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 Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]

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MessageSujet: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Mer 8 Oct - 16:18





Diabolo menthe ou grenadine ?


Elle n’était jamais venue au bar, pourtant, j’avais toujours cette appréhension de voir débarquer Sam tout à coup et venir me commander un verre : pas de choix que de la servir, après tout, c’était un peu mon job. L’éternelle question revenait sans cesse – comment est-ce qu’il fallait agir dans ces moments là ? Au vu de notre passé houleux, je n’étais pas forcément dans le trip de lui donner sa pinte de bière et charmant sourire aux lèvres, vous voyez un peu l’idée. Surtout que c’était pas dans mes habitudes d’être fausse donc j’avais un peu le cul entre deux chaises entre celles qui reste fidèle à ses valeurs et l’autre qui tiens pas plus que ça à perdre son emploi. C’était déjà pas celui rêvé, mais en attendant la carotte c’était l’argent qu’il y avait au bout du mois, et ça c’était quand même un détail pas négligeable.

L’angoisse était souvent atténuée pendant les moments de rush, parce que j’avais bien trop à faire sur place, pour avoir un combat intérieur avec moi même en attendant sur ce que j’éprouvais encore vis à vis de cette fille devenue femme, de la rancune, de l’amertume, enveloppées d’une pointe d’affection malgré tout. Une chose était certaine, je préférais me livrer à ce genre de petites batailles en solitaire, Sam n’avait pas besoin de venir y rajouter son grain de sel, après tout on avait bien vu ce que ça avait donné la dernière fois, lorsque par hasard j’étais tombée nez à nez avec elle dans sa boutique de vêtements. J’avais dessiné une grosse croix rouge sur le bâtiment comme les endroits pas forcément à éviter parce que je ne voulais pas qu’elle croit une seconde que j’étais pas libre de mes mouvements simplement parce qu’elle était là, mais si je n’avais aucune raison d’aller traîner dans le secteur, je n’allais pas m’y forcer non plus. Tout ça pour dire que l’idée d’une nouvelle confrontation ne faisait pas partie de mes projets parce que ça provoquait chez moi trop de réactions ingérables et ma seule envie, c’était de me protéger de toutes ces inquiétudes.

Ca allait probablement arriver un jour où l’autre, me dis-je alors que j’étais sortie sur la terrasse, une fois le coup de feu passé, pour nettoyer les tables abandonnées par les différents clients. Si elle était toujours ce qu’elle était, car j’avais d’elle la même image de l’adolescente du lycée, elle aimait se laisser vivre et sortir, donc la liste des pubs de Town Square n’était pas si longue que ça. Chaque jour passé où elle se révélait absente était finalement un soulagement et en attendant, je pouvais m’adonner à mes petites activités mentales tout en passant un coup de torchons humide des précédentes tâches d’alcool laissé sur les tables. Je coinçai l’un des pieds de chaise grâce à ma cheville pour la remettre en place avant d’achever de la remettre bien droite en poussant son dossier.

- Je vous ramène ça, assurai-je à un groupe de trois dont l’un d’entre eux demandait un mojito. Ce n’était pas moi qui étais préposée aux cocktails ce soir et ça me changeait les idées d’être ailleurs que derrière le comptoir.

Je repérai une chevelure blonde un peu plus loin sur la terrasse qui elle aussi attendant son tour. Je me faufilai entre les tables pour arriver à sa hauteur et composais cette expression, toujours la même, parce que c’était celle que j’utilisais avec les inconnus qui venaient prendre une petite pause en soirée par ici. C’était instinctif, l’apparence n’était que de façade – j’étais nouvelle barmaid après tout donc j’avais cette bonne conscience de vouloir absolument bien faire quitte à ce que chacun de mes mouvements paraissent formatés, afin de faire mes preuves et prouver au patron qu’il avait bien fait de m’engager moi plutôt qu’une autre serveuse.

- Je vous écoute ? lui déclarai-je en guise de salut d’une voix tout aussi formatée elle aussi et qui ne ressemblait en rien à celle que j’avais d’habitude, celle ci étant légèrement plus aigue et fluette, ce timbre là même que je réservai exclusivement aux étrangers.

Je baissai à ce moment là légèrement le regard du visage de la jeune femme à son ventre, nécessairement : celui-ci était arrondi, non pas parce qu’elle était en surpoids, mais plutôt parce que c’était le signe d’un heureux événement. Ca allait probablement être du sans alcool.

Encore trop timide pour engager la conversation de moi même à ce sujet, je pris la commande, avec une idée derrière la tête malgré tout : à l’intérieur il y avait quelques sièges légèrement plus confortables avec des accoudoirs qui serait probablement plus agréable pour la cliente pour qu’elle puisse se mettre à son aise. S’en suivit un dilemme où j’hésitais entre prendre le plateau de commandes et l’assise en même temps, mais je me voyais déjà m’étaler de tout mon long par terre et provoquer une catastrophe, alors, mauvaise idée. Plateau, chaise, chaise, plateau... J’attrapai la chaise que j’empoignai à deux mains pour revenir de là où je venais.

- - Celle ci sera sûrement mieux pour vous, annonçai-je à la blonde en l’invitant de la paume à prendre place plus confortablement. - Je vous ramène votre boisson. Vous désirez un verre d’eau, en plus avec ? questionnai-je en prenant un peu plus les devants que précédemment, désirant remplir au mieux la mission  qui m’incombait et que je m’étais également imposée toute seule.

J’éprouvai même une certaine satisfaction dans cette perspective d’avoir pris l’initiative moi même sans que qui que soit d’autre me l’est ordonné.

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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Mer 8 Oct - 20:08

« Il suffit de regarder une chose avec attention pour qu’elle devienne intéressante. »
Eugénio d’Ors Y Rovira

20h15. Studio de Marni, quartier de la vieille ville.
Assise dans mon canapé, je zappe frénétiquement les chaînes de la télévission – en quête d’un bon programme - pendant que mon autre main plonge inlassablement dans le seau XXL de pop-corn. Une promo au supermarché pour je ne sais plus trop quoi exactement ; Enfin une chose est sûre, je ne l’ai pas achetée par soucie d’économie – même si je me dois de faire attention à mon petit salaire de pigiste - ; je l’ai plutôt achetée parce qu’en le voyant j’ai été comme… comment dire ?… hypnotiser. C’était limite la bave au bord des lèvres et les yeux hagards, effrayant ; Mais ce que bébé veut, bébé a ; sinon je m’assure d’en faire un insomnie parce que l’envie d’en avoir ne serait-ce qu’un sur la langue me tenaille. Et ça, ça je ne peux pas me le permettre. Je ne peux pas empirer intentionnellement cette fatigue qui me donne un air de zombie et me rend pratiquement inapte à écrire. J’ai pas envie d’avoir une nouvelle convocation dans le bureau du rédacteur en chef pour lui expliquer d’où vient la « merde » que j’ai paisiblement pondu en quatre heures. Oui, quatre heures. C’est le temps minimum maintenant qu’il me faut pour écrire une pige d’une trentaine de lignes à tout casser. C’est pas brillant mais je colmate tellement que mes collègues, féminines tout de moins, me couvrent la quasi-totalité du temps pour mes siestes impromptus. Et le pire dans tout ça c’est que là, tranquillement pénarde devant la boite à image, je pète la forme ; *Hé-ho toi là-dedans, il faudrait peut être que tu t’acclimates au fuseau horaire américain non ?* suggère-je par la pensée à mon enfant. Enfant dont j’ignore encore le sexe, par pur choix, et donc encore le prénom. J’ai bien gribouillée une liste quelque part dans un tiroir ou un sac mais pour le moment aucun coup de cœur à l’horizon. Enfin c’est pas grave me diras t’on, j’ai encore trois mois pour y réfléchir et ça fera toujours un truc à faire durant les congés maternités. Enfin, si mon patron me l’accorde parce que je ne réponds pas vraiment aux conditions pour les obtenir. Mais bref passons à autre chose comme…

Mon envie de faire pipi tiens. J’y suis allée y’a quoi ? Peut être vingt minutes et j’ai le sentiment que ça fait huit heures que je me retiens. Jetant la télécommande sur le siège, je frotte mes mains pleines de sucres en me dirigeant vers ma salle de bain/toilette. Pendant que je me soulage ça me fait penser qu’il faudrait que j’envisage enfin d’acheter des trucs pour la crevette. Car comme me le disait Axel, mine de rien le temps ça file à une de ses vitesses. Ça passe tellement vite que ça fait déjà trois mois qu’il est loin de moi. Trois mois que j’ai le sentiment de mourir avant d’être ramenée à la vie par les à-coups de son enfant. Trois mois qui sont passé vite et qui passeront encore très vite ; si vite que le bébé n’aura rien à son arrivée si je continue de reporter au lendemain mes achats. Observant le mur blanc qui me fait face, je me perds alors dans mes souvenirs. Je revois mon départ de Zagreb, les adieux déchirants avec Axel. Il m’a promis de me rejoindre et il n’est toujours pas là. Pourquoi il n’est pas là ? L’ont ils tués en découvrant la vérité ? C’est t‘il déjà épris d’une autre femme coincée dans cet enfer ? Il est si sensible aux charmes de ses femmes battues que… *Non. Non. Ne penses pas ça Joana tu n’as pas le droit.* Chassant cette mauvaise pensée qui me traversait l’esprit, je m’atèle à me rhabiller avant de me laver les mains. Un bref coup d’œil au miroir et je constate que mon reflet est effrayant. Mon visage est marqué par la souffrance et soyons honnête l’âge aussi. Pas que je sois une vieille mémé, j’ai encore de la marge de ce coté là ; mais tout de même, j’ai passée trente ans et je n’ai plus rien que la ravissante demoiselle qu’à connu Brian sur les bancs de l’université. Mais non, non, je ne penserais pas à lui parce que là aussi c’est compliqué.  Là ce que j’ai besoin c’est de prendre l’air et vite avant de délirer. Quittant la salle de bain, j’enlève ce vieux tee-shirt que m ‘a donné Axel en guise de chemise de nuit  avant d’enfiler un jogging large et un ancien top blanc qui ne couvre que la moitié de mon ventre. Là aussi il faudrait peut être renouveler maman, hein ! Mettant mes chaussettes et mes baskets - oui je suis ultra-féminine  - j’éteins la télé avant de ranger mon seau de pop-corn. Il en reste presque plus rien, dommage. Une fois tout ça finit je sors de mon appart’ veste sur le dos, le verrouille à clef, avant de ranger négligemment mes clefs et mon portable dans ma poche. Je ne sais pas trop où je vais aller. On verrat bien où mes pas me portent.

21h59, Plage de Town Quare.
J’ai marchée, marchée, et encore marchée sans réellement savoir où j’allais. Le seul truc qui me préoccupé c’était tout les passants et leurs éventuels intentions me concernant. On ne sort pas indemne de plusieurs mois de viols à répétitions ; où si un jour j’y parviens, ça sera peut être à l’aube de ma mort à quatre-vingt ans et si ma vie me le permets. Mais en attendant je vis avec ce fardeau, acceptant tant bien que mal cette paranoïa qui m’accompagne à chaque bain de foule et me donnant l’air d’une folle furieuse. Je n’aime pas qu’on m’approche, qu’on me colle de trop près ; ça suffit amplement à faire resurgir mon enlèvement. Alors, quand ce jeune homme d’à peine dix-huit ans m’a bousculé parce qu’il ne faisait pas attention, cela a été plus fort que moi et je l’ai suppliée de ne pas me faire du mal. Le pauvre, il était tout gêné ; tellement que je me suis confondu en excuse avant de fuir d’un pas précipité. Je ne voulais pas qu’il se sente coupable de quelque chose qu’il n’avait pas fait et pour éviter que ça se reproduise je me suis dirigé vers la plage. A cette heure tardive, ça peut être dangereux je l’admets ; mais en restant non loin de la population tout en mettant un espace de sécurité, je sais que je serais tranquille. Retirant mes baskets et chaussettes, je goûte au plaisir de sentir le sable frais sous mes voûtes plantaires. De tout les endroits qui existent sur terre, aussi merveilleux soient ils, la plage reste toujours mon endroit préféré. Eté comme hiver, j’aime bien venir admirer l’océan et l’horizon. Ça me fait penser à toutes ses personnes qui se trouvent à l’autre bout et qui font la même chose. Ça me fait aussi penser à ma mère, ma sœur, Axel… Non, il ne faut pas que je pleure. J’ai fais ma vie, mes choix, je dois avancer. D’ailleurs là j’ai le bas du dos qui me tiraille un peu à force de marcher, je vais faire une pause mais là sur le sable ; manquerait plus que je n’arrive pas à me relever par la suite, ça serait malin. Alors, observant ce qui se trouve à proximité, je vois cette terrasse d’un bar. Il n’y a pas trop de monde, il semble encore ouvert, cela devrait faire l’affaire pour quelques minutes. Lentement, avec méfiance, je m’approche de l’une des tables où je m’installe. J’ai mis une certaine distance entre le groupe de jeunes et moi, dire d’être certaine qu’il ne m’importune pas même si je me doute bien que si c’est dans leurs intentions ils n’auront qu’à s’approcher.

Le regard de nouveau posé sur l’océan, je n’entends pas la jeune serveuse qui s’approche de moi si bien que lorsqu’elle dit : « Je vous écoute ? » je sursaute malgré moi. Me tournant légèrement vers elle je reste silencieuse un court instant. A vrai dire, je n’avais pas songée prendre une consommation ; Déjà parce que l’absence de mon portefeuille m’y contraint mais aussi parce que je n’aime pas boire dans les bars. Alors, gênée, je réponds. « Heum… un chocolat chaud s’il vous plaît. » je trouverais toujours un moyen de payer quitte à passer demain tôt pour régler cette « dette ».  s’en allant avec ma commande, je me promets d’être plus attentive quand à son retour. Je ne voudrais pas l’effrayée parce que je suis sur la défensive, ça n’est pas mon but. Rapidement, cette-ci revient avec une autre chaise en main, bien plus confortable que celle que j’ai sous mes fesses. « Celle ci sera sûrement mieux pour vous. » me dit-elle en m’invitant de la main à m’y installer. Ne voulant pas la vexer en déclinant l’invitation je me lève et dit alors. « C’est gentil, merci. » Vous n’auriez pas dû peut être ? Non, je le garde pour moi, ça m’embêterait de la couper dans son élan de bonté. D’ailleurs c’est fou comme les gens de cette ville sont d’une gentillesse c’est presque le monde des bisousnours vu de loin. « Je vous ramène votre boisson. Vous désirez un verre d’eau, en plus avec ? »  Ajoute t’elle cependant avant de repartir. « Non merci. Ma vessie ne supportera pas longtemps autant de liquide. » Lui dis-je avec humour. Parce que mine de rien il faut bien que je réapprenne à être sociable nom d’une pipe.
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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Ven 10 Oct - 23:29





Diabolo menthe ou grenadine ?


- Heum… un chocolat chaud s’il vous plaît.

Elle ne le savait pas encore, mais j’étais plus que soulagée d’entendre cette réponse. C’était une boisson qui était à ma portée, où je n’allais pas une fois de plus me retenir de demander des détails sur un cocktail parce que j’avais des doutes. Quoi de plus basique qu’un chocolat chaud ? Tout le monde savait faire et c’était devenue une de mes habitudes d’en boire un chaque soir avant d’aller me coucher durant mes études à l’université. J’avais d’ailleurs perdue cette petite action du soir qui avait quand même bien duré un an ou deux, mais qui s’était terminée aussi subitement que j’avais éprouvé le désir de la débuter un jour.

J’acquiesçai d’un sourire, avant de revenir avec mon idée, c’est à dire la chaise. Tout à ma bonne volonté, je n’avais pas vraiment pensé à la façon dont elle aurait pu prendre ce geste, comme je ne sais pas… Se vexer ? Je ne voyais aucune raison à cela, mais j’avais vu assez de feuilletons à la télé pour me ranger aux côtés de cette idée préconçue qu’une femme qui attendant un enfant pouvait être en proie à des réactions pour le moins inattendues mais aussi le plus souvent négative.

Bon déjà, elle ne m’avait pas sortie qu’elle avait envie de fraises. Oui parce que ça aussi ça faisait partie de la liste des choses qu’on associait à une fille enceinte.

A la place, elle ajouta, la voix légère :

- Non merci. Ma vessie ne supportera pas longtemps autant de liquide.

Je lui jetai un regard bienveillant avant de retourner vers le comptoir, faire… sauf que dans le désir de bien faire justement, j’avais zappé que lorsque je m’occupais de servir je ne me chargeais pas du bar, mais que quelqu’un d’autre le faisait à ma place, et que j’avais oublié de réclamer ce dont j’avais besoin à la serveuse.

- Un mojito et un chocolat chaud s’il te plaît, lui demandai-je assez précipitamment. Elle me lança un coup d’œil interrogateur, parce qu’en soirée, un chocolat c’était assez atypique.

Je me contentais de lui donner un coup de menton vers la fenêtre pour lui indiquer la blonde en terrasse, et elle non plus ne manqua pas son ventre bien rond, si bien qu’elle ne manqua pas de s’exécuter rapidement elle aussi. Je posai le tout sur un plateau et plaçai mes doigts bien écartés en dessous tout en pliant légèrement le bras, essayant d’avoir une expression assurée… Du moins j’espérais que c’était à ça que ça ressemblait. Je n’aimais pas faire ça, je n’aimais pas faire ça… Je n’avais pas encore trouvé l’équilibre exact lorsque je me baladais avec un plateau, et je voulais juste frôler la catastrophe, en plus, je trouvais que je m’en sortais de mieux en mieux, ce n’était pas pour tout gâcher à cause d’un mojito et d’un chocolat chaud… Je retins ma respiration au moment d’arriver à la première table et expirais longuement et en toute discrétion, parce que ça n’était pas atterri sur les genoux de mon client. Je comprenais pas, pourtant quand on regardait les autres faire, ça paraissait pourtant être si simple de slalomer entre les chaises…

Ben moi j’étais d’avis de lancer ça comme la prochaine discipline acceptée aux Jeux Olympiques !

Pour l’instant, j’étais certes loin d’avoir mes chances, et manquait encore un peu de sport et d’entraînement. Mais je préférais monter à cheval, chacun son truc. Arrivée de nouveau à hauteur de ma seconde cliente, la jeune femme enceinte, je baissai mon part vers la table pour y faire glisser la tasse et la coupe sur laquelle elle se trouvait, puis la cuillère, et le petit chocolat qu’on servait avec, généralement à faire fondre dans le chocolat chaud.

Ce n’était pas ce que je faisais normalement, mais comme elle avait plaisanté tout à l’heure la première, j’étais moi même plus encline à la conversation, et j’osai lui lancer :

- Le carré de chocolat, ça lui fera sûrement plaisir, et ça lui apprendra déjà les bonnes choses ! Je désignai son ventre.

Des phrases préétablies, peut être qu’on lui en disait plein des comme ça – non en fait j’étais sûre que c’était le cas. Mais ça m’était tout à coup égal, parce que je n’avais jamais été vraiment en contact avec des futures mamans, à part quand je les voyais dans la rue, ou dans la salle d’attendre du médecin. Alors, je ne sais pas, ça me donnait proba-blement envie de faire comme tout le monde.

- C’est combien de mois pour l’instant ? Enfin… c’est pour bientôt ? interrogeai-je parce que, je ne savais absolument pas évaluer la chose et je ne m’en rendais pas du tout compte. A vue de nez… Non, je ne savais pas.

Je mis mon plateau à la verticale que je glissai entre ma hanche et mon bras pour le retenir. Par acquis de conscience, je regardai rapidement derrière moi et levai aussi un peu le menton pour vérifier que personne ne m’attendait, mais comme c’était plus calme et qu’il y avait une petite accalmie, tout le monde profitant de sa soirée, on allait sûrement pas m’en vouloir à moi aussi d’avoir un brin de causette pendant une minute ou deux.

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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Sam 11 Oct - 3:19



Choisir un chocolat chaud n’est pas dénuée de sens. L’air est moyennement frais au bord de mer - quoique tout à fait normale pour la saison - et je ne tiens absolument pas à tomber malade. Qui plus est, j’admets volontiers que boire une boisson chaude a quelque chose de réconfortant. Ça me rappelle ces soirs d’hivers enneigés chez ma mère. Jenna et moi-même rentrions à peine de l’école et au lieu de nous envoyer directement faire nos devoirs comme le faisaient la plupart des parents de mes camarades de classe, elle insistait pour que l’on prenne le goûter en sa compagnie en savourant une bonne tasse de chocolat chaud. Qu’est ce qu’elle était heureuse, là, en voyant ces deux p’tites bouilles blondes se régalant avec pourtant si peu. J’ai presque envie de pleurer tellement se souvenir est émouvant. Pourtant je n’en fais rien ; me contentant de sourire légèrement en observant l’océan cacher dans l’obscurité. Ah maman si tu avais put comprendre que mon bonheur c’était Beth et Brian ; je suis sûre que tu aurais été plus à même de me protéger de cette vie que j’ai menée. C’est toujours douloureux d’admettre que l’on a manqué de quelqu’un et en l’occurrence de sa mère. Mon père lui… c’est une autre histoire. Je n’ai que peu de souvenirs de lui et pas de photos pour avoir encore une image distincte en mémoire. Mais ma mère, elle, j’ai encore ses traits parfaitement dessinés en tête. Je sais encore tout de ces mimiques de ces habitudes. Jamais elle ne m’avait autant manqué que cette nuit. Ramenée à la réalité par la jeune serveuse qui me propose une chaise plus confortable, je la remercie avant de prendre place sur celle-ci. J’ai brièvement eu l’envie de lui dire qu’elle n’était pas obligée et que l’autre faisait amplement l’affaire ; puis paradoxalement je n’avais pas non plus envie de la couper dans son élan. Alors je m’en suis abstenu. C’est vrai qu’à force d’être traitée comme du sucre c’est agaçant ce qui pourrait expliquer peut être pourquoi une femme enceinte est si agressive. Mais dans mon cas, je mentirais si je disais que ça ne me plaît pas. J’ai passée tant de mois à me faire battre, violer, insulter dans une langue que je ne parle pas ; qu’aujourd’hui plus que jamais j’apprécie d’être autant chouchoutée et ce quoique j’en dise certains jours. J’ai un foutu caractère ça je ne le nie pas. Mais être aujourd’hui vivante et libre me rend reconnaissante. Axel m’a offert une seconde chance et en tout. Une chance de vivre normalement tout en devenant une bonne mère. Dommage que cela soit au prix de notre séparation. Me proposant un verre d’eau pour accompagner le chocolat chaud, je décline en annonçant sur le ton de l’humour que ma vessie ne tiendrait pas. Ce qui n’est pas faux car depuis le début de ma grossesse j’ai l’impression qu’elle fait la taille d’un dé à coudre. Il suffit que je boive une gorgée et déjà elle est à la limite de l’explosion. Me laissant sur ces bonnes paroles même si on a connu mieux en matière d’humour, je ferme ma veste sur ma poitrine pour croiser mes bras et parallèlement mes jambes.

Confortablement installée sur le dossier de cette chaise d’intérieur je ferme mes yeux. Je profite de l’air fouettant mon visage et jouant avec les quelques mèches tombant de mon chignon flou pour reconnaître que je ne regrette pas d’être sortie de chez moi ; l’air pur m’aidera grandement à trouver le sommeil à mon retour et je le sens déjà, là en posant ma paume de main sur mon ventre. Le bébé est plus calme et ça m’apaise l’esprit. Ça me fait penser que je devrais investir dans une boite à musique. Quand j’ai appris que j’étais enceinte de Beth, la première chose que j’ai faite c’est d’aller faire un tour dans une boutique pour bébé et je me rappelle exactement ce que la vendeuse m’avait dite quand j’ai louchée sur cette magnifique boite en bois noir avec une danseuse à l’intérieure : Que les bébés entendaient tout et que bien souvent il suffisait de poser cet objet sur le ventre pour le calmer. J’étais tellement impressionnée par l’éventualité que ça marche que j’attendais avec impatience d’être dans les premiers mois où elle bougerait pour tester. Et ça marchait bien comme promis. Mon seul regret fut de ne pas pouvoir le partager avec Brian, qui commençait déjà à sombrer dans l’alcool. Rouvrant mes yeux, j’observe de loin la jeune serveuse portant son plateau. Pour avoir fait ce métier, je sais que les premiers temps cela n’est pas évident. On tremble, une fois sur deux on fait de la casse, et quand ça arrive on a le patron qui nous tombe sur le coin du nez ; Mais quand on y arrive enfin on est tellement fière de nous que soudainement on se sent plus… Comment dire ?... confiant. Quand j’y pense ça me fait bien rire parce qu’après tout c’est qu’un plateau plein de verres rien de plus.

Arrivant à ma table, je la laisse poser ma commande sans pour autant trop l’observer. Je ne voudrais pas la déstabiliser parce que je l’aurais mise mal à l’aise ça serait gênant. « Le carré de chocolat, ça lui fera sûrement plaisir, et ça lui apprendra déjà les bonnes choses ! » dit elle également avec humour. Lui offrant un large sourire sincère, je caresse mon ventre avant de lui répondre avec déjà moins de réserve que tout à l’heure. « Oh oui il va adoré. Il sait d’ailleurs déjà très bien ce qu’il veut et le chocolat remporte un vrai succès. Merci pour lui. » Lui, elle, je regrette un peu de temps en temps de ne pas vouloir connaître le sexe du bébé. Pour l’effet de surprise à la naissance c’est sympa c’est sûre mais pour en parler ça apporte le désavantage d’être imprécis. Mais bon, faut savoir ce qu’on veut dans la vie et pour le moment je préfère qu’il reste juste mon bébé. Pas ma fille ni mon fils ; juste le bébé que m’a offert Axel en guise d’adieu car il est évident qu’il ne viendra pas, je commence à ne plus y croire. « C’est combien de mois pour l’instant ? Enfin… c’est pour bientôt ? » Me demande t’elle soudainement en positionnant son plateau entre sa hanche et son bras. Au vu de son bafouillage, tout à fait mignon pour ma part, je constate que cette charmante demoiselle n’a pas l’habitude de parler aux femmes enceintes. Je n’avais jamais remarquée lors de ma première grossesse qu’il existait deux catégories de personnes vis à vis cette situation. Il y a les attendris qui deviennent limite gagas et franchement pot de colle avec moi même sans me connaître d’avant ; et les gênés qui n’osent pas m’approcher comme s’il avez peur de m’offenser où je ne sais quoi. Pas de juste milieu jusqu’à se soir et je l’en remercierais presque. Parce qu’à la longue les filles qui deviennent euphoriques et qui m’harcèlent de questions c’est très désagréable. « J'en suis à six mois de grossesse et selon le médecin je pourrais accoucher pour le premier de l’année 2015. » dis-je alors le plus simplement du monde en lui souriant.
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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Mar 14 Oct - 20:47





Diabolo menthe ou grenadine ?


Sans savoir d’où me venait vraiment cette idée, je trouvais qu’il y avait quelque chose de beau dans l’idée même de la visualisation de la femme enceinte. Je n’avais pourtant aucune envie de me retrouver à sa place avec pour seule préoccupation de me rendre dans des lieux où il y avait des toilettes à proximité de peur de ne pas réussir à me retenir. J’étais par ailleurs bien trop tiraillée par mes propres sentiments qui me semblaient être une masse de problèmes infranchissables à eux tout seul, et puis pour avoir des gosses encore fallait-il être deux, alors la question, elle ne se posait même pas. Mais lorsque je l’observais, j’avais cette image positive, comme si à elle toute seule elle incarnait le bonheur d’être épanouie. Ca ne voulait pas dire que pour être heureux, il fallait obligatoirement passer par l’étape des enfants, ça n’avait rien à voir, c’était surtout dans l’image qu’elle dégageait en fait, l’image que n’importe laquelle d’entre elles dégageait, cette fragilité qui forçait presque l’admiration, quelque part. Et puis, j’étais beaucoup plus fascinée par son ventre arrondi que lorsque dans quelques mois et quelques années, un enfant braillard allait le remplacer. Pour le coup la comparaison différait complètement, mais c’était probablement parce que je n’avais jamais vraiment eu l’instinct maternel.

La brise légère et humide vint s’engouffrer dans mes cheveux qui vinrent me caresser le visage et me cacher partiellement la vision. De ma main libre, j’en profitais pour caler quelques mèches sauvages derrière mon oreille, ce qui ne les empêchait pas de se révéler rebelles, testant ma patience. Je battis plusieurs fois des cils, alors que la suite de la conversation s’engageait.

- Oh oui il va adoré. Il sait d’ailleurs déjà très bien ce qu’il veut et le chocolat remporte un vrai succès. Merci pour lui.

Je n’avais aucune idée de comment est-ce qu’elle pouvait savoir ça et je n’arrivais pas à m’imaginer parce que ça me paraissait bien trop abstrait pour en coller une vision réelle sur ma rétine. Mais je voulais bien la croire sur parole. Il devait y avoir un « truc » ce truc que toutes les mères avaient, j’imagine.

- Le chocolat chaud devrait bien passer lui aussi, renchainai-je, pour la forme, ne voulant pas être trop insistante non plus.

Si être barmaid demandait un minimum de sociabilité, je n’en avais pas moins été une grande timide pendant très longtemps, et au début je ne savais jamais vraiment sur quel pied danser, et j’étais toujours un peu hésitante, de peur d’en faire trop ou pas assez, parce que ça ne me venait pas toujours naturellement, c’était un peu calculé et forcé. Alors que d’un autre côté, il y avait ces gens si charismatiques comme Sam qui se frayaient facilement un chemin au beau milieu de la société. J’avais beau observer, j’étais incapable de reproduire tout à fait les gestes, même s’il y avait eu de nets progrès, avec le temps. Il n’y avait que lorsque je me sentais sur la défensive et en danger que je réagissais au quart de tour, la spontanéité reprenant aisément le dessus. C’était fou ce que la colère ou l’agacement pouvaient générer comme réactions imprévisibles.

- J'en suis à six mois de grossesse et selon le médecin je pourrais accoucher pour le premier de l’année 2015.

Je hochai la tête. Elle était donc plus proche de la fin que du début, et pourtant, je ne sais pas, j’avais imaginé son ventre… Plus gros ? C’était peut être sur les derniers mois que ça prenait du volume et que tout se jouait ? Je gardais mes réflexions pour moi, n’osant pas et ne voulant pas paraître trop insistante vis à vis de la jeune femme. Je guettais d’ailleurs le moindre de ses gestes qui pouvaient laisser à penser qu’elle pouvait avoir envie de rester un moment seule dans ses pensées. Ou alors elle ne voulait pas paraître impolie, au choix… Hmmm voilà que je me remettais à trop réfléchir, à trop cogiter et que je perdais mon naturel.

- Ca va sûrement arriver vite.

Je l’abandonnai un instant parce que le groupe venait de se lever et de partir. Je pris l’argent laissé sur la table pour le déposer sur le plateau pour remettre le bazar qu’ils avaient laissé en place, en plus de récupérer les verres laissés vides. En repassant devant la blonde, je m’adressai de nouveau à elle, en l’interpellant :

- Vous attendez le papa peut être ? j’avais posé ma main sur la haut d’une chaise à rapprocher de sa petite table en solitaire m’attendant à ce qu’elle me réponde par la positive, parce qu’en soirée, une future maman, le copain ne doit jamais être vraiment super méga loin.

Pleine d’audace, j’étais lance à faire cette conversation bien que par intermittence, comme n’importe qui d’autre l’aurait fait à ma place mais sans s’interroger sur tout comme c’était actuellement mon cas. Sur une échelle de un à dix, pour l’instant j’essayais de me dire que je ne m’en sortais pas trop mal. Ca me faisait presque gagner un peu plus de confiance en moi, ce que je n’avais pas forcément normalement même si ça personne ne le savait vraiment, parce que je le cachais derrière les apparences.


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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Jeu 16 Oct - 17:17

Diabolo menthe ou grenadine ?



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Parlons de l’épanouissement de la femme enceinte un petit instant. En règle général, quand on croise une future mère dans la rue où au supermarché, on se dit tout de suite qu’elle doit être heureuse ; Sans parler de son teint qui étrangement devient plus… comment dire ?... resplendissant ; comme pour cacher les nuits d’insomnies et les séances la tête sur la cuvette qui sont quasi-quotidienne. Vu sous cet angle, l’éventualité que sa grossesse soit un véritable calvaire tant sur le plan moral que physique ne saute pas aux yeux. Et pourtant. Ce n’est pas parce que je souris, que j’ai l’air d’être aussi en accord avec moi-même, que je suis foncièrement ravie d’être enceinte. J’aime mon futur bébé là dessus il n’y a aucun doute possible ; néanmoins, j’aurais aimée pouvoir le mettre au monde sous les yeux attendris et aimant de son papa. J’aurais aussi souhaitée lui offrir un foyer stable, avec ses deux parents, et une solide éducation pour qu’il devienne quelqu’un de bien. Alors oui, entre une fille impulsive qui joue sa vie à pile ou face et son père qui a fuit l’Amérique pour devenir un mafieux dans une contrée lointaine ; ça n’aurait pas tout les jours était évident de lui apprendre qu’il ne faut surtout pas qu’il reproduise nos erreurs passés. Mais voilà, ça aurait été notre but commun. J’aurais voulu qu’on s’aime, qu’on l’aime, mais surtout qu’on s’assure que notre avenir ne sera plus que des lendemains qui chantent. Ce n’est pas énorme en soi mais déjà trop pour que je parvienne à l’obtenir ne serait-ce qu’une fois et Dieu comme je n’ai pas envie d’accoucher seule. Je ne veux pas revivre ça une seconde fois ; être spectatrice d’autres couples heureux se soutenant dans cet instant difficile mais ô combien magnifique qu’est la naissance, pendant que moi je serais seule à maudire ces satanés contractions qui me feront dire : « c’est la dernière fois ! ». De toute façon il est clair que je n’envisage pas de faire d’autres enfants ; déjà parce que mine de rien ça ne m’enchante pas de cumuler les pères et les séparations ; et ensuite parce qu’il est temps que j’apprenne à me servir convenablement d’une pilule. Bon, pour ma défense en Croatie je n’en avais pas sous le coude ; pas vraiment primordial aux yeux d’Axel quand il m’a sortie de la maison close pour m’enfermer dans cet entrepôt désaffecter. Mais Pour Brian je n’ai aucune excuse. J’aurais dû voir un gynéco dés que c’est devenu très sérieux entre nous et aujourd’hui nous n’en serions pas là où nous en sommes. Je ne regrette pas Beth. Je l’aime et l’aimerais toute ma vie ; mais j’ai l’intime conviction que l’avenir que je lui ai offert, en fuyant son ancien alcoolique de père, n’est pas vraiment idéal à son bonheur prochain. J’ai moi-même vécue avec un seul parent et je sais que plus on grandit, plus on se demande pourquoi on a pas comme les autres un papa et une maman unit par les liens sacrés du mariage. Y’a pire comme traumatisme j’en conviens ; mais aucun enfant ne devrait se poser cette question surtout si les deux sont encore vivants. Mais bon là je m’emballe et je me perds dans mon flot de pensée.

Lui affirmant que le chocolat, qu’elle a apporter en plus de ma boisson,  plaira sans aucun doute à mon futur enfant qui m’en fait déjà consommée plus que de raison ; celle ci me répond : « Le chocolat chaud devrait bien passer lui aussi. » « Je le pense aussi. » conclu-je souriante. Bon, on n’aura pas besoin d’être sorties de grandes universités toute les deux pour prendre consciente que notre conversation n’ira pas bien loin avec un tel sujet. Mais n’est pas grave puisque je ne pense pas sincèrement que cette dernière tienne à me tenir le crachoir pendant vingt minutes. Mélangeant la cuillère dans le chocolat pour retirer la pellicule qui se forme à la surface, elle m’interroge alors sur ma grossesse et plus particulièrement le mois où je me trouve. Question assez générale qui me revient souvent lorsque des personnes se sentent soudainement concernée par mon état. Si bien qu’avec une certaine habitude je lui dis de but en blanc tout jusqu’à la possible date d’accouchement. « Ca va sûrement arriver vite. » dit elle après un court temps de réflexion. « Oh que oui. » Voilà, encore une phrase bateau avec un beau sourire pour ne pas être impoli. J’ai horreur de ça ; des conversations superficielles et légères. Je ne demande pas non plus à ce qu’on se raconte nos petits secrets mais si vraiment elle préfère vaquer à ses occupations, comme elle tente vainement de le faire en cherchant du regard une issue de secours, autant qu’elle le fasse sans se forcer à me faire bonne figure. Je ne suis pas là pour qu’elle s’occupe de moi ; je suis là pour reposer mon dos et malheureusement consommer une boisson que je ne pourrais pas payer ce soir. Me quittant finalement pour aller débarrasser la table des jeunes, je profite d’être de nouveau seule pour mettre le chocolat dans la boisson avant d’en boire une gorgée. Aïe… brûlant. J’y ai laissée quelques papilles au passage ; tant pis. Je vais attendre un peu avant de retenter l’expérience et d’en décimer plus. Reportant mon attention sur la plage sa voix m’interpelle de nouveau. « Vous attendez le papa peut être ? » ça c’est la question pied dans le plat. Bon, je ne peux pas la blâmer de faire appel à une certaine logique ; mais peut être de mettre la charrue avant les bœufs en se préparant à dégainer déjà une autre chaise, pourquoi pas. Parce que mine de rien qu’est ce que je vais bien pouvoir lui répondre moi ? Que je suis désespérément seule et que ça me pèse sur le cœur ? Certainement pas. je sais que je n’ai aucun intérêt à mentir là dessus mais si je pouvais éviter de lui arracher de la pitié ça m’arrangerais bien. Alors, raclant ma gorge brièvement je lui réponds en toute honnêteté. « Non. Nous sommes séparés. » Voilà maintenant le malaise peut s’installer.
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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Dim 19 Oct - 14:55





Diabolo menthe ou grenadine ?


Je n’avais jamais été douée pour ça – ce charisme naturel qui donne l’air d’avoir l’air sympathique en toutes circonstances, celui qui trouve toujours des sujets de conversation, celui qui met immédiatement les interlocuteurs à l’aise réduisant cette distance d’inconnu à inconnu. Je n’étais plus un cas aussi extrême à l’époque ou les seules formules que j’arrivais à répondre c’était « oui » « non » « je sais pas » et autre « pourquoi pas » sans jamais préciser mon avis ou adopter un véritable point de vue. Il y avait cette séparation entre la cliente et moi et mes remarques ne passaient pas le cap et se noyaient et comme je n’étais pas du genre à rebondir avec facilité tout en me disant, c’est pas grave, chacune de ses réponses me donnaient l’envie de m’enfoncer d’avantage, parce qu’elles mettaient plus un terme à l’échange qu’autre chose.

Pas la peine de se forcer, de toute façon, je savais pas faire et généralement, plus je cherchais des trucs qui me venaient à l’esprit moins il y en avait qui venaient me frapper comme une évidence, alors comme souvent dans ces cas là, j’abandonnais assez vite la partie, tout simplement parce que ce n’était pas moi. J’étais celle qui attrapait la perche avec grand plaisir, mais pas celle qui la tendait ou alors si c’était le cas, je pouvais pas faire le boulot toute seule. Je tentais malgré tout une ultime approche, tout à mon désir de prouver que quand même, j’essayais de faire des efforts  pour les gens qui venaient se désaltérer ici, mais je me dis que c’était la dernière et que si ça tournait en eau de boudin, tant pis, ce qu’on me demandait c’était de dégager une bonne image de l’enseigne, l’option copinage c’était du gadget, et visiblement il y en avait qui répondait bien mieux au poste que moi.

- Non. Nous sommes séparés.

Autant dire que j’ôtai la main de la chaise, pas comme si elle m’avait brûlé parce que ça aurait été trop révélateur de ma gêne et je comptais dans ma tête, un… deux, trois… avant de l’enlever doucement et de la replacer bien gentiment le long de mon corps, consciente du blanc que j’avais laissé s’installer, parce qu’il y avait une boulette à faire ce soir, et je l’avais faite, effaçant tous les bons points que j’avais eu l’impression d’accumuler. J’allais rester sur cet arrière goût douce amère avant d’aller me coucher, c’était certain.

- Je vois. J’eus un léger hochement de la tête et réagi plus rapidement cette fois ci, décidant de ne pas m’attarder à ses côtés et de la laisser tranquille.

J’aurais pu lui partager mon désarroi en lui disant que j’étais navrée, désolée, ou quelque chose dans ce genre, mais il n’en était juste pas question, parce que j’avais toujours trouvé que ça sonnait très hypocrite lorsque les autres le faisaient, juste pour se déculpabiliser, ou que je le voyais à la télé. Ca sonnait bien trop faux à mon goût, et je refusais de me laisser aller à ses commodités qui ne répondaient pas à mes critères. Je partais du principe que si je ne voulais pas qu’on se comporte d’une certaine façon avec moi, ce n’était pas pour le faire avec les autres, alors je m’abstins.

La fermeture approchait et je rentrais à l’intérieur pour tout remettre en place et effectuer un nettoyage en règle et un peu plus en fond,  ainsi que ranger tout ce qu’il y avait à ranger. Il restait deux trois clients à l’intérieur, qui avaient déjà payé l’addition, en revanche il fallait que j’aille réclamer l’argent à la femme blonde dehors. En premier lieu, je réitérais l’opération de précédemment et terminai en passant un coup de balai sur la terrasse parce qu’il y avait toujours plein de sable qui venait s’incruster entre les planches en bois. Le plus gros étant fait, il ne restait plus que tout le monde parte pour que nous puissions procéder à la fermeture dans les règles.

- C’est la fin de la soirée, annonçai-je après m’être de nouveau rapproché de la future maman pour l’inviter à se préparer à partir. Est-ce que je peux encaisser votre commande s’il vous plaît ? Le chocolat chaud, c’est donc… je voulus retrouver le prix de tête, mais je ne connaissais pas encore la carte par cœur, donc je finis par regarder le ticket de caisse, c’est cinq dollars.

Je ne pus m’empêcher de songer à son jugement et à ce qu’elle pouvait bien penser de moi, avant de me dire qu’il valait mieux ne pas savoir de toute façon. J’espérais aussi ne pas avoir fait ressurgir trop de souvenirs du passé, quand bien même c’était trop tard de toute façon.

- Et n’hésitez pas à revenir pendant nos happy hours, précisai-je au dernier moment parce qu’on m’avait demandé de faire de la pub pour ça aussi, à présent que j’y pensais. C’est tous les jours de 19h à 21h et toutes nos boissons sont à moitié, alcool ou pas.

Je pris la tasse pour la poser sur le plateau. Nul doute que j’allais moi aussi en prendre une bien au chaud au fond de mes draps, une fois rentrée à la maison, pour me réconforter.


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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Lun 20 Oct - 19:38

Diabolo menthe ou grenadine ?



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Bon j’admets volontiers que je n’aide pas beaucoup non plus la serveuse à instaurer un début de conversation ; aussi banale soit elle. Car oui, on peut passer vingt minutes de sa vie à causer avec un passant celà ne signifie pas pour autant qu’il rejoindra la lettre d’alphabet de son nom de famille dans notre carnet d’adresse. Et là pour le coup, ce n’est pas ce que semble chercher cette jeune femme qui doit avoir au bas mot peut être une dizaine d’années d’écart avec moi. Mais tout de même, se contenter de quelques brèves mots pour faire tomber à plat ces paroles, ce n’est pas très malin. Du coup ça fout un peu en l’air ma bonne résolution d’être un peu plus sociable parce que mise à part Brian, Thomas, et quelques rares connaissances ; je ne peux pas me vanter d’avoir beaucoup d’amis. Enfin là c’est pas vraiment le nombre qui compte se serait plutôt la profondeur du lien avec l’un d’entre eux. Je n’ai pas réellement un ou une amie proche qui sait tout de moi, sans la moindre zone d’ombre, et en qui je peux avoir une totale confiance. Et ce n’est pas avec un ex sommes tout attachant et un amnésique tout à fait charmant que j’y parviendrais. Une femme ne peut être comprise que par une femme n’est ce pas ? Et là c’est clairement le désert. Maintenant concernant le trouble qui empare la serveuse et qui me saute de plus en plus aux yeux, je me dis que je devrais peut être m’en excuser. Après tout elle fait de gros efforts pour m’être agréable, sincèrement qui plus est, alors la moindre des choses serait de lui dire que tout est de ma faute et qu’elle n’y est pour rien. Pourtant je n’en fais rien. optant pour un silence pesant lui faisant prendre la fuite avant de lui annoncer, lorsqu’elle dégaine sa chaise pour l’éventuel arrivée du futur papa, que nous sommes séparés comme le coup de massue final. Là si elle est pas mal à l’aise c’est un véritable miracle. Car il est évident que ce genre de sujet dit « pieds dans le plat » amène avec eux leur lot de gênes et rouge aux joues. Mais que pouvais-je y faire ? Mentir en prenant soin d’appeler Brian pour qu’il déparque et joue ce rôle dans l’unique but de ne plus enfoncer le clou ? Impossible. Un mensonge en entraine une vague d’autre et je ne tiens pas à avoir une histoire à multi-versions pour chaque habitant s’intéressant quelque peu à moi. Ça serait difficile à tout retenir, d’une part ; et d’une autre ça entrainerait tôt où tard la révélation inévitable de mon passé compliqué. Sans compter qu’il existe, il paraitrait, une personne qui tient un blog et qui est friande de ragots de ce genre. Alors autant assurer mes arrières du mieux que je peux. « Je vois. » acquiesce t’elle alors en reposant sa chaise avant de fuir. Bravo. Là Joana tu as tout gagné.

De nouveau seul avec moi-même, je me mets à avoir un terrible cas de conscience. Je ne voulais pas la chasser en virant à gros coup de pompe dans le cul sa bonté et c’est ce que j’ai fais d’une manière plus douce. Ridicule. J’ai de bonnes raisons d’être celle que je suis et personne ne le mettra en doute ; mais il faut que je réapprenne à vivre au dessus de tout ça. La Croatie c’est finit. Axel c’est finit. Si je veux vraiment avancer et me sentir de nouveau bien dans mon corps il faut absolument que je commence par accepter les autres et leurs attentions sans vouloir fuir. L’observant discrètement du coin de l’oeil alors qu’elle prépare activement la fermeture du bar, je me convaincs à plusieurs reprises d’aller la trouver avant de laisser tomber. Que pourrais je bien lui dire ? Mise à part un désolé j’entends. Que je suis devenue ridicule et ingrate vis à vis de ma chance d’être de nouveau libre de mes gestes et qu’elle ne méritait pas que je me referme comme une huitre ? Impossible qu’elle ne me prenne pas pour une barje directement. Alors jugeant bon de ne pas l’importuner, je me suis callée dans mon siège pour boire tranquillement mon chocolat. Enfin tranquillement physiquement parce que là haut ça tournait et retournait dans tout les sens jusqu’à ce que sa voix parvienne à nouveau à mon oreille. « C’est la fin de la soirée. » observant brièvement ma montre pour voir l’heure elle ajoute. « Est-ce que je peux encaisser votre commande s’il vous plaît ? Le chocolat chaud, c’est donc… c’est cinq dollars. » Aïe. Ce n’est pas avec ça que je vais parvenir à relever le niveau avec elle. Consciente que je n’ai pas mon portefeuille, je prend une mine déconfite tout en mordant ma lèvre inférieure. Je n’aime pas cette idée de partir sans payer pas plus que celle d’avoir consommée tout en sachant pertinemment que l’issue serait celle-là ; mais je n’ai plus trop le choix. M’apprêtant à lui avouer ce qui me trouble elle m’interrompt pour m’annoncer d’un ton enjoué. « Et n’hésitez pas à revenir pendant nos happy hours, C’est tous les jours de 19h à 21h et toutes nos boissons sont à moitié, alcool ou pas. » Faudrait il déjà que je paye ce soir et à plein tarif avant de songer à repasser dans ces moment d’happy hours. Me raclant la gorge, je relève finalement mon visage vers elle pour lui faire un immense sourire confus avant d’oser dire. « J’y penserais. Quand au 5$ je ne les ai malheureusement pas sur moi. Mais je peux facilement venir demain matin dés l’ouverture les apporter ça n’est pas un problème. » Voilà, c’est dit. Maintenant j’espère que je ne finirais pas chez les flics pour si peu.
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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Mar 21 Oct - 17:23





Diabolo menthe ou grenadine ?


C’était toujours lorsqu’arrivait le moment de la fermeture que j’avais ce coup de barre – flemme de nettoyer, flemme de rentrer chez moi, flemme de me doucher et d’aller me coucher. Il restait encore tant de choses à faire finalement avant d’aller dormir, et avec les chevaux les journées commençaient tôt le lendemain. Je savais qu’une fois sur place, je n’allais même plus y penser, mais rien que d’y songer, j’avais juste envie d’attendre plantée ici devant la blonde que le temps passe, se fige, pour ne pas avoir à accomplir la suite de la routine que j’avais choisi moi même d’instaurer en conjuguant ces deux jobs. Ca allait toujours lorsque j’étais dans le feu de l’action, pendant les moments de battement, je me demandais si vraiment j’avais eu les bonnes décisions.

Voilà, par exemple :

- J’y penserais. Quand au 5$ je ne les ai malheureusement pas sur moi. Mais je peux facilement venir demain matin dés l’ouverture les apporter ça n’est pas un problème.

Oh.non.pas.ça.

L’information me laissa muette l’espace de quelques secondes le temps de réfléchir à toute allure. C’était très bizarre comme sentiment, parce que je ne m’étais absolument pas attendu à ce revirement de situation et pourtant, c’était comme si je n’étais pas vraiment surprise non plus, comme si quelque part, avec elle ou un autre, je savais dans mon fort intérieur que ce genre de trucs pouvaient se passer. Attendez, comment est-ce que je pouvais savoir, ça n’était pas censé se passer normalement, on devait juste avoir de l’argent sur soi quand on sortait boire un verre ! Voilà ce que ma logique et mon sens me soufflaient à chaque fois que j’étais dans un bar ou en terrasse, mais si j’agissais de cette façon, sans sortir des sentiers battus, parce que ça répondait trop à l’évidence pour que je me pose la question, c’était bien qu’il y en avait pour être en marge de ce point de vue. Je n’avais aucune idée de comment réagir, puisque c’était la première fois que ça se produisait et j’étais face à ce dilemme que je ne pouvais pas résoudre et dont je me serai bien passée à cette heure ci. Sûrement s’attendait-elle a ce que je trouve la solution nous arrangeant toute les deux, mais mon cerveau s’était mit en pause et refusait lui aussi de m’aider. Démerde toi ma petite, et surtout, ne te trompe pas !

- Heu, je sais pas…. Je déglutis, en espérant trouver quelque chose de plus loquace à dire, mais je me contenter de répéter, je sais pas si c’est possible en fait. En même temps je réalisais que c’était super con ce que je venais de dire parce que dans tous les cas, si elle avait pas de monnaie sur elle c’était difficile de faire mieux, elle n’allait pas payer son dû avec son sang ou je ne sais quelle connerie abracadabrante.

De toute façon, elle n’avait pas l’air d’une criminelle, donc il n’y avait pas trop de risque à prendre et je me donnais une bonne claque mentale pour me reprendre et me composer une expression un peu moins défaite que celle que j’avais laissé apparaître j’en étais sûre.

- Attendez encore un peu, je vais demander à l’un de mes supérieurs si ça pause problème, mais j’imagine que non… Essayai-je tant bien que mal de me rassurer, mais au moins, je me déchargeais de toute responsabilité.

Je l’abandonnais de nouveau – je la voyais mal prendre la fuite, déjà parce que sinon elle l’aurait fait bien avant tout au long de la soirée et puis au pire elle était enceinte, elle n’allait pas aller bien loin. Au pire. Je hélai Deb’ pour lui expliquer rapidement la situation, qui me dit  que c’était ok, mais qui m’accompagna malgré tout jusqu’à la cliente. Elle lui confia chaleureusement :

- Bonsoir madame ! Vous pouvez revenir demain sans aucun soucis, vous n’avez pas besoin de vous inquiétez pour cela. Elle avait dans le timbre tout qui indiquait que ce n’était dans tous les cas cinq dollars qui allaient leur manquer. Elle posa ma main sur mon épaule et ajouta, Scarlett prendra son service vers vingt une heure.

Elle jeta un dernier regard dans ma direction avant de retourner à l’intérieur s’occupant de remettre correctement le pub en place avant que nous puissions partir profiter d’un sommeil bien mérité nous aussi.

- Je vous revois donc demain, je lui adressai à présent un sourire moi aussi, plus détendue de voir que tout s’arrangeait et que c’était réglé.

Maintenant que j’avais subi cette épreuve, je savais aussi comment me comporter si l’occasion se représentait un soir. Même si quand même, dans la mesure du possible, je ne préférais pas.

- Vous pouvez passer dans le début de la soirée si vous voulez, avait que les rushs ne s’enchaînent trop.

En général lorsque j’arrivais il y avait déjà un peu de monde mais selon les jours on ne pouvait jamais vraiment savoir quand était le moment idéal pour espérer un peu de calme.

- Bonne soirée ! Je hochai la tête en guise de salut, espérant la prochaine fois à ne pas être amenée à faire d’autres bourdes.



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MessageSujet: Re: Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]   Mer 22 Oct - 17:24

Diabolo menthe ou grenadine ?



« Il suffit de regarder une chose avec attention pour qu’elle devienne intéressante. »
Eugénio d’Ors Y Rovira



Je viens d’achever cette pauvre serveuse avec mon annonce. Pas besoin d’être devin pour le savoir puisque son visage se décomposant suffit amplement à le prouver. Et là, franchement, je regrette de ne pas avoir eu l’idée de prendre mon portefeuille avant de partir. Non, pire, je regrette de ne pas avoir eu le courage de me lever de sa chaise pour m’excuser de m’être installée sur la terrasse sans l’intention de consommer. Mais voilà, à vouloir être gentille avec sa bonté, je n’ai eu de cesse de tout faire dans le sens contraire la plongeant de plus en plus dans un malaise que moi-même je n’aimerais pas ressentir. Une vraie tête à claque des fois. Là, dans le silence limite glacial qui s’instaure entre nous deux, je me demande qu’est ce je pourrais dire de plus pour tenter d’arranger le coup. Je n’ai définitivement pas mon portefeuille sur moi ; inutile de fouiller mes innombrables poches pour le confirmer ; et à moins que j’ai des dons de magiciennes je ne peux pas le faire apparaître d’un claquement de doigts. Dommage. Car pour le coup je me voyais bien éclater de rire et lui dire sur le ton de l’humour : détendez vous c’était une blague. Avant de conclure comme si de rien n’était : nous disions 5$ n’est ce pas ? Puis de lui donner avant de disparaître éternellement de sa vie parce qu’après cette tentative de blague foireuse il aurait été évident qu’elle n’aurait plus jamais voulu me revoir. Hélas, ça ne se produira pas même si je claque des doigts discrètement et je préfère me faire toute petite pour éviter d’en remettre une couche. Elle finira bien par se ressaisir et reprendre contenance ; il suffit juste d’un peu de patience. Limite là il elle me fait arrêter je ne lui en tiendrais pas rigueur du tout. « Heu, je sais pas…. » Un début de réponse. Pas celui que je pouvais m’attendre avec un tel sujet mais au moins elle refait surface une bonne chose. « Je sais pas si c’est possible en fait. » Ah. Alors concrètement ça va se passer comment maintenant ? Je couche ici ? On attend que les flics se pointent et je serais reconnue comme voleuse de chocolat chaud ? Parce que je ne suis pas contre de payer là n’est pas le problème mais sans repartir chez moi ça me semble sommes toute impossible. Prenant un air surement aussi déconfite qu’elle n’avait, comme si elle me l’avait donnée, celle-ci ajoute plus confiante. « Attendez encore un peu, je vais demander à l’un de mes supérieurs si ça pose problème, mais j’imagine que non… » Génial. Maintenant elle va ameuter le reste du bar que je n’ai pas cinq malheureux dollars sur moi. Bon hé bien je n’ai d’autre choix que d’accepter ça. « Faites. » dis-je simplement à demi-mot alors qu’elle s’enfuit déjà en direction de ces supérieurs qui vont juger de mon sort. Là, j’ai vraiment mais vraiment envie de me faire toute minuscule.

Quelques courts instants plus tard, pendant lesquels je m’imaginais déjà menottes au poignet embarqué comme une vulgaire criminelle, celle-ci revient accompagnée d’une autre personne qui visiblement doit être une responsable. Verdict ? « Bonsoir madame ! Vous pouvez revenir demain sans aucun soucis, vous n’avez pas besoin de vous inquiétez pour cela. » Ouf. Il me semblait bien que ça ne serait pas un problème puisque j’ai moi-même eu déjà affaire à ce genre de petit imprévu dans ma courte et a la fois longue carrière de serveuse ; mais j’admets volontiers que celle qui m’a prise en charge depuis le début m’a mit le doute. Saluant la nouvelle venue, je la remercie de cette précision avant qu’elle n’ajoute courtoise. « Scarlett prendra son service vers vingt une heure. » 21 heures ? Parfait. Espérons que je ne sois pas trop fatiguée de ma journée de boulot pour être en état de venir. De toute façon, crevée ou non je n’ai pas vraiment le choix sinon celui de passer pour une véritable voleuse. Saluant cette dernière qui s’en va déjà vaquer à ses occupations, je me lève de ma chaise où j’y étais très bien, pendant que la jeune femme me dit souriante. « Je vous revois donc demain. » lui rendant son sourire je confirme le rendez vous. « Oui, demain 21 heures. » « Vous pouvez passer dans le début de la soirée si vous voulez, avant que les rushs ne s’enchaînent trop. Bonne soirée ! » Conclut t’elle avec un hochement de tête. « J’essayerais ; bonne soirée à vous aussi ! » ai-je à peine le temps de répondre qu’elle s’est déjà évaporée. Soufflant un grand coup, je quitte la terrasse pour reprendre le chemin de mon appartement. Je ne m’attendais pas du tout mais alors pas du tout à finir ma soirée comme ça. Déjà parce que je pensais juste faire une simple promenade pour me détendre et plus particulièrement le bébé avant d’aller dormir ; et ensuite parce que même si je devais faire une rencontre je ne soupçonnais pas que je mettrais tout en œuvre pour déstabiliser l’heureux élu. Une demi-heure plus tard, je regagne mon logement où je note bien en évidence sur un post-it – 5$, bar de la plage, 21h. – comme ça je suis sûre de ne pas oublier. Demain j’espère que je ne réitèrerais pas le désastre de se soir.


>> FIN <<
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Diabolo menthe ou grenadine ? [M.J. S]

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