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 CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant

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MessageSujet: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Lun 14 Juil - 1:19





Josh Week

(du 14/07 au 20/07)

Règles

Un personnage, sept jours dans la semaine, sept mises en situation dans Town Square. Voici le principe des challenge weeks. Chaque jour de la semaine, un membre recevra une mise en situation qu'il devrait développer en un minimum de 500 mots. Dès qu'il aura répondu à une situation, Morning Coffee lui enverra la prochaine. Le tout, pendant sept jours, du lundi au dimanche. Si le membre a réussi son challenge, il gagne un prix.

Programme

Lundi ▪ Joshua va acheter du lait à la petite épicerie du coin. Au détour d'un rayon, il tombe sur une femme enceinte... qui vient de perdre les eaux. Seul dans le magasin, à l'exception du caissier au téléphone avec une ambulance, il est obligé de s'occuper d'elle en attendant l'aide qui met du temps à arriver.
Mardi ▪ Joshua décide de passer la soirée au pub de la ville, le Fitzgerald. En fin de soirée, alors qu'il s'apprête à ramener une fille chez lui, un homme bourré lui tombe dessus et vomit partout sur lui. La fille en profite pour s'enfuir, dégoûtée par l'odeur et la scène.
Mercredi ▪ Le lendemain de sa bagarre, Joshua se réveille avec une douleur à la main. En l'observant, il la remarque gonflée. Inquiet, il se rend à l’hôpital. Des heures plus tard, il attend toujours que quelqu'un s'occupe de lui...
Jeudi ▪ La voiture de Joshua tombe en panne. Son téléphone est introuvable. Il pleut à verse. Il ne sait plus du tout quoi à faire.
Vendredi ▪ Après midi tranquille sur la plage de Town Square. Après la pluie, le beau temps, et Joshua compte bien en profiter. Ce qu'il avait moins prévu c'était le gamin qui préférait faire des châteaux de sable sur la serviette du jeune homme que sur la plage.
Samedi ▪ Joshua décide d'aller voir une voyante. C'était à la base pour se moquer d'elle, mais il est surpris de voir que ce qu'elle lui dit... est troublant de vérité. Elle finit par lui annoncer quelque chose qui va le bouleverser.
Dimanche ▪ Avec un verre en trop dans le nez, Joshua se laisse charmer par un homme.
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Lun 14 Juil - 15:56





Détruire un Prada


La perfection de l'Upper East Side, c'est d'avoir ce qu'on veut quand on veut. Tout est là. Toujours. Il suffit d'un claquement de doigts et tout apparaît (ou disparaît) comme par magie. Payez des pauvres prêts à tout pour avoir deux voire trois zéros alignés sur un chèque à la fin du mois et tous vos soucis sont réglés. Mais ça, c'est NY et ses grandes tours, la vue sur Central Park et les trottoirs lustrés d'un charmant quartier de gens friqués. C'est bien loin de la réalité d'une espèce de ville miniature comme Town Square.

Je me réveille à 9h40 précises, un rayon de soleil caresse mes draps de satin bordeaux et Chopin résonne dans ma chambre. J'ai attendu la fin de cette sublime musique pour sortir de ma couche et filer droit sous la douche. J'ai choisi l'un de mes costumes Prada noirs pour la journée. Je n'ai rien d'exceptionnel à faire aujourd'hui. Rien n'est transcendant ici. Rien.
Révision du budget de la société et placements en bourse. Quelques coups de téléphone professionnels à passer, des mails à envoyer.

Sitôt vêtu, mes chaussures de cuir vernies lacées, ma cravate ajustée, et mes cheveux peignés, je traverse l'antichambre et descends les quelques marches de mon duplex. Mon bureau est en bas, pour plus de commodités. Personne n'a à voir la totalité de mon appartement. Surtout pas les types avec lesquels j'ai des contrats. J'ouvre les grands volets et vais récupérer le journal sur mon palier. Je me sers un bon café bien noir et prends place à mon bureau. Les nouvelles de Town Square étant aussi vides que d'habitude, je me jette sur le Washington Post que je tiens à recevoir. Je regarde le cours de la bourse, j'écris quelques mails.
« Monsieur Grant ? Ici Sonia Tyler. Nous avons les croquis que vous demandiez pour la collection Happy Bunny. »
Super, cet appel de NY. Qu'importe les possibles décalages horaires, quand je bosse, mes employés bossent aussi. Surtout quand il s'agit de lancer une nouvelle collection et de se faire du beurre.

14 heures. Je relève la tête pour souffler un peu. Ils me gonflent tous, à ne pas savoir prendre d'initiatives, à me solliciter pour un oui ou pour un non. Je les déteste, ces abrutis qui me parlent de New York, me disent qu'il y pleut, qu'on attend mon retour d'un côté et que de l'autres, les gens parlent de moi pour raconter mes frasques. Je les hais surtout parce qu'ils ont le bonheur de vivre tranquillement dans la plus belle ville du monde, le paradis du riche et de son fric doré, pendant que moi, Joshua R. Grant, je crève doucement dans cette petite bourgade insipide et ennuyeuse.

J'ai faim. Je gagne ma cuisine trop grande pour un mec sans personnel. Avec dégoût, j'attrape quatre pommes-de-terre que j'épluche en manquant chaque fois de me couper les doigts. Je me demande si le commun des mortels aime toucher ces tubercules collantes et jaunes dégueulasse. Même le plus minable des couturiers bas de gamme n'oserait pas sortir une veste jaune patate.
Je coupe mes légumes et les mets dans l'eau bouillante. J'ouvre mon frigo, y trouve trois œufs cachés derrière un pack de bière et... MERDE...
Je voulais me préparer une purée. Un truc de pauvres, facile et rapide à faire, et quoi, j'ai pas de lait ? Une put*in de brique de lait ! C'est dans ces moments là que je rêve d'une vieille femme que je pourrais engueuler parce qu'elle n'a pas été capable de suivre la liste d'indications que je lui aurais préparé la veille. Je coupe le gaz et descends dans la rue. Le seul truc bien de cette ville, c'est que c'est tellement petit que tout est accessible à pieds.

Supérette. C'est petit. Et vide, à cette heure-ci. Ça tombe bien, je n'ai pas de temps à perdre. Le visage fermé, je me précipite dans la boutique. Produits frais ? Pas besoin. Biscuits ? Non plus. Œufs ? Ça va, merci. Lait ? Une brique. J'en prends deux, pour être certain de ne pas manquer et décide de traverser le rayon yaourts.

« Oh, Dieu merci ! Aidez-moi, je vous en prie. Je... Je viens de... Je suis enceinte et j'ai perdu les eaux, je crois... Aaah... »
Puta*n... Manquait plus que ça. C'est quoi le délire des petites villes, elle m'a pris pour Superman cette gonzesse ou quoi ?!
« Excusez moi ?! Je crois que je vais vomir. Si vous pouviez arrêter de faire des grimaces... CAISSIER ?! Y A QUELQU'UN LA-DEDANS ?! OOOH HEEEE !!!! »
« Je sais ce qu'il faut faire, je sais ce qu'il faut... faire... Donnez moi la main, s'il vous plait... »
« Vous êtes sérieuse ?! Oh, bordel, je déteste cette ville, je déteste ces habitants qui se foutent dans des positions pareilles. Vous pouviez pas attendre d'être chez vous pour larguer votre bébé ?! Non ?! C'était pas possible ?! »
« Ne vous énervez pas, vous allez faire stresser c'te pauvre dame. C'est beau la nature. J'ai l'SAMU en ligne. J'vais pas pouvoir vous aider. J'vous dirais quoi faire pour elle, OK ? »

Quoi ?! Mais il se prend pour qui lui. Il est juste gérant d'épicerie. Non, c'est pas OK ! J'ai pas demandé à être là, j'ai pas fait des études pour faire accoucher les femmes moi. Merde, elles sont belles dans mon lit, nues avec leurs jolies courbes mais elle... Elle me ferait peur.
« Passez moi ce foutu téléphone ! Vous allez l'aider et moi je vous donne les directives, allez ! »
« J'ai des... contractions... Ah, c'est douloureux. »
Mais elle va arrêter de me broyer la main, elle ? Fallait que je vienne ici alors que nous ne sommes que trois dans la boutique... Grrr, c'est pas possible, c'est un cauchemar, sortez moi de là !
« Ils arrivent, mais va falloir l'accoucher ici. Je vais lui donner la main et vous, vous allez récupérer le bébé, c'est ce qu'ils ont dit, allez ! »

Je suis blanc. Livide. Transparent. Je vais vomir. Je vais lui repeindre son magasin, à ce vieux camelot.

« Je ne peux pas faire ça. Mon costume, c'est un Prada. Vous savez combien ça coûte un truc pareil ?! Vous savez pas, hein ! »
Mais je peux pas la laisser comme ça, la pauvre dame. Écœuré et répugné, je m'agenouille aux pieds de la bonne femme aux jambes écartées.
D'habitude, ça me file une trique d'enfer, une belle femme aux cuisses ouvertes, mais là, c'est l'horreur, l'enfer. Pire que de perdre trois millions en bourse !

« Faut la faire respirer, la faire souffler et l'aider à pousser. Vous saurez faire. Moi je vais dehors pour leur montrer où qu'on est.»

J'ai même plus le courage de refuser. Je suis là, seul avec la future maman grimaçante au plein milieu d'une supérette, entouré de yaourts qui se foutent de ma gueule. Super tableau.
Je lui tends ma main gauche pour qu'elle puisse l'attraper. Cette folle me la broie en mille morceaux.
« Respirez...Et.... Poussez !!! »
C'est moche une femme en plein effort. Et la voilà qui beugle, en plus.
On recommence. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je suis presque autant en sueur que la femme.
Je retire ma veste et la pose à nos côtés. Une dernière fois. Ça y est, on entend des pleurs d'enfant. Je prends le bébé dans mes bras.
« C'est un garçon ! »
La mère du petit fond en larmes. Sans réfléchir, je le couvre avec ma veste. C'est vraiment laid un nouveau-né. C'est rouge et fripé.
Les ambulanciers arrivent et nous trouvent, elle à moitié allongée, moi à genoux, le bébé posé sur le ventre de l'inconnue. Ils coupent le cordon. Je m'essuie le front où de grosses gouttes de sueur perlent. Je suis dégueulasse à regarder. Ils allongent la femme sur un brancard pour l'emmener à la maternité.

« Beau boulot, chef !»

Beau boulot, ouais. Put*in, cette ville me rend presque humain. Je suis dégoûté de ce que j'ai vu. Mais je ne peux pas m'empêcher de me sentir un peu fier.

« Attendez ! » Elle se tourne vers moi. « C'est quoi votre nom ? C'est pour le bébé... »

« Joshua. »

« Salut bébé Joshua... » Non... Ne me dites pas qu'elle va l'appeler comme moi... « Et votre veste, repren... »

« Gardez là. Que voulez-vous que je fasse d'une veste Prada détruite ? »

Ils l'emmènent. Le bébé prénommé Joshua aussi. Je lui souhaite une belle vie. J'espère que sa mère sera toujours là pour lui.
L'épicier tient à ce qu'on se débouche une bouteille de Champagne pour l'occasion et me laisse repartir sans payer mes briques de lait.
Je rentre chez moi. L'appétit coupé. J'ai plus envie de ma purée. Je vais me doucher, longuement avant de m'installer sur l'ordinateur de mon bureau pour me commander en ligne une nouvelle veste Prada.
 
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Mar 15 Juil - 13:44





Sexy Bitch


Je lève la tête. 18 heures. J’ai cru que je n’allais pas m’en sortir, entre l’appel de mon pote qui a besoin de thunes pour sa caution et celui de mon père qui me demandait mon avis sur une boite dans laquelle il compte investir. Je suis cassé, vidé. J’ai qu’une envie, c’est de sortir, me bourrer la gueule et ramener une fille chez moi. Belle, bien foutue, pas maquée et que j’aurais pas à payer. Je range ma paperasse dans un tiroir de mon bureau, ferme mon ordinateur et sors de la pièce que je ferme à clé. Je passe par ma bibliothèque et pose ladite clé derrière le gros volume encyclopédique, là où personne ne pourrait la trouver s’il la cherchait. Même dans cette petite ville, on n’est pas à l’abri d’un cambriolage.

Je me laisse tomber dans l’un des fauteuils victoriens taupes, soupire et pense à NY, à mes soirées de beuverie, perdu entre mes potes et les filles, le Champagne coulant à flots. C’est ça qui me manque : la joie du fric à partager. Je soupire encore et encore devant mes souvenirs. Je me lève vers mon mini bar et constate avec effroi qu’il ne me reste plus une goutte de whisky. Ca m’emmerde. J’en ai marre de tout faire moi-même, de tout oublier, de ne pas pouvoir passer mes nerfs sur l’employée qui aurait oublié de passer le plumeau sur l’armoire de la troisième chambre d’amis.

Dépité, je monte dans ma chambre et me déshabille. Je vais sous la douche. C’est peut-être le moment que je préfère dans la journée. Je reste une bonne vingtaine de minutes sous l’eau brulante, sors et m’habille. Je fais pas d’efforts : un jean, un perfecto noir et mes Valentino parfaitement cirées. A quoi bon faire attention, sortir le nœud papillon ? Hier, on m’a dégueulassé une veste Prada. C’est bon, ça m’a saoulé. Je me regarde dans le psyché. Potable, sortable. De toute façon, c’est pas ici que je vais serrer. J’ai rien à prouver à personne ici. J’ai juste envie d’un verre de whisky. Un bon. Je prends les clefs de ma Bentley et sors de chez moi. Direction le centre ville.

C’est pas comme s’il y avait plus d’un pub à Town Square. Je me gare à proximité du Fitzgerald, passe la porte et commande un double whisky au comptoir. Il y a pas mal de monde pour un mardi. Dommage pour la tranquilité, me voilà tenu de cohabiter avec des sauvages. Je repère une table et m’y installe. Mes yeux naviguent de clients en clients et finissent par se poser sur une fille. Une belle blonde aux yeux foncés qui roule du cul quand elle marche. Je la détaille. Visage fin, longue chevelure, petit cul serré dans un jean kaki, bottes chocolat cirées, pull large crème. Elle me fait de l’effet. Comme une bouteille de gaz dans une cheminée. Je passe une main dans mes cheveux, avale mon verre cul sec et me dirige vers le comptoir. « La même chose. » Le temps d’être servi, je m’accoude au bar et couvre l’inconnue du regard. C’est électrique. Ses yeux croisent les miens, elle me sourit, je cligne de l’œil gauche, ça l’aguiche. Je récupère mon verre, remercie le serveur et reprends place à ma table. La bombe me suit.

« Belle soirée, pas vrai ? » Elle s’asseoit en face de moi. J’esquisse un sourire. « Depuis que je t’ai croisé, ouais. » Elle est fraîche, mignonne. On s'enfile les verres les uns après les autres. Je fais des allusions plutôt chaudes à mon lit, mes draps bordeaux, ma douche chaude et ma langue agile. Elle se montre réticente, c'est une allumeuse.

La fréquentation du pub change. L'heure tourne. Les boissons s'enfilent. Y a pas de jour pour se mettre à l'envers. Je pense à NY, mes soirées clopes-Champagne-coke-baise. Je ris. La nana se détend. Elle se fait appeler Em'. C'est bien, c'est court. Je me tape de son prénom. J'ai qu'une envie : lui sauter dessus et oublier.

« T'as déjà fait un tour en Bentley ? Je parie que non. Je t'emmène ? » « Non. Jamais. Mais... Ok, tu peux... m'emmener. » C'est plus facile que ce que j'avais espéré. Je me lève. Elle me suit. Je passe devant elle, me retrouve sur le trottoir. Un groupe de mec siège devant le Fitzgerald. Un abruti s'approche de nous. « Ils sont pas mignons ? » Qu'est-ce qu'il a ce con ? J'ai pas le temps de riposter. Complètement bourré, le voilà qui ouvre sa bouche et me dégueule dessus. Je suis couvert. De la tête aux pieds. Le mec se marre. Je m'énerve. « Espèce de conn*rd, regarde ce que t'as fait !! Tu vas me le payer, sale alcolo de mer*e ! »

Le mec me regarde, coi. Mon sang ne fait qu'un tour et je lui cogne mon poing sur le nez. Il riposte. Une bagarre éclate. Ses potes tentent de nous séparer. Je suis en furie. « Prends ça ! Tu l'aimes mon poing, hein ?! T'as de la chance, je suis en forme. Allez viens, approche ! »

Le tableau de deux mecs alcoolisés qui se foutent sur la gueule en pleine rue, c'est beau. Je peux aller partout, y a toujours un moment où ça dégénère.
« J'espère que ton portefeuille est plus accroché que ton estomac ! Tu vas douiller en note de pressing. C'est soit ça, soit tu me repaye le tout. Tu m'entends ?! »

Impossible de me calmer. C'est fou quand même. C'est dégueulasse, ça pue. Je sais même pas comment rentrer chez moi. Impensable de prendre la Bentley dans cet état. C'est une voiture de luxe, pas les urinoirs de Town Square.
Je prends le numéro du mec qu'un de ses potes m'a filé. Je suis certain que c'est un faux. Ca a ameuté les clients du pub, tout ça. Lâchez moi, bordel. Certains se foutent de moi, d'autres trouvent que j'ai une sacrée droite.

Je me retourne et dis à Em' :« Désolé pour le tour en Bentley, c'est foutu. On va prendre un taxi. »
La sal**e. Elle a profité de cette scène pour se barrer. Allumeuse. Allumeuse. Allumeuse. J'ai horreur des filles qui assument pas. Journée de merde et soirée de merde. C'est pas ce soir que je vais tirer mon coup. Je déteste définitivement cette ville. Seul, je remonte la rue, crache par terre. Ce con m'a salement amoché. J'ai l'arcade qui saigne. J'appelle un taxi, monte dedans. Pour l'odeur, je lui laisse un gros pourboire. Je m'engouffre chez moi, jette mes fringues et prends une douche. Bordel, ce que c'est bon, une douche.
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Jeu 17 Juil - 1:45





Arnica


Hier soir, après m'être douché, je me suis couché. J'ai apprécié la douceur de mes draps propres, leur fraîcheur. Avec mes aventures, l'envie d'une fille m'était passée. J'étais cassé, claqué. Mais casser la gueule de ce pauvre naze avait apaisé mes nerfs. J'ai fermé les yeux et ne me suis réveillé qu'à 11 heures ce matin. Je suis courbaturé. Mon dos me fait souffrir. Ma mâchoire aussi. Mais le pire, c'était cette douleur lancinante à la main droite. C'est vrai que je lui ai collé de sacrés coups de poing, à ce vieux poivrot.

Je pense que je devrais me remettre au sport. Au jogging peut-être. Ou bien refaire du basket. J'ai peut-être de l'avenir dans la boxe, qui sait ? Je m'imagine déjà fouler le sol de Town Square en survêtement, le casque vissé sur les oreilles à transpirer comme un Apollon sur du AC/DC.

Je me redresse dans mon lit impérial, adossé contre la tête de lit. Ma tête à moi tourne comme jamais. Je me promets de ne plus me noyer dans l'alcool. Promesse que j'ai répété plusieurs fois. Promesse que je ne tiens jamais. Je ferme les yeux, un instant. J'ai l'impression que je vais mourir au moindre geste. Haut-le-cœur. Je ne peux pas me permettre de gerber dans mon lit. Je me lève aussi vite que possible et dégueule dans la cuvette des chiottes. Bordel, ça me fait penser au pochtron d'hier soir. Deuxième salve de bile. Ma tête tourne, ma main me fait un mal de chien. Regard. C'est moi où elle est gonflée ? Put*in, j'ai la main de Mickey Mouse. Cool, les gars.

Je décide de me débarbouiller, de sauter dans les premières fringues qui me viennent et de prendre une aspirine. Ma tête est sur le point d'exploser. Impossible de conduire dans cet état. De toute façon, la Bentley est toujours du côté du Fitzgerald. J'espère qu'il ne va rien lui arriver. J'appelle un taxi. Direction l’hôpital. Je prends un sac en papier dans la voiture, au cas où j'aurais besoin de vomir.

J'arrive aux urgences vers midi et demi.
 « Votre nom ? » « Grant »  « Prénoms ? » « Joshua Raphael » « Âge ? » « 26 ans »  « Raison de votre venue ? » « Euhm. Main cassée, j'en sais rien. »  « Patientez en salle d'attente. Troisième porte sur votre droite. »  

Quoi, c'est tout ? Je pousse la porte de la salle. Elle est plus grande que ce que j'imaginais. Je trouve une place sur un fauteuil à côté d'un papy sans dents qui me sourit. J'ai pas envie de sourire. Je fixe ma montre. La trotteuse me nargue, ma main me fait un mal de chien. Des gamins crient, pleurent, hurlent. Je repense à la femme de lundi et à son bébé. Si ça se trouve, ils ne sont pas loin. Je me penche vers la petite table basse en verre et attrape une revue. Le sujet principal ? Comment maigrir en vingt-huit jours. Les femmes et leurs lubies. Ca m'exaspère. Je soupire, je grommelle. La salle ne désemplit pas. L'heure tourne.

 « Monsieur Jackson ? »  
Le petit vieux qui était à mes côtés s'en va. Veinard. Je suis entouré de pauvres et de mecs mal en point. Ils me filent la gerbe. Surtout le type aux cheveux gras, sales, et à l'odeur de frites. Je prends mon smartphone. Je joue encore et encore. J'en peux plus.  

 « Madame Stones ? »  
C'en est trop. Je bous intérieurement. De quel droit ils me font attendre pendant des heures ? Ca fait des plombes que je poirote dans cette salle qui pue le fauve à plein nez.

« C'est toujours comme ça ici ? Quatre heures à attendre un palper du trou du c*l ?! »
Les patients me regardent. Certains s'indignent. On me demande de me calmer. Quoi, j'exagère ? A peine, mon gars. J'en ai juste marre d'avoir le cul posé sur un canapé pourri qui me pète le dos. J'aurais du aller chez un médecin en ville.

Cinq heures que je suis bloqué dans ce put*in d’hôpital. Je vais tuer quelqu'un, si on ne me retient pas.
 « Monsieur Grant ? » « J'ai cru attendre. » « Le docteur vous attend en salle 2. » Salle 2. J'entre dans la pièce. Une superbe femme en blouse m'accueille.
« Monsieur Grant, c'est ça ? Je vais vous faire passer une radio de la main. Selon moi, ce n'est vraiment pas grave. »
Le diagnostic tombe. « Ce n'est qu'une petite entorse. Comment est-ce arrivé ? » « Soirée alcoolisée. Coup de poing. Je ne vous fait pas de dessin. » « Je vois. Quoi qu'il en soit, il était inutile de venir nous voir. Un peu d'arnica pendant une semaine et ça ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Tout pharmacien aurait su ça. Au revoir, Monsieur Grant. J'ai des cas plus urgents à traiter. Si vous voulez un conseil, évitez de cogner n'importe qui et vous vous porterez mieux. » « Conn*sse. »
C'est sorti tout seul. A demi mot. Je déteste les femmes suffisantes. Pour qui elles se prennent ?

J'ai ruiné ma journée à attendre ici, dans cet hôpital miteux pour une put*in de pommade. Merci. Je paye ma consultation, l'air suffisant, sors du bâtiment, appelle un taxi qui me dépose devant le Fitzgerald. J'espère ne pas croiser l'alcolo d'hier et file récupérer ma Bentley qui sera plus en sécurité dans mon quartier. Je passe à la pharmacie du coin, récupère mon arnica que je tartine généreusement sur ma main droite. Tout ça pour ça.

  
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Sam 19 Juil - 10:27





Virée à Portland


J'en ai marre d'être coincé ici, dans cette petite ville. J'ai besoin de changer d'air, de voir autre chose, d'être entouré d'immeubles, de magasins dignes de cette appellation. J'ai pas bossé hier, mais je n'ai pas la tête à ça aujourd'hui. J'arriverai très bien à rattraper le retard accumulé dans mes dossiers les jours prochains. Après tout, ce n'est pas comme s'il existait un quelconque divertissement ici, un truc qui peut attirer mon attention, quelque chose de cool qui m'empêcherait de ne pas me donner à deux cent pour cent dans mon boulot. J'appelle ma secrétaire à NY pour lui signaler que je ne serai pas joignable les six prochaines heures au moins, j'avale un café noir et je me mets en route pour Portland.

Ma main ne me fait presque plus souffrir. Je peux tenir le volant, passer les vitesses de ma voiture sans aucun problème. Le ciel s'assombrit. Qu'importe, mon humeur est légère. J'allume mon autoradio, sourire aux lèvres. Rien ne gâchera ma journée, parole de Grant. Et je roule, traverse paysages, villes et villages. J'arrive à Portland, j'y passe la journée. Je flâne, m'achète deux ou trois nouveaux costume, je flashe sur un fauteuil design que je commande et qu'on me livrera à la maison sous dix jours, je déguste un café, regrette de ne pas y aller plus souvent à Town Square et déambule dans un parc. Le ciel se charge, les nuages mangent les parties encore bleues. Je me dirige vers ma voiture, range mes nouvelles acquisitions dans le coffre et me remets en route.

Il commence à pleuvoir à grosses gouttes. Je suis bien content d'être à l'abri dans l'habitacle. Je change de musique, je l'accorde à mon humeur qui s'assombrit. J'ai parfois l'impression d'être comme le temps. Je roule, roule. Puis ma voiture cahote, on dirait qu'elle a un rhume. Elle refuse d'avancer. C'est la panne. Il manquait plus que ça : tomber en rade au milieu de la forêt, sur une route peu fréquentée. Je suis un chic type, mais je joue de malchance en ce moment. Je suis assuré, c'est le principal. Un coup de téléphone et une dépanneuse viendra me chercher. J'allume mes warnings et cherche mon téléphone dans ma poche. Rien. Dans les poches de ma veste. Rien. De mon pantalon. Rien. Mer*e.

J'ouvre la boite à gants, cherche frénétiquement, ouvre le coffre de la voiture, mais rien. Je suis coincé dans la forêt, pluie battante, et j'ai oublié mon put*in de téléphone portable à la maison ?! J'y crois pas, c'est pourtant pas mon genre d'oublier mes affaires. C'est vrai que je voulais de la tranquillité, mais quand même. Je suis désemparé. Que faire ? Marcher toujours tout droit ? Un regard en direction de la forêt ne me rassure pas. Faire du stop ? Il n'y a pas eu de voiture depuis plus de dix minutes. Ça y est, je vais mourir ici, dans cette forêt de l'ouest américain.

Je me demande s'il y a des loups, des bêtes sauvages capables de s'attaquer à moi. Je respire fort. Un Grant n'a jamais peur. Je cours au coffre, prends un parapluie pour m'abriter de cette drache et ferme la voiture. J'avance, frigorifié car déjà trop trempé. Ca me tape sur les nerfs. Et y a pas un pelé dans les environs. J'espère qu'à marcher toujours tout droit, je vais finir par tomber sur une station-service.

Des phares dans mon dos. Je m'arrête, fais de grands signes. C'est un camion qui passe par là. Il s'arrête.
« C't'à vous l'voiture arrêtée plus haut ? »« Evidemment. A qui d'autre ? »« C'machines là, c'tombe en panne quand y faut pas. T'vas où gamin ? » Gamin ? J'ai l'air d'un gamin ? Je regarde le routier. J'ai pas envie de discuter : si je fais ma mauvaise tête, il risque de me laisser là, à moisir sur le bas côté. « A Town Square. Ou dans une station-service. J'ai perdu mon smartphone, je suis coincé ici. Faut que je fasse revenir ma voiture dans le garage le plus proche. »« Allez, grimpe !»« Merci Monsieur. »« T'peux m'appeler Johnny. C'pas le grand monde ici. »  
Je profite de mon premier voyage en camion. C'est une sensation étrange que de dominer la route. Johnny me dépose aux abords de Town Square. Je veux le remercier en lui donnant de l'argent qu'il refuse.

Sauvé par un routier. Ça en jette. Je rentre chez moi à pinces, je suis complètement trempé. Mon téléphone est bien resté sur mon bureau. J'esquisse un sourire, appelle une dépanneuse qui doit récupérer ma voiture que j'ai salement abandonné sur le bas côté. De toute façon, j'en ai d'autres. Après une bonne douche chaude et une tisane avalée, je me mets au lit : je veux éviter la grippe et être en forme demain pour avancer dans mon travail. J'espère juste récupérer mes nouveaux costumes au plus vite.    
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Dim 20 Juil - 20:06





Short hawaïen


En ouvrant mes volets, j'ai vu que le soleil avait retrouvé Town Square. J'ai repensé à hier et mon aventure humide sur la route reliant Portland à la petite ville. J'ai le don de me prendre des casseroles tous les jours, je crois. J'ai regardé mon téléphone. Le garage qui a récupéré ma voiture m'a laissé un message. Il ne s'agissait que d'un problème de batterie, je peux la récupérer d'ici demain. Ils sont plus compétents que ce que j'imaginais.
Je traîne dans mon appartement, travaille un peu dans mon bureau. Le soleil me fait envie. J'ai envie d'oublier mes péripéties d'hier, envie de dorer au soleil. Je m'imagine allongé sur la plage, à faire le plein de vitamine D. Bon d'accord, c'est loin d'être la Californie, les nanas en monokini et le cocktail à la main, mais c'est mieux que rien, non ?

Je me prépare, enfile mon short hawaïen rouge et blanc, un T-shirt blanc. Je prends un sac glacière dans lequel je glisse quelques bouteilles de jus de fruit et de la citronnade faite maison. Dans mon sac à dos, je prends serviettes, smartphone et mon bouquin du moment. Je prends mes lunettes de soleil qui m'ont coûté une blinde et mon lait protecteur, histoire de ne pas ressembler à ces imbéciles qui reviennent rouges de leur journée en bord de mer.

Je monte dans ma Bentley. C'est le privilège des riches : avoir plus d'une voiture et ne jamais tomber vraiment en rade. Je charge ma bagnole et prends la direction de la plage. Il y a peu de monde. Les gens doivent venir plutôt le week-end. J'en sais rien. Je m'en fous. J'ai pas nécessairement envie d'être entouré de toutes ces personnes qui sucent des churros à la pâte à tartiner en trempant leurs pieds dans l'eau salée.

Je me gare, vais sur la plage. Le sable est frais, sûrement à cause de l'humidité d'hier. Je me cherche une place. Proche de l'eau, dépose tout mon barda, retire mon t.shirt. Je lance un sourire charmeur à la nana assise pas loin de moi et contracte mes abdos. Je passe une main dans mes cheveux et décide d'aller dans l'eau. Elle est fraîche. Je m'avance, encore et encore, assez pour pouvoir nager. J'ai pour objectif de faire plusieurs aller-retours jusqu'à la deuxième bouée. J'aime la sensation d'être dans l'eau. Je m'y sens libre, légers. Je prends plusieurs vague en pleine face. C'est salé.

Mes longueurs terminées, je décide de retourner sur la plage. Le soleil réchauffe la ville, j'ai envie de m'allonger sur ma serviette colorée, sécher au soleil. J'aime ce moment où je sors de l'eau, le torse perlé, les lèvres salées. J'aime sentir le regard des nanas assises sur la plage sur moi. J'aime aussi laisser la trace de mes pas dans le sable humide. Je fais quelques pas. Surprise.

Je déteste le sable sur moi. Le moindre grain me rend dingue. Ca gratte, c'est pas classe. Alors voir un petit gamin verser du sable sur ma serviette et s'éclater avec pelle, seau et râteau, ça me fait sortir de mes gonds.
« Petit. Ta mère ne t'a jamais dit de ne pas jouer avec les affaires des autres ? »
J'ai pris ma plus grosse voix. Mes yeux sont noirs, mes sourcils froncés. « Mais.. Abouh ! » Le gamin me regarde, sourire aux lèvres, en lançant du sable partout. Il verse le contenu de son seau en forme de château sur ma serviette. Je le fusille du regard et hurle : « Est-ce que cette chose appartient à quelqu'un ?! » Je saisis le gamin du bout des doigts et l'assoit dans le sable. Une femme s'avance. « Il y a un problème avec Jake ? » Un problème ? Non, aucun. Ton fils s'amuse avec mes affaires, mais tout va bien. Tu réfléchis un peu, ou bien ? « Non, du tout. Vous trouvez ça sans doute normal que votre animal de compagnie se ballade tout seul sur la plage et joue avec ma serviette ?! Faire des gosses, c'est bien. Les éduquer, c'est mieux ! »« Mon "animal de compagnie" ? Surveillez votre langage. Pauvre chaton... » Elle se penche vers lui. « Quant à critiquer ma manière d'éduquer mes enfants, c'est petit. Je pense que votre éducation à vous laisse à désirer, vu votre manière de traiter ce pauvre chéri ! » « Je ne vous permets pas de parler de la façon dont on m'a éduqué, et je vous conseille de partir tout de suite avec votre gosse. » Elle me regarde, ahurie, porte son enfant et se retire. Je souffle.

Ma journée à la plage est ruinée. Je secoue ma serviette et remballe mes affaires. Je peste, maudit cette conn**se et rentre dans ma voiture. Il ne me reste plus qu'à rentrer. Tant pis, ce soir, j'irais me promener sur le port. J'ai pas envie de rester enfermé. Et j'en ai marre, de tous ces gens qui me tapent sur le système. A croire que le mauvais sort s'acharne sur moi.
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Dim 20 Juil - 21:19





Crystal Ball


Ce matin, je suis tombé sur une pub internet. Un truc rose, moche. "Consulter votre voyante". Est-ce qu'il y a vraiment des gens assez idiots pour croire à ces inepties ? Ça me fait marrer. J'ai relevé mes mails, je suis allé chercher le journal sur mon palier, comme tous les matins. J'ai vu la même pub. J'ai trouvé ça idiot. Et puis, j'étais d'humeur à emm*rder quelqu'un. J'ai appelé le numéro inscrit sur la pub. Rendez-vous à 15 heures.

C'est comme ça que je me suis retrouvé sur ce parking. C'est un local assez minable. Un truc de vieille sorcière. Je souris, moi qui pensais que les voyantes avaient des roulottes. Je pousse la porte du bâtiment et m'assoie sur un des sofas rouges sang. Des candélabres brûlent. Une lourde odeur d'encens envahit la salle d'attente. Kitsch. C'est comme ça qu'ils comptent impressionner le client ?

« Joshua ? Je vous en prie, suivez moi. Mettez-vous à l'aise, retirez votre veste et prenez place dans ce grand fauteuil bleu. » Je la suis, pose mon royal fessier dans le fond du fauteuil bien confortable. Je regarde la vieille folle avec un air de défi. « Vous n'êtes jamais venu ici. C'est la première fois que vous consultez, je le sens. Vous n'êtes pas du genre à vouloir tirer les cartes. La boule de cristal... La boule de cristal peut communiquer. »« La boule, hein ? Ouais... Allons pour la fameuse boule de cristal. » « Bien. Que voulez-vous savoir ? Amour, argent, santé ? »« Je m'en fiche. Je ne crois pas à vos conn*ries. » « Mh... Je vois que vous êtes un jeune homme plein d'ambition. Vous avez vingt-quatre... Non. Vingt-six ans. Je vois juste ?»« Vingt-six, oui. » « Vous êtes arrivé à Town Square il y a deux mois maintenant... Vous avez fuit New-York... Sale histoire... Argent, drogue, sexe... »« Qui ne le sait pas ? » « Vous jouez les gros durs pour vous cacher. Vous avez perdu votre mère. Elle n'a pas quitté votre monde mais vous n'avez plus de liens avec elle. Elle vous a déçu, n'est-ce pas, Joshua ? »« C'est vrai. Elle est partie en me laissant avec mon père. » Comment elle peut savoir ça ? J'essaye de ne jamais en parler, pourtant... « Vous devez vous demander comment je sais. La boule sait. Vous avez étudié à Yale. Finances ? Aujourd'hui, vous gérez votre entreprise.  D'une main de fer. Vous aimez l'argent. Vous vous réfugiez dans l'argent pour fuir les autres. Vous n'avez pas confiance, mais vous verrez que vous vous attacherez à quelqu'un. Votre humanité refera surface, un jour. » Mon humanité ? De quelle droit elle parle d'humanité ? J'ai jamais aidé les autres, peut-être ?!

La vieille voyante se lève et prend une boite d'allumette. Elle en fait craquer une sur la mèche d'une bougie blanche. Les effluves d'un parfum lourd parviennent à mes narines. Je détaille ses vêtements noirs, son châle vieilli sur ses épaules. Ses bottines martèlent le sol. Elle se rassoit.
« Vous avez aidé une jeune femme à accoucher. Vous avez bon fond. Curieux de savoir ce que dit la boule sur vos histoires de cœur ? »  J’acquiesce en silence. Qu'est-ce qu'elle va me dire, encore ? « Vous n'êtes pas prêt de vous poser en couple. Mais quelqu'un risque de s'attacher à vous. Quelqu'un que vous ne soupçonnez pas. » S'attacher à moi ? Ca me fait doucement rire.
« Et pour ma famille, quelques mots ? »
Après tout, ce qu'elle me dit n'est pas totalement faux.

« Vous êtes vraiment sur de vouloir savoir ? » Je la fixe. « Votre boule de cristal ne le dit pas ? »« C'est pour vous, que je dis ça. Votre mère, même si vous ne la portez pas dans votre cœur, va nous quitter. Accident de voiture. »
J'ai la chair de poule. Je suis livide.
« La consultation est terminée, Joshua. Ça fera 250 $. » 250 $ ? Elle ne se mouche pas du pied. Je lui paye et sors du local. Je vais vers ma voiture et m'assoie. Je me regarde dans le rétro. Je suis vraiment blanc. J'ai besoin d'un verre pour m'en remettre. Même si j'aime pas ma génitrice à cause de son départ brutal et que je lui en veux, ça me ferait bizarre de la savoir morte. Je mets le contact et décide d'aller au Fitzgerald. Je commanderai un double whisky. Et un deuxième, s'il le faut.
  
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MessageSujet: Re: CHALLENGE WEEK → Joshua R. Grant   Dim 20 Juil - 22:13





Premier baiser


Je me suis levé tard. Secoué par l'histoire de la voyante, je n'ai pas trouvé le sommeil avant une heure tardive. J'ai traîné, je me suis promené au bord de l'océan. J'ai eu besoin de réfléchir, d'effacer les images de ma mère qui me venaient en mémoire. L'heure avançait, peu à peu, et je suis retourné au Fitzgerald. Je crois avoir trouvé mon nouveau QG.

20 heures. Je rentre dans l'établissement et commande un double whisky, comme à mon habitude. Je m'assoie au fond de la salle. J'ai une vue imprenable sur les consommateurs. Les nanas sont sexy. Pas de trace de Em', la fille que j'ai croisé au début de la semaine. De toute façon, j'ai aucune envie de tremper mon biscuit ce soir. J'avale un verre, puis deux. Le Fitzgerald tangue. Je vois les gens rire et sourire. J'ai envie d'être dans un club à NY, de danser comme un loup, de me défouler et de laisser exploser ce qui brûle à l'intérieur de moi. Je commande plusieurs shooter que j'ai vite fait d'avaler. Mon sang se transforme en une délicieuse liqueur chaude, trop chaude. Ma gorge bout, mes tempes frappent, mon cœur bat trop fort, mes yeux sont plus sombres que d'habitude.

L'heure tourne. Je vois un groupe de mecs. Des nanas ensemble. Mon visage est fermé. Un garçon s'approche de ma table.
« C'est occupé ? » Il me prend pour un c*n ou quoi ? Il a bien vu que non, depuis tout à l'heure. « C'est rhétorique ? » Je suis sec, froid. Je le regarde dans les yeux. Le mec s'éloigne et rapporte deux double whisky. « Maintenant ça l'est. Je t'ai jamais croisé ici, tu es nouveau dans les parages ? » Qu'est-ce que ça peut lui foutre ?« Si on veut.» « T'es pas très bavard, pour un beau mec. Moi c'est Tim. » Un beau mec ? Je trempe mes lèvres dans la boisson à 40°, puis les lèche doucement en regardant le type dans les yeux. « Joshua. Josh'. » Tension. Nos regards se croisent. J'ai chaud, très chaud. Il passe une main dans ses cheveux. Il est beau. Mystérieux. Je déboutonne ma chemise d'un cran. Je vais exploser. « Un beau mec, tu trouves ? T'es plutôt pas mal aussi. » Il sourit. « Mon genre. Brun, les yeux bruns. Pas du genre à se laisser toucher par le premier venu. Mais tu ne m'as pas répondu, ça fait longtemps que tu es ici ? » « Quelques mois. Pourquoi ?» « Parce que. Ca m'étonne de ne jamais avoir repéré un mâle comme toi. J'ai des radars, tu sais ? » J'éclate de rire. Ca ressemble à de la drague. En fait, j'en sais rien. C'est pas comme si c'était mon bord, les mecs. Le type se rapproche de moi. On discute de tout, de rien. J'ai l'impression que je n'arriverai pas à avaler une goutte de plus mais chaque verre passe comme du petit lait. Je suis bien. Détendu. Pour la première fois de ma vie, j'ai l'impression d'appartenir à cette ville. Exit le Josh' de l'Upper East Side, le drogué froid et distant. Tim pose sa main sur ma cuisse. Je n'ai pas le réflexe de me reculer. Le contact est chaud.

Il y a du bruit. Beaucoup. Ma tête tourne. Je ne pourrais jamais reprendre la voiture pour rentrer chez moi. Jamais. Je suis certain que je ne tiendrais pas debout. Pour me parler, il est obligé de s'approcher de moi. Je peux sentir son souffle sur mon cou, ses lèvres frôlent presque mes oreilles. Je frissonne. C'est presque agréable. Je dois lui rendre la pareille lorsque c'est à moi de m'exprimer. Ses lèvres sont belles. Rosées. Elles ont l'air douces.
Son regard s'attarde sur les miennes, sur mes dents, mes yeux. Je n'arrive pas à soutenir son regard hypnotique. Je baisse les yeux. C'est la première fois depuis des années que quelqu'un me fait agir comme un gamin.

Il s'approche de moi. Je n'ai pas le temps de comprendre. Mes lèvres sont suspendues aux siennes. C'est comme un feu d'artifice. Un électrochoc. Ma peau se tend. Mes joues rougissent. Je ne sais plus ce qu'il se passe, je ne sais plus qui je suis. Le Fitzgerald disparaît, comme par magie. J'ai perdu le contrôle. Je le perds encore. J'ai l'impression d'être happé par un tourbillon. Je mords mes lèvres en le regardant. Je ne sais plus quoi dire.

« C'était la première fois ? » Je le regarde. Je n'arrive pas à parler. Qu'est-ce qu'il m'a fait, mon Dieu ? Et comment ai-je réagi ? « Oublie ma question. Je l'affirme. C'était la première fois. » Il dépose un léger baiser dans mon cou. Je frissonne. J'essaye d'articuler le mieux possible. C'est compliqué. « Il faut... que... Je dois... Il faut rentrer... » Je me sens vidé. Ma tête ne cesse de tourner, j'ai mal au cœur. Tim baisse les yeux sur la table. Il voit mes clés de voiture. « Dans cet état ? N'y penses même pas. » « Mais... » « T'inquiètes. Je vais te ramener. »

Ses paroles sont mon dernier souvenir. Ensuite, trou noir. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Et j'ai peur d'imaginer.
 
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