconnaissant lorsqu’elle me propose de sortir nous promener, parce que je commençais à étouffer ici. » Sans un mot de plus, elle part dans une autre pièce de son appartement et je reste plantée comme un piquet dans le salon, les bras ballants. Je crois l’entendre échanger quelques mots avec Mathéo mais je n’y prête pas plus attention que ça. À vrai dire, l’angoisse me fait bourdonner les tympans trop fort et je ne pense qu’à une seule chose – cette promenade. Toutes les deux. Un peu comme avant, un peu comme dans le temps. J’envoie toutes ces pensées gênantes dans un coin de ma tête et je me contente de la suivre, le cœur battant. Lorsque nous arrivons près de la place, ma poitrine n’est plus qu’un amas d’os brisés tellement les battements de mon palpitant semblent violents. Je reconnais sans difficulté cet endroit. Cette petite crique à l’abri des regards, cachée du monde. C’est là que nous venions autrefois quand nous éprouvions le besoin de nous couper du monde extérieur. Et je dois avouer que c’était ces moments-là que je préférais d’entre tous. Parce qu’alors j’oubliais. J’oubliais mon quotidien douloureux, j’oubliais ma tristesse. J’oubliais la douleur et les coups, mon père alcoolique et ma mère soumise et malheureuse comme les pierres. Il n’y avait plus que Lana qui comptait. Il n’y avait plus que nous. Et ça me faisait un bien fou. Ça me faisait un bien fou parce que j’avais alors la force d’endurer à nouveau ces journées faites de peur et de larmes. Elle me donnait la force de continuer à avancer, la tête haute et le regard fier. Même si elle ne l’a jamais su, c’est grâce à elle que j’ai pu rester aussi forte. Que je n’ai pas pensé à me foutre en l’air quand ça devenait trop dur à encaisser. C’est grâce à elle que je suis malgré tout restée en vie.
« C’est aussi beau que dans mes souvenirs, je souffle doucement, le regard perdu dans le mouvement lent des vagues de la marée montante. » Enlevant mes ballerines que je délaisse près d’un rocher, je vais jusqu’au bord de l’eau, laissant l’écume me lécher les doigts de pieds. Dans un petit rire, je joue un peu avec le sable trempé jusqu’à ce que la blonde me rejoigne et empoigne ma main. Serrant ses doigts avec les miens, je continue de marcher doucement, le soleil nous chauffant doucement les épaules. « Tu sais, je… Je n’avais pas le choix, je tente d’une voix un peu enrouée. Je devais partir. Je ne voulais pas t’abandonner mais… il le fallait… » Je me sens pourtant incapable de lui parler de mon père, des coups qui pleuvaient. Des quelques cicatrices qu’il me reste de ce passé violent. Peut-être qu’un jour je pourrai tout lui dire, peut-être qu’un jour je serai assez courageuse pour ça. « Enfin, c’est passé tout ça, je lâche en secouant doucement la tête. L’important est que je sois là maintenant. Et que je vais rester auprès de toi. » Puis je me penche rapidement et viens éclabousser d’eau Lana dans un grand rire enfantin. Je continue, toujours en m’esclaffant, la trempant sans honte aucune. Ça fait du bien de retrouver de notre insouciance d’antan. Comme si nous revenions une dizaine d’années en arrière et que tout le reste s’effaçait comme par magie. Je m’entrave finalement dans le sable s’enfonçant sous mes pieds et tombe toute habillée dans l’eau qui m’arrive alors au bassin. Riant plus fort, je n’éprouve aucune gêne à être trempée de la tête aux pieds. Une vague plus grosse me frappe et j’avale malgré moi de l’eau de mer. « Argh, je crois que je viens d’avaler du sable ! je me plains en criant comme une gosse. »


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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Jeu 22 Mai - 9:10




Dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

Alors que je suis encore tout contre elle, les larmes perlant sur mes joues, elle m’agrippe un peu plus pour me serrer contre son corps, un peu plus, m’aidant peu à peu à prendre conscience que je ne suis pas face à un mirage. Sa voix carillonne dans mes oreilles comme la douce mélodie d’une fée. « Ne pleure pas, tout va bien, tout ira bien maintenant. » J’ai tellement envie d’y croire, croire qu’elle ne partira plus, jamais, et qu’elle restera avec moi pour le restant de notre vie. J’ai du mal à prendre du recul et me rendre compte de toutes ces années où j’ai pu attendre ce moment, jour et nuit. La promesse qu’elle me fait de ne jamais repartir me brûle de l’intérieur, mon coeur voudrait y croire, si fort, mais ma tête me crie de faire attention. C’est comme si à cet instant un petit diable et un petit démons étaient en train de se battre dans mon corps. Je n’ai pas envie de souffrir encore, de la voir partir, de la savoir loin de moi, pendant des années durant. Je ne veux pas de ça, je n’en veux plus. Je veux qu’elle soit près de moi, pour le restant de nos jours. Pourtant, je ne sais plus rien d’elle. Elle me promet qu’elle va rester, mais peut être que depuis tout ce temps, elle a refait sa vie, elle a trouvé quelqu’un avec qui la partager, sa vie. Je ne suis pas sûre d’être prête à parler de tout ça, de nos années l’une sans l’autre, ça a déjà été difficile à vivre, alors en parler... Pourtant il me semble que c’est nécessaire. Je préfèrerai faire de la télépathie, ne pas sentir ma voix trembler quand je lui dirai combien je n’ai rêvé que de ce moment pendant les 8 dernières années de ma vie.

Mathéo nous coupe dans cette étreinte et je me vois obligée de quitter les bras de ma douce Kenzi, à regret. Mais rapidement, cet éternel besoin de contact avec elle me revient et je glisse ma main dans la sienne. Je ne tarde pas à sentir ses doigts se refermer fermement sur les miens. Je me sens bizarrement rassurée de son geste. C’est un peu comme si l’on formait une barrière, comme si les 2 parties d’un tout étaient finalement réunies, pour le meilleur comme pour le pire. Une sorte de barrière invisible semble se dresser entre Mathéo, et nous 2. Pourtant, j’aime Mathéo profondément, d’une amitié inégalable, mais ce qu’il ne sait pas encore, c’est que Kenzi est, et sera a tout jamais mon premier amour et la personne qui ne pourra jamais, JAMAIS disparaître ni de mon coeur ni de mon esprit. Jamais.

Lorsque je propose à Kenzi d’aller nous balader rien que toutes les deux, elle ne tarde pas à me répondre. «Oui, je veux bien.». Je délie nos mains à contre coeur, juste le temps d’aller chercher mes affaires et dire à mon coloc’ que je pars quelques heures avec mon amie d’enfance. Je lui expliquerai plus tard, je n’ai pas le temps. Nous avons tellement de choses à vivre, à nous raconter toutes les deux. Toutes ces années perdues...
Une fois arrivées à l’endroit même où je rêvais de retourner avec elle, je tourne la tête pour la regarder. Je n’ai même pas osé le faire pendant tout le trajet où nous sommes restées silencieuses. Je pense qu’il nous faut encore un peu de temps, ça doit être normal, ce genre de retrouvailles. Un peu étrange, un mélange de tout un tas d’émotions qui se bousculent à l’intérieur de nous. Enfin, je suppose que c’est aussi son cas. « C’est aussi beau que dans mes souvenirs». J’esquisse un sourire, je suis contente que ça lui plaise, que mon choix d’être revenues ici, toutes les deux, comme dans un pèlerinage, lui plait tout autant qu’à moi. «Je suis souvent revenue ici, toute seule, peut être qu’inconsciemment je rêvais que tu sois là à m’attendre...» A ces mots, ma gorge se serre à nouveau. Ça a été tellement dur sans elle, toutes ces années. Après un regard échangé, je la regarde retirer ses ballerines pour mettre ses pieds dans l’eau. Un mince sourire naît doucement sur mes lèvres. Je la revois, 8 ans en arrière, jouant dans les vagues. Je ne mets pas longtemps avant d’en faire de même pour la rejoindre, les pieds dans l’écume de la marée montante. Je glisse à nouveau ma main dans la sienne dans un geste quasiment instinctif, natif, comme si c’était dans mes veines, que devoir avoir sa main dans la mienne était vital. Nous commençons à marcher doucement, main dans la main, longeant la baie. « Tu sais, je… Je n’avais pas le choix. Je devais partir. Je ne voulais pas t’abandonner mais… il le fallait… ». Ma gorge se serre, je n’arrive même pas à lui demander pourquoi, pourquoi il le fallait, qu’est-ce qui s’est réellement passé pour qu’elle brise ce lien qui était pourtant si fort entre nous. Mais mes mots restent coincés dans mon estomac, impossible de prononcer quoi que ce soit. En guise de réponse, je caresse sa main avec mon pouce, délicatement, comme pour la rassurer et lui dire qu’elle pourra prendre son temps pour tout me raconter. « Enfin, c’est passé tout ça. L’important est que je sois là maintenant. Et que je vais rester auprès de toi. » «Oui.» Mes yeux, auparavant rivés sur le sol, je tourne enfin la tête pour la regarder et lui sourire. A maintes reprises j’ai imaginé son retour, j’imaginais que je l’engueulerai comme du poisson pourri de m’avoir abandonnée, j’aurai même été capable de lui mettre une giffle pour lui faire comprendre ne serait-ce qu’un millième ce que j’ai ressenti quand elle m’a annoncé qu’elle était partie, sans même me dire au revoir. Mais il n’en est rien. L’avoir près de moi est comme une douce mélodie et rien en moi ne me donne envie d’être violente avec elle, ni dans mes gestes ni dans mes mots.

La jolie brune me sort de mes rêveries quand elle lâche ma main pour s’abaisser et m’éclabousser, un large sourire sur les lèvres. Surprise, j’ouvre grand la bouche avant de la suivre dans son éclat de rire. «Tu vas pas t’en tirer comme ça !». A mon tour, je ramasse de l’eau au creux de mes mains et l’arrose de bon coeur. A cet instant précis, plus rien n’existe, juste son rire qui arrive jusqu’à mes oreilles. Je me retrouve rapidement trempée, et Kenzi trébuche, se retrouvant les fesses dans l’eau, ce qui me fait de nouveau éclater de rire. « Argh, je crois que je viens d’avaler du sable !» Je retrouve enfin mon amie d’enfance. Celle avec qui je pouvais rire de tout, celle avec qui j’avais le coeur léger, celle avec qui je ne pensais à rien, qu’à profiter du temps passé avec elle. Je ris de nouveau quand elle se met à laver sa langue avec ses mains, et je m’approche d’elle pour lui tendre la main et l’aider à se relever. Mais c’est sans compter son côté joueur qui ressort, m’attirant avec elle dans l’eau. Je bois à moitié la tasse et en me relevant, je l’éclabousse de nouveau. «Traitre !» avant de rire de plus belle. Je ne me suis jamais sentie aussi bien depuis des années. C’est fou comme une personne peut avoir le contrôle total sur vos émotions, des années durant.

Après une bonne demi-heure de chamaillerie, je finis par sortir de l’eau, les lèvres quasi violettes. L’été n’a pas encore pointé le bout de son nez et l’eau n’est pas très chaude. Lorsque je sors, je me rends compte que ma tunique blanche en coton est devenue totalement transparente, et je n’ai pas de sous vêtements. Légèrement génée, je me tourne dos à Kenzi pour retirer ma tunique et l’étreindre en espérant qu’elle soit un peu moins transparente. Parce que dans ce cas, autant m’étendre sur le sable carrément nue. Nous n’en sommes pas encore là avec Kenzi, même si j’en rêve secrètement. Je renfile rapidement ma tunique, ce n’est pas beaucoup mieux mais quand même, avant de me retourner face à la jolie brune qui est en train de sortir de l’eau telle Hale Berry. J’ai l’impression de rêver. Elle est si belle, son corps tout dégoulinant d’eau salée fait battre mon coeur un peu plus vite et je commence à sentir des papillons dans mon bas ventre. Calme-toi Lana. Ce n’est pas le moment de laisser parler tes pulsions. Je préfère détourner le regard avant de lui sauter dessus, et m’allonge finalement dans le sable, avant de la voir me rejoindre, s’allongeant près de moi. Je lâche un soupir heureux, comme après une bonne partie de rigolade. Puis je tourne la tête dans sa direction. «Ça fait un bien fou de te retrouver.». Mes yeux en disent pourtant plus que cette simple phrase banale. Ils lui crient mon amour pour elle, mon envie de me serrer contre elle...
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MessageSujet: Re: kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.   Sam 5 Juil - 10:07


dans le feu de l’étreinte
de nos corps qui s’esquintent


Revenir à cet endroit précis, à cet endroit qui a caché nos émois amoureux du passé ramène à mon souvenir une vague gigantesque de nostalgie. J’ai la gorge nouée à la seule pensée que Joy et moi avons été heureuses ici, voilà bien des années. Ça me semble comme venir d’un monde différent, d’un espace différent. D’une vie différente, peut-être ? Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir tant changé. Je suis restée cette petite fille craintive et renfermée qui vivait avec la peur au ventre que son père ne lève encore une fois la main sur elle à peine rentrée. Et, dans le même temps, je me sens plus femme. Plus épanouie. J’essaie doucement de me reconstruire, de faire table rase du passé. De ne plus me laisser engloutir par la peur et les appréhensions. Je reprends peu à peu ma vie en mains. Ça m’est parfois encore un peu difficile mais je tiens bon. Je garde courage. Je sais qu’un jour, j’arriverai à me défaire de tous ces démons qui me hantent à chaque seconde de mon existence. Revoir Lana est pourtant comme un électrochoc. Comme un coup de poing dans le plexus qui m’empêcherait de respirer. Parce que face à elle, je reste cette jeune femme en proie à des sentiments amoureux qu’elle ne maîtrise pas et qui l’effraient. Je redeviens cette enfant qui découvre les affres de l’amour alors que sa vie familiale tombe en morceaux, s’effondre petit à petit. Elle a été mon radeau dans la tempête quand mon père devenait fou, elle a été ce phare qui m’a guidée quand je ne savais plus où me raccrocher. Lana m’a sauvée. Elle m’a sauvée dans tous les sens du terme. Parce que je crois que je ne serais plus là, si elle n’avait pas été présente à mes côtés. Je ne serais plus là si elle ne m’avait pas aimée.
Mais, bien évidemment, elle ne sait rien de tout ça. Elle n’a jamais rien su de ce que je ressentais réellement, de ce qu’il se passait dans ma vie et dans mon quotidien. Comme une honte, comme un secret, je lui ai caché toute une partie de mon existence. Comment lui avouer que mon père me battait ? Comment lui avouer qu’il était un alcoolique notoire et que sa violence nous tuait à petit feu, ma mère et moi ? Nous avons vécu des années durant dans la peur et les coups, le ventre noué d’angoisse à chaque fois qu’il rentrait un peu trop tard. C’était insupportable. C’était insoutenable. Et elle était la réponse à mes prières ; elle était mon rêve éveillé. Elle était ma bouée de sauvetage lancée à une naufragée. Je ne la remercierai jamais assez pour tout ce qu’elle a fait pour moi sans même se douter qu’elle a eu autant d’impact dans mon adolescence. Si elle savait. Si elle savait combien elle a pu compter pour moi, si elle savait combien elle compte encore aujourd’hui. Mais peut-être est-ce trop tard. Peut-être est-ce inutile d’espérer que les choses redeviennent comme là où on les a laissées ? Je repense à ce jeune homme qui habite avec elle, leur complicité. Ce regard qu’il pose sur elle, ce sourire qu’elle lui envoie. Elle a refait sa vie, ça me semble plutôt clair à moi. Et je ne sais pas comment je dois me sentir, ce que je dois ressentir. C’est étrange de m’avouer qu’elle m’a oubliée. Qu’elle a tourné la page et qu’elle a avancé. Sans moi. C’est comme si, en chemin, j’avais dû m’arrêter et qu’elle ne m’avait pas attendue. Qu’elle avait continué sans même se retourner pour vérifier que j’étais toujours là, à la suivre sans hésiter. Mais, au fond, c’est moi qui l’ai abandonnée. C’est moi qui suis partie. Normal qu’elle ait voulu refaire sa vie, qu’elle ait grandi, mûri. C’est de ma faute, pas de la sienne.
Comme pour oublier cette boule de tristesse qui m’enserre la gorge, je me précipite dans l’eau fraîche et commence à l’éclabousser. Je voudrais revenir en arrière, je voudrais oublier. Je voudrais effacer toutes ces années et recommencer. Alors je m’abandonne. Je m’abandonne à un jeu d’enfant dans lequel Lana me suit sans attendre. Et nous sommes à nouveau deux gamines d’une quinzaine d’années. Nous sommes à nouveau ces deux âmes inséparables que nous avions autrefois été. Et ça fait du bien. Tellement de bien. Parce que je peux enfin respirer à nouveau, rire à nouveau. Vivre à nouveau. C’est pareil à retrouver un second souffle. L’air marin rentre par vagues dans mes poumons et mon cœur recommence à fonctionner. J’aime cette sensation. J’aime la sentir près de moi, à nouveau là. Dans ma vie, dans mon quotidien. Dans mon cœur. Je retrouve toutes ces sensations que j’ai autrefois ressenties et qui me faisaient sourire, rire. Et même pleurer. Je l’ai tellement aimée. Je l’aime encore, quelque part, même si mes sentiments sont désormais différents. Parce que nous avons changé. Nos vies ont changé. Qu’adviendra-t-il de ce “nous” aujourd’hui ? Personne ne le sait. « Mais je n’ai rien fait, je me défends dans un rire enfantin. Ce n’est pas de ma faute si tu ne sais pas tenir sur tes deux jambes, Joy ! » Et je lui adresse un regard empli d’une fausse innocence avant de continuer notre petit jeu sans plus penser à rien sinon le plaisir d’être ici à nouveau, en sa compagnie. Plus rien n’existe sinon elle, nous. Cet endroit qui me rappelle tant de souvenirs tendres et doux. L’eau n’est pas bien chaude, je tremble un peu et mes lèvres doivent avoir pris une teinte violacée mais je m’en fiche. La seule sensation de sa chaleur à côté de moi mélangée aux rayons légers du soleil qui caressent ma peau est merveilleuse. Je n’échangerais ma place pour rien au monde. Je suis bien ici. Et je me dis que j’ai vraiment bien fait de revenir en ville malgré tout. Malgré la peur et les appréhensions.
C’est quand, essoufflées et refroidies, nous ne pouvons plus supporter la température de l’eau que nous sortons, trempées jusqu’aux os mais avec ce sourire aux lèvres qui en dit long. Un peu intimidée, je la regarde à peine, mes pupilles dévorant pourtant les lignes fines de son corps sculpté comme dans l’albâtre que dévoilent ses vêtements mouillés devenus transparents. J’aperçois le grain de sa peau, je me souviens de sa douceur et de son goût de fruits sur ma bouche. Déglutissant avec peine, je fais un effort surhumain pour détourner les yeux et arrêter de la dévorer ainsi de mes iris. Elle est si belle que j’en ai le souffle coupé. Et cette vision des plus enchanteresses ramène à mon estomac des sensations que je pensais avoir oubliées. Ce nœud d’excitation, cette chaleur dans mon bas-ventre. Ces battements irréguliers qui se répercutent dans ma poitrine. Je n’ai finalement pas oublié l’effet qu’elle me faisait. Comme pour fuir ces pensées gênantes, j’essore un peu mon haut et la rejoins sur le sable, m’allongeant à ses côtés. Sa proximité amène comme un tremblement à mes membres que je peine à contrôler. Mais je me sens heureuse comme jamais, comme je ne l’ai pas été depuis des années. Depuis que je l’ai quittée, en fait. Elle ramène le bonheur par vagues immenses et chaudes à l’intérieur de mon être. C’est si bon, c’est si doux. Tournant le regard vers elle, je lui adresse un sourire simple et sans mensonge. Un sourire qui lui dit merci, qui lui crie que je l’aime. En effet, c’est si bon de la retrouver. « Je suis heureuse d’être enfin revenue ici, je souffle doucement, la gorge comme nouée par l’émotion. C’est comme si quelque chose m’avait été arraché lorsque je suis partie et je viens enfin de le retrouver. » Une partie de mon cœur, une partie de mon âme. Je suis enfin une et entière à son côté. Elle est la seule qui me complète et me rend véritablement vivante. Elle, Lana-Joy. Ma fée.


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kenzi&lana ∇ dans le feu de l’étreinte de nos corps qui s’esquintent.

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